Vive la Résistance.

11 décembre, 2007

BONJOUR BIENVENUE SUR LE SITE ANNEXE DE VIVE LA RESISTANCE

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Bienvenue sur le site annexe de « VIVE LA RESISTANCE ».

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« Pour nous, l’histoire de la Résistance va jusqu’au fond de l’avenir »

Présidents d’honneur de « Vive la Résistance »



M. Pierre Sudreau
*

Résistant-Déporté
Chef du réseau Brutus pour la zone Nord
Déporté à Buchenwald
Ancien ministre du général de Gaulle
Grand’ Croix de la Légion d’Honneur

M. Serge Borochovitch
Français libre de 1940
Ancien officier du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad et du Régiment de
Marche du Tchad. Ancien de la 2ème D.B.
Commandeur de la Légion d’Honneur

Mr Christophe Bayard Président,

Mr Patrick Echivard Vice Président,

Mme Henriette Caroubi Secrétaire,

Mr Franck Malabry Trésorier

et toute l’équipe de l’association « Vive la Résistance »,

vous souhaitent une bonne visite du site.

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BIENVENUS SUR LE BLOG ANNEXE DE VIVE LA RESISTANCE

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RESPONSABLES DU SITE :

Mr ECHIVARD Patrick : créateur du site, responsable de la mise en page et de la gestion du blog, co-organisateur et technicien des journées spéciales ….

Mr BAYARD Christophe : professeur d’Histoire-Géographie, responsable scientifique du blog, responsable de l’organisation des journées spéciales ….

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Christophe Bayard est délégué de la Fondation de la France Libre

pour le département de l’Orne.

 

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17 février, 2012

Son combat pour faire vivre les commémorations.

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Son combat pour faire vivre les commémorations. dans 2012 Bayard-monument-Leclerc

 

Le 12 août 1944, Alençon est libérée par la 2ème DB du général Leclerc. Christophe Bayard, président de l’association Vive la résistance, souhaite qu’on entende les héros de la Libération à travers les célébrations.

« Commémorer la Libération d’Alençon, ce n’est pas qu’une histoire de dépôt de gerbe. » Christophe Bayard, professeur d’histoire au collège Louise-Michel et président de l’association Vive la Résistance, s’est fait le porte-étendard du souvenir de cette période de l’histoire.

« Il y a encore beaucoup de choses à dire, insiste Christophe Bayard. Nos libérateurs portaient en eux une espérance et ont préparé notre avenir. Il faut respecter ce qu’ils ont fait pour nous. »

Alors que chaque année des vétérans disparaissent, le professeur d’histoire fait le pari de ramener le public aux cérémonies du souvenir. « Nous sommes à une période charnière : de la mémoire on passe à l’histoire. Les anciens disparaissent, leur témoignage aussi. »

67 ans après la Libération, plus que jamais, ce passionné a en tête de pérenniser ces événements à sa façon. Il déplore « les grandes cérémonies devenues impersonnelles ». Des événements qu’il juge « sans avenir ». « Je trouve important de réinstaller un contact avec la population et le souvenir de nos libérateurs. »

Une route Leclerc

Depuis quelques années déjà, il a mis en place avec son association une véritable « route Leclerc » en partant de la Sarthe. Du 11 au 18 août, au gré des cérémonies, ils suivent les pas de la 2 e Division blindée, à la rencontre des gens. « Il ne s’agit pas seulement d’organiser des cérémonies et de dévoiler des stèles. » Aux cérémonies qui durent 5 minutes montre en main, il préfère la pédagogie : « À chaque étape, on explique aussi ce qui s’est passé sur ce lieu. »

Déterminé, il veut des commémorations actives et visibles. Pour cela, un cortège de véhicules anciens d’une association de collectionneurs suit toutes les cérémonies. Christophe Bayard tient aussi à faire venir des témoins de ces événements. « Tant qu’ils sont là, il faut leur donner la parole. »

Cette année, plusieurs vétérans et témoins de la Libération assisteront aux cérémonies, comme Pierre Guilbert qui s’était engagé à Sées ou Janine Boulanger, une Française libre.

D’autres témoins ont disparu. Cette année, une plaque en hommage au commandant Jacques Branet, qui libéra Francheville avec son détachement, sera dévoilée dans le village.

Le monument Leclerc à Alençon, la nécropole des Gateys, la Croix de Médavy, le Carrefour du Point-du-Jour… Une ribambelle de cérémonies qui peut donner le tournis. Pour Christophe Bayard, c’est au contraire la marque de son respect pour les héros de la guerre. « Nos libérateurs étaient jeunes, un peu rebelles et risquaient énormément en s’engageant. Organiser des événements pour célébrer leur mémoire, c’est ma manière d’être un citoyen engagé. »

 

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6 août, 2011

Hommage à Jacques Branet, le 12 août 2011 à Francheville.

Classé sous Francheville,Hommage a Jacques Branet,Inauguration,LE 12 AOUT 2011 — vivelaresistance. @ 20:21

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Jacques BRANET
(photo prise en octobre 1944)

 Jacques Branet est né le 1er janvier 1915 à Paris.

