Vive la Résistance.

21 janvier, 2010

Le texte de l’Appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle.

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Le texte de l’Appel du 18 juin 1940

 

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Discours du Général de Gaulle prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940. Cet appel n’a pas été enregistré.

 

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un
jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

Charles de Gaulle

 

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7 février, 2009

Les enfants au camp de Ravensbrück.

Classé sous CONCOURS — vivelaresistance. @ 3:26

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Le monument de Ravensbrück (sculpture  réalisée par Thérèse Chotteau).

 

 

Au camp de Ravensbrück

Les nouveaux-nés

D’après les témoignages les plus anciens, il y eut des femmes enceintes dès le début de la constitution du camp. Aucun adoucissement de régime ne fut prévu pour elles. Elles travaillaient et faisaient l’appel jusqu’au dernier jour. Lorsqu’elles étaient à terme, elles accouchaient à l’hôpital de Tremplin, puis revenaient  au camp. Cette situation dura pendant la période où le but du camp était la soi-disant rééducation.
Elle n’intéresse pas encore les Françaises.
En 1942, la conception du camp changea. Le but de la rééducation fut remplacé par celui du rendement du travail. Un médecin, le docteur Rosenthal, est alors nommé au camp ; il fait avorter les femmes enceintes de moins de huit mois (plus particulièrement les Allemandes enceintes de prisonniers étrangers). Le fœtus est brûlé directement dans la chaudière, parfois vivant…
En 1943, le docteur Treite succède au docteur Rosenthal. Il semble avoir abandonné les avortements et laissé la grossesse se dérouler jusqu’à son terme. Lors de l’accouchement, les femmes admises au Revier sont assistées par une sage-femme autrichienne prisonnière. L’enfant est étranglé ou noyé devant sa mère. Cette sage-femme assistait à leur agonie, parfois fort longue, étant donné la résistance très grande du nouveau-né à l’asphyxie par l’eau (vingt à trente minutes parfois, a-t-elle témoigne).
A la fin de la même année, une nouvelle décision permit de laisser les nouveau-nés en vie, mais rien n’était prévu pour les accueillir. Les mères étaient censées les nourrir au sein, alors qu’elles n’avaient généralement pas de lait, ou un lait trop pauvre pour nourrir un bébé plus de quelques jours. C’est seulement en septembre 1944 que fut créée une chambre spéciale pour les enfants. Plus d’une centaine de nouveau-nés, venus au monde avant cette date, moururent donc de faim. La kinderzimmer (chambre d’enfants) fut installée dans une très petite pièce d’un Block de malades. Jusqu’à dix nouveau-nés étaient couchés en travers de chaque lit. La pièce logea jusqu’à près de cinquante bébés. Un peu de lait en poudre mélangé à une sorte de gruau était distribué chaque jour. Deux flacons servaient de biberons. Les enfants naissaient généralement assez beaux, puis prenaient rapidement l’aspect de petits vieux. Tous mouraient avant trois mois, de faim, de diarrhée, de pneumonie, etc., en dépit de la solidarité des déportées et de l’abnégation des détenues affectées au Revier.
Dans le courant du mois de mars 1945, un groupe de 250 femmes enceintes et quelques nourrissons sont encore gazés.
Près de 800 enfants sont nés à Ravensbrück. Presque tous sont morts. Seuls ont survécu trois petits Français et quelques bébés d’autres nationalités.

Les enfants

A Ravensbrück, leur sort est inhumain.
Les enfants avaient au camp le même régime que les adultes. Aucun adoucissement ne leur était accordé. A leur arrivée, ils étaient généralement dépouillés, rasés et fouillés comme les adultes, et recevaient, selon les époques, un uniforme rayé ou une défroque peinte d’une croix devant et derrière. Nous les voyions traîner dans des loques trop grandes et lamentables, qui d’ailleurs n’étaient jamais changées. Les enfants étaient présents aux appels. Le matin, ils se levaient aux hurlements de la sirène, à 3 h 30 ou 4 heures selon les périodes. Ils recevaient une tasse du breuvage appelé café et sortaient, dans le froid, qui atteignait moins 33°c, sous la neige, la pluie et le vent glacial de la Baltique. Il fallait rester immobile, debout pendant une heure, deux, et parfois davantage. Les vêtements restaient mouillés pendant plusieurs jours. A la fin de l’appel, ils retournaient à leur Block, les plus grands poussant les plus petits. Certains essayaient alors de retrouver dans des jeux leur monde rêvé d’autrefois. La plupart ne jouaient pas, mais adoptaient les activités des adultes : épouillage, discussions sur la nourriture. Enfin, la majeure partie du temps de beaucoup d’entre eux se passait sur la paillasse. Ils étaient trop affaiblis pour se livrer à la moindre activité. Seule la solidarité qui régnait entre les prisonnières permit d’entourer un peu ces enfants.

