Vive la Résistance.

13 mars, 2009

Edith BONNEM entourée de ses frères Berthold (à droite) et Rudolph (à gauche).

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 12:57

Alençon et la Shoah

 

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Edith BONNEM entourée de ses frères Berthold (à droite) et Rudolph (à gauche).

 

Le 9 décembre 1935, se réfugient à Alençon Alfred et Rosa Kahn, 31 et 26 ans, qui ont fui la Sarre après le référendum sur son rattachement à l’Allemagne. En 1936, leurs parents, Ida et Jules Kahn, 67 et 68 ans, les rejoignent. Par la suite, le noyau familial se reconstitue : arrivent, avec leurs époux, enfants, parents, les sœurs et le frère d’Alfred, Germaine épouse Meyer, Gustel épouse Bonnem, Edgar ; Emile Moses, frère de Rosa, a aussi séjourné quelques semaines à Alençon.

Lors de la « drôle de guerre » (septembre 1939-mai 1940), Rosa Kahn, Germaine et Gustel Bonnem, ont été, quelques temps, internées dans un camp à Courteille (Alençon) : l’administration ne retenait que leur origine allemande et leur situation d’apatride. Le gouvernement avait alors peur des espions. Alfred et Edgar Kahn, Marcel Bonnem ont été internés avec de nombreux autres réfugiés à Funay (Sarthe).

En juillet 1940, les premières mesures anti-juives sont prises par le gouvernement de Vichy. Alfred et Rosa Kahn fuient alors vers la zone non occupée et se cachent dans la région d’Albi. A la Libération, ils reviennent à Alençon. Leurs père, mère, frères, sœur, beau-frère, neveux et nièces sont morts en déportation.

Sont arrêtés le 14 juillet 1942 :

BONNEM Rebecca née Hanau, 79 ans. Arrêtée à Alençon. Partie de Drancy le 6 novembre 1942 pour Auschwitz. Morte en déportation.
BONNEM Gustel née Kahn, 39 ans, native de la Sarre. Arrêtée à Alençon. Vélodrome d’Hiver. Pithiviers. Partie pour Auschwitz le 31 juillet 1942. Morte en déportation.
BONNEM Berthold, 17 ans, né dans la Sarre. Arrêté à Alençon. Vélodrome d’Hiver. Pithiviers. Parti pour Auschwitz le 31 juillet 1942. Mort en déportation.
BONNEM Edith, 15 ans, née dans la Sarre. Arrêtée à Alençon. Partie, le 3 août 1942, de Pithiviers pour Auschwitz. Morte en déportation (gazée à l’arrivée).

Sont arrêtés le 15 juillet 1942 :

BONNEM Rudolph, 12 ans, né dans la Sarre. Arrêté à Alençon. Le Bourget-Drancy. Parti pour Auschwitz dans le convoi du 6 novembre 1942. Mort en déportation.
KAHN Julius, 74 ans, né dans la Sarre. Arrêté à Alençon. Le Bourget-Drancy. Parti pour Auschwitz dans le convoi du 6 novembre 1942. Mort en déportation.

« Dans l’Orne, sur 500 déportés, 40 ont moins de 20 ans à leur départ. La majorité est liée à la déportation raciale ».

 

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10 mars, 2009

Les enfants dans le ghetto de Varsovie.

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 12:21

Ghetto et convois

 

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La célèbre photographie de l’enfant juif du ghetto de Varsovie.

 

« Parmi la population juive du ghetto de Varsovie, comptant au maximum un demi-million de personnes, il y avait plus de cent mille enfants de moins de quatorze ans. Au moins les trois quarts d’entre eux avaient besoin de secours…Nous installâmes plus de cent instituts de secours à l’enfance. De la sorte il nous fut possible d’aider environ 25000 enfants. Citons comme exemple 30 orphelinats, parmi eux, celui devenu célèbre par son directeur, Janusz Korczak, éducateur et auteur de livres pour enfants, très estimé en Pologne pour ses méthodes. De plus, 30 foyers de jour, 20 cuisines, 30 foyers pour enfants et adolescents. Nous utilisions le moindre carré de verdure pour les enfants, qui n’avaient encore jamais vu de verdure de leur vie et ne savaient pas ce qu’est une forêt ou une fleur…La première grande action pour l’extermination commença le 22 juillet 1942. Les premières victimes furent les enfants juifs. Je n’oublierai jamais comment les S.S. et leurs sbires (des fascistes ukrainiens) se jetèrent avec une barbarie inimaginable sur les enfants et les firent monter de force dans les camions. Les enfants essayèrent de se défendre. Encore aujourd’hui j’entends leurs pleurs et leurs cris au secours : « Maman, maman, sauve-moi ! »
Une semaine plus tard, les S.S. et leurs sbires commencèrent à sévir également dans nos institutions. Ces jours-là, on vit marcher à travers les rues de Varsovie de longues colonnes d’enfants sortant de nos foyers avec leurs éducateurs. Ils marchèrent jusqu’à la « place de triage », les wagons de la mort pour Treblinka. Les enfants de l’orphelinat de Janusz Korczak en faisaient partie. C’était une procession sinistre. Korczak marchait en tête avec deux petits enfants à côté de lui. En arrivant au lieu de rasemblement, des policiers en armes voulurent libérer Korczak. Mais Korczak refusa de quitter ses protégés. Un de ses grands soucis était la crainte qu’on ne laisse pas assez de temps aux enfants pour s’habiller et qu’ils dussent marcher pieds nus. On raconta aux plus petits qu’ils allaient faire une excursion et qu’ils allaient enfin voir des champs, des forêts et des fleurs, choses qui n’existaient pas au ghetto.
Quelques heures plus tard, ils étaient tous entassés dans les wagons de la mort…Les assassins nazis ont exterminé cent mille enfants du ghetto de Varsovie. »

Docteur A. Bermann, avant la guerre, directeur des instituts psychologiques et psychotechniques des juifs de Pologne, les « Zentos », de Varsovie. Déposition au procès d’Eichmann, le 3 mai 1961.

 

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