Elève officier de réserve sorti de Saumur ; Aspirant en 1938.

Participe à la Campagne de France (mai – juin 1940) à la tête d’un peloton du 8ème Régiment de Dragons (à cheval).

Fait prisonnier le 23 mai 1940, interné en Allemagne. S’évade en mars 1941, puis de nouveau interné trois mois en U.R.S.S. comme espion (il change de statut à partir de l’offensive allemande, à l’Est, en juin 1941 qui joue en faveur des prisonniers français).

Il rejoint l’Angleterre, avec 185 autres camarades (dont les capitaines Billotte et de Boissieu), et s’engage dans les Forces Françaises Libres en septembre 1941.

Il constitue à Camberley (près de Londres) la 3ème Compagnie de Chars de Combat des F.F.L. Cette Compagnie est rassemblée aux deux autres déjà créées au sein des F.F.L. pour former le 501ème Régiment de Chars de Combat de la 2ème D.B. (Maroc – été 1943).

Le capitaine Branet devient Commandant du 3ème Escadron du 501ème Régiment de Chars de Combat de la 2ème D.B. Après un passage par l’Angleterre, il débarque en France (près de Saint-Martin-de-Varreville) le 2 août 1944. C’est le début de la Campagne de Normandie.

Le 12 août 1944 au soir, le détachement Branet libère Francheville au terme d’un « raid » exceptionnel qui lui permet de détruire de nombreux véhicules et de faire près de 300 prisonniers. Jacques Branet n’a alors que 29 ans.

Combattant d’une ardeur exceptionnelle et meneur d’hommes exemplaire, il est plusieurs fois blessé lors de la Campagne de France (notamment à Paris et dans les Vosges) avant de terminer la guerre en Allemagne.

Jacques Branet a été fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle (décret du 13 juillet 1945).

En 1945, le commandant Branet reste dans l’armée. Reçu à l’école de Guerre, il sert notamment en Algérie au Gouvernement Général et à la tête des 5ème et 6ème Spahis algériens, et en métropole, au cabinet militaire puis à l’état-major particulier du général de Gaulle.

Cruellement éprouvé physiquement, il doit, à cinquante ans, renoncer à sa carrière militaire. Il décède à Paris le 4 février 1969.

Titulaire de neuf citations, dont quatre à l’ordre de l’Armée, Compagnon de la Libération, le général Branet était Commandeur de la Légion d’Honneur.

 

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Lors de la Campagne de Normandie (près de Carrouges).
De gauche à droite : le sous-lieutenant Jacques Herry, le capitaine Jacques Branet et un officier anglais.

 

Hommage à Jacques Branet, le 12 août 2011 à Francheville. dans Francheville logoassociationvivelaresistancenew2

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17 mars, 2011

L’arrestation de Pierre Sudreau par les services de l’Abwehr.

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M. Pierre Sudreau, Président d’honneur de l’association « Vive la Résistance ».