Les archives du camp ayant été détruites, il est impossible de préciser le nombre des enfants, estimé par les survivantes entre 1000 et 2000.

La stérilisation des fillettes tziganes

Un degré supplémentaire dans l’horreur a été accompli par les nazis avec les expériences de stérilisation de petites filles tziganes. Le but était de découvrir les méthodes les plus rapides et les plus efficaces pour stériliser des millions d’êtres humains appartenant aux races « inférieures ».
120 ou 140 petites Tziganes furent opérées du 4 au 7 janvier 1945. Les plus jeunes n’avaient que huit ans. Un spécialiste de ces expériences, le professeur Schumann, qui avait déjà souvent opéré à Auschwitz, vint sur place. Toute une équipe médicale y participa : le docteur Treite, son adjoint, le médecin qui dirigeait le service sanitaire des SS et des infirmières. Une femme médecin tchèque déportée, radiologue,  dut installer l’appareil radiologique en position horizontale. Elle-même et deux collègues virent ensuite entrer une à une les petites filles. On entendait les pleurs et les cris des enfants et on les  voyait transporter, sanglantes, dans une autre pièce de l’infirmerie, où on les posait sur le plancher.
On sait qu’à Auschwitz le professeur Schumann procédait par irradiation des ovaires par les rayons X ; il provoquait des brûlures importantes des tissus environnants, déterminant la mort d’un certain nombre des opérées.
A Ravensbrück, il semble avoir procédé autrement. Les trois prisonnières radiologues furent obligées de développer les films radiologiques pris pendant les opérations. Elles les montrèrent en cachette à plusieurs collègues tchèques. On voyait un liquide opaque dans l’utérus et les trompes. Un liquide stérilisant était donc introduit dans l’utérus et jusque dans les trompes.
Si une partie des enfants supportèrent l’opération, d’autres moururent des suites. Conformément aux habitudes des médecins nazis expérimentateurs, et du docteur Schumann en particulier, les  organes génitaux de plusieurs victimes furent prélevés pour examen. C’est ainsi qu’au Block 9 fut hospitalisée une petite fille de douze ans, avec une énorme plaie ouverte au ventre, qui ne cessa de suppurer terriblement. Les médecins et infirmières prisonnières du Revier estimaient que cette plaie correspondait à une hystérectomie. Mais pourquoi la plaie n’avait-elle pas été recousue ? L’ouverture n’avait-elle pas été pratiquée uniquement pour permettre aux expérimentateurs SS d’observer directement les organes irradiés laissés sur place, et leur destruction ? Quel qu’ait été le but, la petite fille mit plusieurs jours à mourir dans d’atroces souffrances.
A la libération du camp, toutes ces malheureuses fillettes avaient disparu, vraisemblablement gazées.

Sources : Marcel Ruby « Le livre de la Déportation » ; Germaine Tillion « Ravensbrück ».

 

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21 mai, 2008

Palmarès du Concours de la Résistance et de la Déportation 2008.

Classé sous ACTUALITE,CONCOURS — vivelaresistance. @ 16:30

CONCOURS DE LA RÉSISTANCE
ET DE LA DÉPORTATION 2008

 

PALMARÈS

 

 

LYCÉES

 

DEVOIRS INDIVIDUELS

Classes de terminale

Prix départementaux

 

1er prix : Pauline BELLET – lycée Alain d’ ALENÇON

2ème prix : Florian LE GOFF – lycée Jeanne d’Arc d’ARGENTAN


Prix d’établissement

 

Nicolas AUNIS – lycée Alain d’ALENÇON

Guillaume BAZIERE – lycée Jeanne d’Arc d’ARGENTAN

 

Classes de première

Prix départemental

 

Fabien CHEVALLIER – lycée Alain d’ALENÇON

 

Prix d’établissement

 

Laura SCELIN – lycée Alain d’Alençon

 

Classes de seconde

 

Prix départemental

 

Anthony REVELLE – lycée Jeanne d’Arc d’ARGENTAN

 

Prix d’établissement

 

Marie ABRAHAM – lycée Les Andaines de LA FERTE-MACE

Adeline BETTON – lycée Les Andaines de LA FERTE-MACE

 

DOSSIERS COLLECTIFS

Classe de première

 

Prix départemental

 

