Vive la Résistance.

8 septembre, 2007

La lettre d’adieu de Guy Môquet.

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Guy Môquet naît à Paris le 26 avril 1924. Il poursuit des études secondaires au lycée Carnot lorsque surviennent la déclaration de guerre et l’internement de son père, Prosper Môquet, député communiste du 17ème arrondissement de Paris.

Militant de la jeunesse communiste, il monte avec ses camarades, dès l’été 1940, des groupes d’impression, de distribution de tracts clandestins et de collage de papillons.

Arrêté le 13 octobre 1940 à la gare de l’Est par la police française, il est interné à la Santé puis à Fresnes. Il en est libéré le 24 janvier 1941, mais il est cependant gardé au dépôt du Palais de justice puis transféré, comme interné administratif, à la Santé, à Clairvaux et enfin, en mai 1941, au camp de Choisel (Châteaubriant).

Le lundi 20 octobre 1941, au matin, après avoir un peu plus tôt saboté une voie ferrée, trois membres parisiens des « Bataillons de la jeunesse », Gilbert Brustlein, Marcel Bourdarias et Guisco Spartaco, abattent dans la rue le lieutenant-colonel Hotz, Feldkommandant de Nantes. En représailles, Hitler ordonne d’exécuter 50 otages immédiatement, puis 50 autres si les auteurs de l’attentat ne se livrent pas. Le gouvernement de Vichy, par l’intermédiaire de son ministre de l’intérieur, Pierre Pucheu, intervient auprès des autorités Allemandes, et fournit une liste de prisonniers « bons à être exécutés » « pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français ». Les Allemands fusillent quarante-huit otages deux jours plus tard : seize à Nantes, cinq au mont Valérien, vingt-sept au camp de Choisel (Chateaubriant).

Guy Môquet fait partie des otages avec son ami Jean-Pierre Timbaud (Tintin) né en 1904, ouvrier syndiqué et militant communiste, et avec Charles Michels, trente-huit ans, député communiste de Paris. Ils sont fusillés le 22 octobre 1941 à la carrière de La Sablière située à la sortie de Châteaubriant.

Le nom de Guy Môquet devient un symbole pour de nombreux groupes résistants. Louis Aragon lui consacre, sous son pseudonyme de « François la colère », un chapitre du « Témoin des martyrs », brochure publiée clandestinement. Le poète lui dédie également « La rose et le réséda », paru dans la clandestinité.

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Le billet qui complète la lettre de Guy Môquet est adressé à Odette Leclan, militante de l’Union des jeunes filles de France (U.J.F.F.), internée elle aussi au camp de Choisel. Contre toute attente et dans cet univers hostile, Guy Môquet connaît un amour d’adolescent avec celle qui deviendra Odette Nilès et qui est aujourd’hui présidente de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé, à la suite de son époux, Maurice Nilès. Roger Semat, Rino Scolari et Jean Mercier, cités dans la lettre, sont les trois amis de Guy Môquet avec Jean-Pierre Timbaud. Lors de l’insurrection et de la Libération de Paris, Rino Scolari, évadé, est l’un des adjoints du colonel Rol-Tanguy, commandant en chef des F.F.I. en Île-de-France.

En réaction à ces exécutions, le général de Gaulle adresse un message aux Français le 25 octobre 1941 sur les ondes de la B.B.C., les appelant à un « garde-à-vous national ». De Gaulle déclare : « En fusillant nos martyrs, l’ennemi a cru qu’il allait faire peur à la France. La France va lui montrer qu’elle n’a pas peur de lui [...] J’invite tous les Français et toutes les Françaises à cesser toute activité et à demeurer immobiles, chacun où il se trouvera, le vendredi 31 octobre, de 4 heures à 4 heures 5 ».

 

Comment nous sont parvenues les lettres de fusillés ? Avant l’exécution de la condamnation, des condamnés à mort ont pu rédiger une ou plusieurs lettres à leur famille. Certaines sont acheminées par les autorités allemandes qui en ont parfois censuré des passages ; d’autres sont remises aux aumôniers (voire aux gardiens) ; d’autres sont jetées par les condamnés au cours du dernier transport. On peut estimer à environ quatre mille le nombre de civils fusillés après jugement d’un tribunal militaire allemand ou comme otages par décision du gouverneur militaire. Les otages sont principalement communistes et/ou juifs, les résistants condamnés à mort le sont surtout pour des faits relevant de la lutte armée ou de l’activité de renseignement.

Sources : Dictionnaire historique de la Résistance.

Pour en savoir plus, nous vous renvoyons à la lecture de l’ouvrage :

« La vie à en mourir. Lettres de fusillés (1941-1944) ».

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