Les coups les plus rudes furent portés à la Résistance, non pas par la Gestapo, mais par l’Abwehr. Ses dirigeants, beaucoup plus fins politiques et psychologues que ceux du service de répression policière, avaient prévu que la Résistance naîtrait de l’Occupation et qu’il fallait la « noyauter ». Avant même les hostilités, l’Abwehr avait des agents en France que le jargon populaire avait surnommés « ceux de la Cinquième Colonne ». Elle perfectionna son action en infiltrant les premières cellules de Résistance avec ses propres agents. […] André Boyer, particulièrement connu à Londres où il s’était rendu en février 1943, puis de nouveau avec Gaston Defferre, en septembre, estimait que nous devions y faire un tour avec Augustin Laurent. Notre « enlèvement » était prévu à la mi-novembre, au Nord de la région parisienne. Malheureusement, à quelques heures près, l’Abwehr et la Gestapo réussirent à nous neutraliser.
Nous fûmes arrêtés ensemble, côte à côte, Jean-Maurice et moi, le 10 novembre 1943 à 15 heures, dans un café près de l’Étoile. Nous avions pris conscience, au cours d’un déjeuner rapide dans un petit restaurant, des regards insolites et insistants de deux hommes. Nous essayâmes alors de prendre le métro et de nous sauver par la procédure habituelle : en montant dans le wagon, puis en descendant brusquement lors du démarrage. Mais une alerte aérienne provoquant la fermeture des portes du métro nous bloqua dans la rue, et nous nous étions mis bien en vue à la terrasse d’un café, pensant que les filatures continueraient et que nous pourrions nous échapper. Considérés comme dangereux, susceptibles d’avoir des « gardes du corps », nous eûmes droit à un véritable commando : quatorze policiers dont dix Français de la sinistre bande à Bony-Lafont, auxiliaires de la Gestapo.
Après une arrestation spectaculaire, nous fûmes emmenés séparément, les yeux bandés, dans deux voitures, vers une villa « spéciale » de l’Abwehr où je subis un traitement « particulier » pendant une semaine environ. Carré, l’homme de l’Abwehr, était seul avec moi à connaître le jour et l’heure de notre rendez-vous et mes soupçons, dès les premiers interrogatoires, devinrent certitude. Ils me permirent d’organiser ma défense. Il ignorait tout cependant des responsabilités de Jean-Maurice, arrêté par hasard, qui put cacher sa véritable identité et bénéficier de quelques jours de répit.
La mise en condition fut brutale : il fallait « briser » psychologiquement le prisonnier, mais sans trop de marques visibles, au moins sur le visage. Le but était d’essayer de me « retourner ». Du fait de mes responsabilités, j’étais une bonne prise, et j’aurais pu faire d’énormes dégâts en acceptant de « collaborer »…
Les Allemands, bien informés par l’agent double, recherchaient activement André Boyer, chef du réseau, et Gaston Defferre, qui revenaient de Londres. J’avais rendez-vous avec André Boyer en fin d’après-midi. Contrairement aux règles de sécurité, il resta quelques temps avec mon épouse et lui dit : « Dans notre métier, on n’a jamais de retard à un rendez-vous, ou on prévient. Pierre savait que je prenais un train ce soir pour une mission importante ; il lui est donc arrivé quelque chose… Ayez du courage. » Il lui donna en outre des instructions sur l’attitude à avoir en cas d’interrogatoire.
Mes geôliers me firent comprendre qu’étant donné les charges retenues contre moi, et sauf indication précise de ma part, ils étaient dispensés de tout formalisme pour procéder à mon exécution immédiate. Ils cherchaient également des informations sur Jacques Bingen, envoyé spécial du général de Gaulle, mais la police allemande ne gagnait pas toujours. Ainsi le jour même de mon arrestation, j’avais rencontré Jacques Bingen au Parc Monceau. Quelques heures plus tard, je compris vite au style des interrogatoires, que la filature avait échoué… Les tortionnaires en étaient furieux.
La préparation psychologique était très subtile. On me fit descendre dans un sous-sol, yeux bandés et mains liées dans le dos, pour être exécuté. Il est toujours difficile d’être objectif à l’évocation de pareils souvenirs. J’affirme pourtant ne pas avoir eu peur. J’étais encore sous le coup d’une rage intense d’avoir été arrêté, d’avoir été le jouet d’une ruse. Sans penser à ma famille, j’étais « bloqué ». Peu m’importait la mort : je la méritais puisque je m’étais laissé prendre. Je me souviens encore avec une grande netteté de ma descente trébuchante dans un escalier tournant, vers ce que je supposais être une cave. Mes sentiments dominants étaient alors une sorte d’intense curiosité : j’allais savoir ce qu’il y avait « au-delà »…
La première épreuve dura longtemps. Agenouillé, toujours yeux bandés et mains liées dans le dos, je fus laissé à mes réflexions pendant un temps qui me parut très long avant l’exécution supposée. La mise en scène macabre était particulièrement au point et avait dû être « rentable ». J’entendais mes gardiens (hélas français, encadrés par les Allemands) : on me faisait comprendre  qu’ils jouaient aux cartes ou aux dés pour savoir lequel serait chargé de l’exécution. Puis vint le moment de la préparation des armes : munitions, chargeurs, claquement de culasse, tout y était.
Le bourreau se faisait attendre et n’en finissait pas de descendre l’escalier : « Alors tu te décides à parler ? Sinon… » ; « Puisque tu veux mourir… », et l’homme tira trois coups de feu près de moi, qui me cinglèrent. J’entends encore leur extraordinaire et très impressionnante résonance dans cette cave qui devait avoir des murs très épais.
La vérité s’impose. Il ne s’agissait pas de courage. J’eus la chance d’être totalement inhibé par un blocage psychologique. Réaction d’orgueil ou de rage, je ne sais… J’étais encore dans l’action, dans la Résistance : je jouais, même hébété, mon rôle jusqu’au bout.
L’Abwehr savait admirablement présenter sa proposition. Après les brutes, un officier, genre professeur distingué avec lunettes d’or, vint m’expliquer que les Allemands comprenaient fort bien le patriotisme, et que son service, distinct de la Gestapo et très au courant de mes activités, était prêt à intercéder en ma faveur jusqu’à obtenir ma libération moyennant quelques précautions… « Nous sommes sportifs, et si vous parveniez à vous échapper, ce serait tant pis pour nous. Ce que nous voulons, c’est essentiellement vous mettre à l’écart. Si vous n’acceptez pas, nous serons obligés de vous livrer à la Gestapo, et inéluctablement vous serez très torturé, puis fusillé dans quelques jours. »
Leur intention, bien évidemment, était de neutraliser et de compromettre leurs victimes. Le chantage était très au point et fut certainement très efficace. Le cheminement était tentant : entre une mort certaine et l’espoir de berner les Allemands, pourquoi hésiter ? Ce fut, me semble-t-il, le raisonnement de René Hardy, arrêté puis relâché, qui commit le crime de cacher son arrestation et de ne pas mettre en garde ses amis. J’aurais pu accepter aussi, si je n’avais eu la chance – immense – d’être enchaîné quelques heures chaque nuit avec Jean-Maurice Hermann, merveilleux ami, lucide et courageux, qui me mit en garde contre ce qui lui apparaissait être un piège évident…
Erreur d’organisation ? Nous nous retrouvions pour la nuit, en chaînés l’un à l’autre sur un bat-flanc, gardés par deux Français armés, mais nous pouvions parler en chuchotant, au petit matin, lorsque la vigilance se relâchait. L’attitude de Jean-Maurice était très ferme : « Tu ne vas pas leur faire confiance… C’est une folie d’avoir l’air de pactiser, d’accepter quoi que ce soit ! » Et cette phrase que je n’ai jamais oubliée : « Il vaut mieux la mort. Il faut savoir quitter la vie avec dignité. » Lui-même, marqué par l’intensité de ces moments, y fit allusion, quarante-cinq ans plus tard, et prononça la même phrase, cette fois-ci pour lui-même, dans les bras de son fils Bernard, la veille de sa mort, le 15 juin 1988…
Après l’Abwehr et sa maison secrète, nous fûmes « officiellement » arrêtés et incarcérés séparément à la prison de Fresnes. Cela signifiait aussi la revanche de la Gestapo, avec de sombres heures avenue Foch, où étaient concentrés, du n°82 au n°86, les services répressifs avec leurs salles de tortures.
Notre chemin fut ensuite plus classique : la prison de Fresnes et la déportation. Malheureusement, on nous sépara à Compiègne. Jean-Maurice souffrit terriblement à Neuengamme, surtout dans les dernières semaines de la guerre, sur les routes, où ont été abattus tant de déportés à bout de souffle. Je lui dois l’honneur de ma vie.