Lucile SIMON – Sarah MOULIN – lycée Alain d’ALENÇON

 

Prix d’établissement

 

Anthony PARDO – Fabien CHEVALLIER – lycée Alain d’ALENÇON

 

Classe de seconde

 

Prix départementaux

 

1er Prix : Claire PACORY – Anaïs RENAULT – Louisa ROUSSEL – lycée A. Chevalier de DOMFRONT

2ème Prix : Sandra GAGLIARDI – Valentin MONTAIGNE – Anthony REVELLE – Samy SELLAK – lycée Jeanne d’Arc d’ARGENTAN

 

Prix d’établissement

 

 

Élodie LEVANNIER – Joséphine PÉROT – Hélène HODIESNE – Angélique KROL – Thiffany MEYER

lycée Mézeray d’ARGENTAN

Aurélie COLLET – Ségolène BELLAYER
lycée Mézeray d’ARGENTAN

Marc MORICE-MORAND – Nicolas LEVEILLE – Damien PROVOST – Baptiste LÉVESQUE
lycée Saint-François de Sales d’ALENÇON

 

TRAVAUX AUDIOVISUELS

 

Prix départementaux

 

1er prix : Augustin BERTHOUT – Apollina HILLION – Mathias TAILLEBOIS
lycée Auguste Chevalier de DOMFRONT (classe de seconde)

2ème prix : Charly VINZIA – Amélie HERBERT – Flavie GUIBERT – Justine TZVETKOVSKY
lycée Auguste Chevalier de DOMFRONT (classe de seconde)

 

Prix d’établissement

 

Laura PELLETIER – Albane PELLE – Laura SCELIN
lycée Alain d’ALENÇON (classe de première)

 

COLLÈGES

 

Classes de troisième

 

DEVOIRS INDIVIDUELS

 

Prix départementaux

 

1er prix : Cécile NICOLINI – collège François Truffaut d’ARGENTAN

2ème prix : Tristan RONDEAU – collège François Truffaut d’ARGENTAN

3ème prix : Camille POUCHIN – collège André Malraux de TRUN

4ème prix : Louisa MOUALID – collège Louise Michel d’ALENÇON

5ème prix : Bérengère AMESLANT – collège Roger Martin du Gard de BELLÊME

6ème prix : Benoît RALU – collège Notre-Dame de LA FERTE-MACE

7ème prix : Mathieu BORDEREAU – collège Louise Michel d’ALENÇON

8ème prix : Justine BOULENT – collège Sacré-cœur de DOMFRONT

9ème prix : Fanny GOUSSEAU – collège Notre-Dame de LA FERTE-MACE

 

Prix d’établissement

 

Mariam MOKADEM – collège François Truffaut d’ARGENTAN

Mathias CHAMPROUX – collège Louise Michel d’ALENÇON

Mélanie NOCTURE – Collège Félix Leclerc de LONGNY-AU-PERCHE

Benjamin SIMON – collège Félix Leclerc de LONGNY-AU-PERCHE

Marie MALECANGE – collège André Malraux de TRUN

Fanny LANDEMAINE – collège Jean Moulin de GACÉ

Gérard VAN DONGEN – collège Jean Moulin de GACÉ

Anaïs MONTACLAIR – collège Jeanne d’Arc d’ARGENTAN

 

DOSSIERS COLLECTIFS

 

Prix départementaux

 

1er prix : Hafizé ISCI – Louisa MOUALID – Séma YAVUZ – Hananne ARHOU
collège Louise Michel d’ALENÇON

1er prix ex-aequo : Mathieu BORDEREAU – Aline CHARTIER – Maud HINFRAY
collège Louise Michel d’ALENÇON

2ème prix : Perrine MOREAU – Alexandre PARIS
collège Félix Leclerc de LONGNY-AU-PERCHE

3ème prix : Cécile NICOLINI – Louise-Gabrielle BOULANGER – Antoine BARATTE – Syl DEMARQUAY – Soledad VILAIN
collège François Truffaut d’ARGENTAN

4ème prix : Hanifi ISCI – Mehdi HAIRCH
collège Louise Michel d’ALENÇON

5ème prix : Bouchra MEHBAOUI – Manija SADIM – Tarek EL AZADY
collège Louise Michel d’ALENÇON

6ème prix : Saphia MOTTIN – Zeynep ASK – Ryslène RAMDANE
collège Louise Michel d’ALENÇON

 

Prix d’établissement

 

Jennifer HEBERT – Vanessa DENIS – Karine POUCHIN
collège André Malraux de TRUN

Etienne FERET – Christophe ROYER – Anthony SIMON
collège Molière de L’AIGLE

Valentin BRISARD – Nicolas TISSIER – Adrien LAURENT – Valentin BATON
collège Balzac d’ALENÇON