M. Pierre Sudreau

 

L’arrestation de Pierre Sudreau par les services de l’Abwehr. dans CNRD 2011 logoassociationvivelaresistancenew2

TDR à Vive la Résistance 2011

 

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14 mars, 2011

La répression de la Résistance dans l’Orne.

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Etienne Panthou (Armée Secrète). Chef du secteur d’Argentan (Orne). Arrêté, torturé et fusillé par la Gestapo le 28 juin 1944.

 

Dépendante du « Kommandeur » régional pour toute la Normandie, qui siège à Rouen rue du Donjon, l’antenne ornaise de la Gestapo réside à Alençon.
Jusqu’au début de 1944, elle est dirigée par le Dr Harold Heinz, qui exerçait primitivement ses talents à Cherbourg. En mars, Heinz est muté à Caen, et Richard Reinhard, dit «  Hildebrand », le remplace. On note qu’à partir de novembre 1943, les responsables des services de police allemands s’affublent de pseudonymes ; on a laissé entendre que c’était un subterfuge pour tromper la Résistance, en réalité il semble bien que, sentant le vent tourner et peu désireux de rendre un jour des comptes sur les exactions de leurs officines, ils aient tenté de se voiler d’un certain anonymat. Reinhard à Alençon se fera appeler « Hildebrand » mais aussi « Lebrun » et « Lefèvre » ! Heinz, précité, préférera le surnom de « Bernard ». Goest à Saint-Lô répondra au pseudo de « Godefroy » et à celui de « Benoit ». Walter Kunrede à Evreux choisira « Vervier », Herbert von Berthold à Caen sera connu sous celui d’ « Albert ».
C’est donc Reinhard, que les résistants de l’Orne ne connaîtront que sous le vocable d’Hildebrand, qui prend en main le SD.
Sa première tâche est de créer un groupe « Action », formé d’éléments français. La responsabilité en est octroyée à Bernard Jardin, d’Argentan, individu sans aucun scrupule, pervers, cupide, et au cynisme cruel, qui navigue depuis plusieurs mois dans les eaux fangeuses de la collaboration active. Il constitue une équipe d’aventuriers et de repris de justice dont les membres principaux seront Berteaux, un tueur illuminé, Lotti, Duru, Lemaître, Larronche, Perrin père et fils, Bogdanoff, Chapron, Neveu.
Profitons de cette occasion pour indiquer, de l’avis même des gestapistes allemands, que les résultats du SD et de la Gestapo, et ceci d’une façon générale, auraient été abaissés de 60 % s’ils n’avaient été guidés, pilotés, conseillés, par des traitres français. Comment en effet admettre que, sans le concours de quelques suppôts, des policiers prussiens, bavarois, rhénans ou wurtembourgeois, se dirigent à coup sûr vers des caches, des sapes, des grottes, des fermes abandonnées, des métairies isolées, dans le dédale des chemins creux et des sentiers perdus, ne figurant sur aucune carte d’état-major, par des traces ou des pistes inconnues des géographes ? On a grand tort, lorsqu’on évoque la Gestapo, de voir en elle un organisme tout-puissant, ayant l’œil partout, connaissant tout. En réalité, ce n’était qu’une impitoyable machine administrative, parfaitement structurée, qui broyait inexorablement les pauvres gens qu’elle avait en main. Mais elle ne put obtenir de succès que dans la mesure où elle trouva une horde de renégats, qu’elle traitait d’ailleurs avec mépris, pour lui servir de rabatteurs et d’indicateurs. On a vu dans certaines régions comme le Vièvre, sur le territoire du maquis Surcouf, qu’elle ne parvint jamais à réduire les partisans dès lors qu’elle ne réussissait pas à y introduire d’agents doubles. On mesure donc à cette réflexion qu’elle fut la sinistre responsabilité des quelques bandits qui se mirent à son service. Le cas du département de l’Orne est typique à cet égard :
Jusqu’à la mi-mai 1944, les policiers nazis n’obtiennent guère de résultats probants dans leur lutte contre la Résistance. Certes, il y eut des arrestations dues aux inévitables bavardages et à quelques imprudences, mais, eu égard à l’activité très intense des clandestins dans cette région, la répression reste fort modérée.
Ce n’est qu’à partir de mars 1944, avec l’entrée en lice de l’équipe Jardin, que les événements leur deviennent favorables. L’annonce de primes conséquentes allèche les forbans, qui déploient une intense activité. La présence à Argentan du général Allard, chef de toute la subdivision, leur parvient et ils mettent tout en œuvre pour l’arrêter. Quelle manne royale en cas de succès !
Le 16 mai, un dispositif policier extraordinaire, plus de six cents hommes de la Feldgendarmerie, de la SS et de la Milice, quadrillent la ville suivant leurs indications. Pendant huit jours, c’est la chasse et les prises s’accumulent ! Les frères Rycroft, chefs de groupe, et leur mère ; Xavier Vimal du Boucher, chef cantonal ; Albert Barrière, chef du 3ème bureau régional ; les docteurs Couinaud et Fillon ; MM. Duguey, Hérault, Moreau, de l’EM ; Chevreuil, à Mortrée, le docteur Le Meunier, Herlemont, chef du secteur de Domfront ; Durrmeyer, chef du secteur de Flers ; Gobry, chef du canton d’Athis, sont tous arrêtés. Mais le général Allard, pris en charge par les groupes voisins, parvient à échapper à la razzia.
Le 5 juin, à Courcerault, les maquisards locaux sont cernés et faits prisonniers : douze hommes sont fusillés !
Le 8 juin, c’est Roussel, chef de section d’Aunou-le-Faucon, qui est abattu avec l’un de ses hommes.
Le 12, une expédition à Trun-Chambois cause la mort de trois francs-tireurs.
Le 13, à Lignières-la-Doucelle, la Gestapo appréhende le chef départemental Daniel Desmeulles.
Le 14, le groupe de Courtomer est décimé.
Le 18, celui de Silly-en-Gouffern subit l’attaque des gestapistes.
Le 20, à Gacé, Lefrançois, chef de secteur, Buffard, chef de canton, sont arrêtés avec la plupart de leurs maquisards. Le même jour, Bove, chef de groupe de Villers-en-Ouche, est capturé, puis le 26, ce sera le tour de Louis Guéné, chef de section à Trun, et de deux de ses garçons qui seront torturés et exécutés.
Enfin, le 28, Etienne Panthou, chef du secteur d’Argentan, est fait prisonnier après une lutte héroïque avec neuf de ses hommes. Il sera torturé d’une façon atroce en présence de sa fille, puis elle-même subira les plus infâmes sévices. Etienne Panthou et ses compagnons sont fusillés le jour même, Simone Panthou est incarcérée puis déportée.
Devant l’importance de la répression nazie, les autres responsables résistants, condamnés à mort par contumace, traqués, pourchassés, se réfugient dans les forêts d’Ecouves et de Monaye. C’est là qu’André Mazeline, Vernimmen et Almire Viel reforment leurs groupes et reconstituent les maquis.
Néanmoins les séides de la Gestapo ont bien travaillé pour leurs maîtres allemands. A la veille du débarquement, les puissantes formations ornaises sont décimées. Toute l’organisation est à rétablir !

La tragédie des Riaux, 28 juin 1944.

La Gestapo a arrêté au début du mois un résistant du nom de Poupard. Pris, ce lâche individu n’attend pas d’être interrogé ; il offre spontanément ses services au sinistre Jardin. On l’envoie contacter un sédentaire de Francheville, ce qui lui est facile puisqu’il connaît la phrase d’introduction : « Les pommiers fleurissent en mai ». Sous un vague prétexte, il se fait indiquer l’endroit où se tient le chef de secteur Etienne Panthou, avec son groupe de réserve. Prévenue, la Gestapo requiert l’appui d’un bataillon SS et, à l’aube du 28, l’investissement du hameau des Riaux s’amorce.
Dans une ferme à l’écart, Etienne Panthou est surpris par l’attaque. Il se retranche dans un grenier et rend coup pour coup. Mais sa fille, Simone est capturée, les SS la tiennent sous leurs mitraillettes et menacent de la tuer. Alors le chef de secteur se rend, avec l’un de ses gardes, Maurice Terrier. On les emmène tous les trois à la carrière de Francheville, et ils sont sauvagement torturés. La Gestapo veut savoir où est le chef départemental, Mazeline, alias Marsouin. Les trois patriotes se taisent, bien que sachant que celui-ci doit revenir à la ferme le soir même. Panthou est martyrisé, défiguré, sanglant, mais il trouve encore la force d’adjurer sa fille que l’on torture devant lui : « Ne leur dis rien, ma petite fille, surtout ne dis rien. » Simone Panthou serre les dents. Elle ne parlera pas.
Voyant qu’ils ne tireront rien de leurs prisonniers, et pressés par le temps, les SS fusillent les deux hommes. La jeune fille est emmenée ; elle sera déportée après bien des épreuves.
Puis la troupe fonce à la ferme Le Brasseur. Huit maquisards sont arrêtés : Georges Toutain, Paul Delfloraine, Joseph Goubin, Jean Laurent, André Piquet, Maurice Philippeau, Bernard Plessis, Marcel Klein. Après avoir subi d’horribles sévices, ils sont abattus un à un et, geste digne des SS, leurs corps sont entassés dans une soue à porcs ! Comme quoi, à l’assassinat, les soldats d’élite du grand Reich ajoutaient souvent la plus abjecte forfaiture.

 

La répression de la Résistance dans l’Orne. dans CNRD 2011 logoassociationvivelaresistancenew2

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Témoignage de Jean-Jacques Auduc.

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Carte de résistant de Jean-Jacques Auduc, né le 9 juillet 1931 à Cérans-Foulletourte près du Mans, dans le département de la Sarthe.

Jean-Jacques Auduc est confronté à la guerre dès l’âge de 9 ans. Son père, prisonnier s’est évadé en 1941. Toute sa famille se lance dans la lutte active dès 1943 au sein du réseau « Hercule-Buckmaster » organisé autour d’un officier britannique et d’un radio parachutés. Le 1er juin 1943, Jean-Jacques entre officiellement dans le réseau Hercule en qualité d’agent P1. Il a 11 ans et 11 mois !
Jean-Jacques Auduc reçoit le 13 juin 1945 la Croix de Guerre 1939-1945 avec Étoile de vermeil pour son action du 21 septembre 1943 alors qu’il n’avait que 12 ans. Il est le plus jeune Croix de Guerre de France.

 Je suis rentré dans la résistance à 10 ans.
C’est évidemment parce que mes parents étaient dans la résistance.
On appartenait au réseau Hercule-Sacristain-Buckmaster , c’est un réseau Anglais .
Mon père était agent de liaison en mai 1940 il se trouvait à la frontière belge, il a vu les nazis (il y avait les nazis parce que pour moi il y a les nazis et les Allemands et ça j’insiste).
Il a vu arriver les nazis dans un orphelinat où il y avait une centaine d’enfants ;
Il y avait les ’’bonnes sœurs“ qui s’occupaient des enfants ,les jardiniers , la cuisinière et tout ce qui va avec un orphelinat.
Ils avaient décidé d’établir leur quartier général dans cet orphelinat qui était une très belle maison ancienne, un château.
(c’était la division Das Reich)
Au lieu de les chasser ou de les faire transporter ailleurs, ils ont mis des mitrailleuses de chaque côté du grand portail, ils les ont assassinés de sang froid ,une centaine d’enfants et les bonnes sœurs et tous les gens qui étaient dans cette maison.

Mon père était motocycliste, il était caché, il a vu ce massacre, il a pensé que les Allemands étaient des hommes pas comme les autres, les nazis étaient des hommes pas comme les autres.
C’étaient pas des soldats comme les autres parce que les soldats ne font pas ça et que c’étaient des fous dangereux qui pouvaient en faire autant à ses enfants et il a décidé d’entrer dans un réseau de Résistance le plus tôt possible.

Il a vu les Allemands un peu plus loin et une cinquantaine de tirailleurs sénégalais à genoux dans un pré ; ils les ont massacrés de façon sauvage alors qu’ils étaient prisonniers de guerre non armés.
Tout ça a fait que mon père a décidé de rentrer dans la résistance.

Il a été fait prisonnier et il était motocycliste ; il avait une moto toute neuve.
Il y a un allemand qui lui a fait comprendre que sa moto était « Kaput » et qu’il voulait la sienne.
Il n’avait pas besoin de lui demander puisqu’il était prisonnier de guerre,
il lui suffisait de la prendre ; ça c’est les Allemands.
Mon père a été obligé de lui donner sa moto.
Il est revenu quelque temps après avec un paquet sous le bras et dans ce paquet il y avait des vêtements civils ; ça voulait dire qu’il voulait qu’il s’évade (différence entre les nazis et les Allemands ) ;

Il est rentré dans la Sarthe et il a cherché à entrer dans un réseau.
Il a eu la chance de trouver quelqu’un qui connaissait Hercule, chef du réseau Buckmaster.

Il a formé un groupe qui s’appelait le groupe Fred avec uniquement sa famille qui comprenait ma grand-mère, ma mère, mon père, tous mes oncles et moi qui avait 11 ans.
Vous allez me dire qu’est-ce que l’on peut faire contre l’armée allemande ?
À l’époque si il y avait un rassemblement de plus de 3 adultes, il y avait automatiquement contrôle ; soit de la police française soit de la police allemande, tandis qu’un écolier ça passait partout.

Ma mission principale, la boîte aux lettres du réseau Buckmaster, était au Mans à l’hôtel de la Calandre.
Les courriers du Nord et du Pas de Calais apportaient leurs renseignements et prenaient les ordres.
Dans cet hôtel il y avait un radiateur de chauffage central qui était aménagé pour ça.
Ils mettaient ça dedans, et c’est tout ce qu’ils savaient.
Ça s’est produit malheureusement il y en a qui ont été arrêtés, torturés, mais ils n’ont pas pu dire quoique ce soit ils ne savaient rien, ils ne savaient pas où était le chef de réseau, ni le poste- émetteur ; mon travail était de reprendre ça dans le radiateur et de le porter chez ma grand-mère qui habitait à 25 km du Mans avec mon petit vélo.
Je passais les barrages, je n’ai jamais été inquiété.
Je mettais les messages dans la pompe de mon vélo et un jour j’ai perdu la pompe, ce n’est pas très grave parce que tout était codé.
Après je mettais ça dans le guidon de mon vélo et je faisais attention à mon vélo.
A 10 ans et demi je faisais 25 km aller, 25 km retour, ce qui faisait 50 km.
Des fois on me disait tu repars parce qu’il y avait du boulot ; alors du vélo j’en ai fait.
Ça c’était ma première mission.

Ma deuxième mission : on m’a envoyé là où des adultes ne pouvaient pas aller.
Les Anglais avaient fait des photos aériennes du terrain d’aviation du Mans et s’étaient aperçus qu’il y avait 3 escadrilles de Messerschmitt sur le terrain.
Ça les inquiétait beaucoup et ils ont demandé que l’on essaie de se renseigner, voir ce que c’était ça. C’était pas normal.
Donc c’est moi qu’on a envoyé avec mon cerf-volant, j’ai approché.
C’était gardé par des vieux soldats allemands qui avaient fait la guerre 14-18 et qui n’étaient pas méchants du tout et qui ont joué avec moi avec mon cerf-volant.
Je me suis penché et je me suis aperçu que les avions en question c’étaient des leurres, des avions en bois ; ils n’étaient pas peints en dessous.
Alors j’ai rendu compte et les Anglais, avec l’humour qu’ils avaient à l’époque, ont bombardé le terrain d’aviation du Mans une semaine après avec des bombes en bois !
Ça voulait dire que c’était important pour eux ; ils voulaient faire comprendre aux Allemands qu’ils étaient surveillés, que la Résistance française existait.

Notre groupe était un groupe de famille et lorsque nous recevions des parachutages il n’y avait pas de trop de toute la famille pour enlever les containers.
Moi je faisais le guetteur, je remplaçais un adulte : ça m’est arrivé une nuit, j’ai entendu un bruit sourd, j’ai donné l’alerte et en fait c’était un troupeau de vaches qui fonçait sur les lampes qu’ils avaient allumées.
Mon chef de groupe m’a félicité car j’avais été vigilant et surtout je ne m’étais pas endormi car à 11 ans on dort bien à 3 h du matin !

Mon père était chargé par le groupe Sacristain-Buckmaster de récupérer les aviateurs américains tombés en Sarthe.

Car les Américains avaient fabriqués beaucoup d’avions mais n’avaient pas de personnel à mettre dedans, donc ceux qui tombaient il fallait les récupérer vite fait pour qu’ils repartent le plus tôt possible.
À une époque le réseau était bloqué sur l’Espagne et l’on a été obligé de les garder chez nous pendant 3 mois.
On en avait trois dans une pièce mais au bout d’une semaine on ne pouvait plus les tenir enfermés ; il fallait les sortir.

Ma mère qui avait eu son brevet supérieur en 1930, était secrétaire d’une organisation agricole, et avait accès aux tampons.
Ils avaient tous des faux papiers pour les sortir : ils étaient tous sourds et muets c’était plus facile si ils étaient interrogés.
Un jour, on s’est fait arrêter à la sortie du Mans, j’étais avec un grand gaillard, j’ai eu la peur de ma vie car il y avait trois possibilités :
Si on rentrait dedans ils nous tiraient dessus.
Si il se sauvait c’était pareil.
La troisième, c’était la meilleure solution : il ne fallait pas qu’il bouge, j’ai serré la main très fort.
Il n’a pas bougé, il était blanc comme un linge. J’ai pris ses papiers dans sa poche, je les ai présentés au feldgendarme ; il a vu qu’il était sourd et muet, il a dit “grand malheur « raoust » (foutez le camp ).
Il n’est pas resté très longtemps là et mon grand américain quand il est rentré à la maison il m’a dit   « moi à 3000 m, je veux bien les voir mais pas par terre, je ne sors plus !»

Tout ça s’est terminé quand mes parents ont été arrêtés au bout de 9 mois de fonctionnement du réseau.
Heureusement pour moi j’étais parti en mission chez ma grand-mère et quand je suis arrivé, il y avait une voisine qui m’attendait au bout de la rue.
Elle m’a dit « surtout, tu ne rentres pas, les Allemands ont arrêté tes parents ».
Il est évident que si j’avais vu mes parents torturés, j’aurais parlé et moi sous la torture j’aurai avoué tout ce que je savais.
C’était prévu mais enfin il fallait que je parte sur Paris.
J’ai été d’abord à Chartres chez un colonel d’aviation qui faisait partie du groupe.
J’ai pris le train ; mais à 11 ans, pas de papier, traqué par la Gestapo, pas d’argent, les parents je ne savais pas si je les reverrai un jour, ça fait beaucoup pour un seul homme.
J’ai suivi les consignes, je suis parti. Je suis resté un peu chez le colonel qui n’a pas voulu me garder et m’a envoyé sur Paris.

Quelqu’un devait me prendre en charge mais ce quelqu’un n’est jamais venu car il a été arrêté.
Je me suis retrouvé sur le quai de la gare Montparnasse où je n’avais jamais été, je sortais de ma cambrousse, là j’étais vraiment perdu.
A l’époque, il y avait des porteurs qui prenaient les bagages quand vous sortiez de la gare .
il y en a eu un qui est venu me voir il me dit :
« mon petit bonhomme qu’est-ce qui se passe ? »
« tes parents ne sont pas venus te chercher ? » je dis « non ».
«tu vas me dire où tu dois aller ».
Je ne savais pas où aller, c’était mon problème.
Je lui ai avoué, foutu pour foutu : « je suis recherché, mes parents ont été arrêtés, je suis recherché »
Il me dit :
« bon je vais t’emmener chez moi ». il m’a emmené chez lui,
il s’était marié la veille.
Un monsieur qui ne me connait pas, un monsieur qui savait qu’il pouvait toucher une prime si il me livrait… L’hiver 1943, il faisait très froid.
J’ai dormi avec lui et la mariée a dormi sur la peau de mouton.
Voyez il y a quand même des gens extraordinaires que l’on rencontre dans une vie.
Mais le lendemain il m’a dit ça ne peut plus durer, je voudrais bien coucher avec ma femme.
Il m’a envoyé à une autre adresse et là les Anglais m’ont retrouvé.
Un jour on a entendu à la radio Jean Jacques est bien arrivé chez ses amis marchands de couleur.
ça voulait dire que j’étais encore en vie.
Dans la maison où j’étais, j’ai retrouvé 2 adresses.
J’ai fait tous les métiers à 11 ans sur Paris : j’étais marchand de couleur à Montmartre, j’ai promené des petits chiens chez une dame, il y a des gens qui ne me donnaient rien même pas de pain moi je n’avais pas de ticket c’était mon problème et à Paris les gens crevaient de faim.
Il y avait des gens sympa qui me donnaient des choses, d’autres pas.
Un jour je suis tombé sur la fourrière. Des gens de la fourrière qui m’ont dit : « tu promènes des chiens, des chats, on pourrait te donner une bonne prime » (il ramassait des chiens des chats pour l’unique lion qui restait à Vincennes).
Moi les gens qui n’étaient pas sympa je donnais les chiens et les chats ; fallait que je bouffe, que je vive, c’est pas beau mais j’ai trop été honnête je ramenais la laisse et le collier !
Ce fut cela un moment puis j’ai fait d’autres métiers et j’ai terminé à Montmartre chez les demoiselles de petites vertus qui m’ont sauvé la vie ; je leur dois la vie.
J’étais très triste à la libération quand des résistants de la dernière heure se sont permis de prendre un brassard et leur fusil de chasse et les ont humiliées comme ils l’ont fait.
Au bout de 3 mois, je n’intéressais plus la Gestapo, mes parents étaient déportés, mon père à Buchenwald, ma mère à Ravensbrück ; ils avaient été torturés au Mans.
Ma mère a été vendue au laboratoire Bayer pour 170 marks pour faire des expériences sur les femmes, elle est revenue dans un état sanitaire épouvantable.
Le début de la pénicilline l’a prolongée de quelques mois et elle est morte à 41 ans.
J’ai deux oncles qui ont été euthanasiés à Mauthausen et moi j’ai réussi à passer au travers.
Je suis encore là à 80 ans et c’est pour cela que je témoigne : pour que vous sachiez
qu’il y a les nazis et il y a les Allemands.
Vous avez de la chance de pouvoir apprendre moi je ne l’ai pas eu.
Je n’ai pas fait d’études, j’ai tout perdu dans cette aventure-là.
Il a fallu travailler ; mon père quand il est rentré faisait 36 kg et il fallait que je me mette au boulot.

 

 

Et ce que je voudrais vous dire c’est un message d’espoir :
Ayez confiance dans vos parents, enseignants, éducateurs.

Vous avez la chance de pouvoir apprendre, nous on ne l’a pas eu et surtout :
Ayez confiance en vous même.
Soyez fier de votre pays et de votre drapeau la France.
MERCI

 

Témoignage de Jean-Jacques Auduc. dans CNRD 2011 logoassociationvivelaresistancenew2

TDR à Vive la Résistance 2011

 

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