Louis MARTIN – Jonathan TISSIER – Samuel LOUVEAU – Benjamin BELLENGER
collège Sacré-Cœur de DOMFRONT

Marie ANGLAY – Anne-Abeba GENIN – Antoine LECOURTOIS – Pierrick SAUNIER – Jeanne DESERT
collège François Truffaut d’ARGENTAN

Estelle BOSSARD – Sandra BRIERE – Mélissandre DAZARD – Angéline ROUSSEAU
collège Félix Leclerc de LONGNY-AU-PERCHE

Mélissa MONNIER – Anaïs MONTACLAIR
collège Jeanne d’Arc d’ARGENTAN

Antonin HERGAULT – Nicolas FRYDER
collège Notre-Dame d’ALENÇON

Karima SOUSSAH – Kaoutar LAKHEL
collège Louise Michel d’ALENÇON

 

DOSSIERS INDIVIDUELS

 

Prix départemental D’excellence

 

Tristan RONDEAU – collège François Truffaut d’Argentan

 

Prix d’établissement

 

Justine BOULENT – collège Sacré-Cœur de DOMFRONT

 

TRAVAUX AUDIOVISUELS

 

Prix départementaux

 

1er prix : Camille POUCHIN – Morgane VINOT
collège André Malraux de TRUN

1er prix ex-aequo : Bérengère AMESLANT – Pauline BOSSARD – Emilie MAISONNIER – Camille NOEL – Lucile RICHARD
collège Roger Martin du Gard de BELLÊME

2ème prix : Quentin RIEDINGER – Ludovic MARÉCHAL – Alex SANOGO-BEUNEKEN – Marc HAMMENI
collège André Malraux de TRUN

3ème prix : Marion TINARD – Marion DESCHATEAUX – Mariam MOKADEM – Coraline WATEL
collège François Truffaut d’ARGENTAN

 

Prix d’établissement

 

Gaëlle AUVRAY – Mylène MOTTIER – Jessica TURMEL
collège Sacré-Cœur de DOMFRONT

Émilie MARIE – Marie MALECANGE – Rémi HERVIEU – Ophélie BUREAU
collège André Malraux de TRUN

 

Challenge Édouard PAYSANT

 

Collège Roger Martin du Gard de BELLÊME

 

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13 mars, 2008

Alençon et la Résistance, par Bernard Geneslé.

Classé sous CONCOURS,HISTOIRE,TEMOIGNAGE — vivelaresistance. @ 17:05

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Bernard Geneslé.

 

Les filières d’évasion:

Aux réseaux de renseignements qui se mirent en place dès 1940 s’ajoutèrent bientôt les très efficaces filières de sauvetage et d’évasion des équipages des avions alliés abattus.
De par sa position géographique notre département fut particulièrement concerné.
Avant le Débarquement, il était survolé par une des lignes empruntées par les bombardiers alliés visant les installations allemandes au centre de la France et même au-delà.
Après le Débarquement, il s’est trouvé pendant plus de deux mois à l’arrière immédiat du front, là où l’aviation alliée attaquait sans relâche les convois et les moyens de communication de l’ennemi. Jusqu’à la Libération le ciel de l’Orne a été le théâtre de très nombreux combats aériens avec les conséquences que cela suppose.
Dans beaucoup de cas le sauvetage de première urgence des membres d’équipages alliés abattus a été réalisé par des bénévoles habitant la campagne, surtout des agriculteurs.
Dans certains cas l’aviateur repartait seul vers un point de rassemblement qui lui avait été indiqué par ses chefs. Il se guidait alors en utilisant une petite boussole dissimulée dans un des boutons de son uniforme et en consultant des cartes imprimées sur soie qu’il portait dans une doublure de son équipement.
Il partait ainsi à la merci de bonnes ou de mauvaises rencontres.
Une bonne fut celle que fit à Alençon le 16 novembre 1943 un sergent canadien de la R.A.F. abattu aux environs de Bourges et qui frappa à la porte d’un café tenu par le ménage Bâcle, rue des Petites-Poteries. Il reçut un très bon accueil comme il l’a attesté après la guerre dans des lettres qu’il adressa à ses hôtes. Mais apparemment ces braves gens n’avaient aucun contact avec la Résistance alençonnaise et ils le laissèrent repartir à l’aventure vers le Nord en direction de la Manche. Ce n’est qu’aux environs de Gacé qu’il rencontra par hasard un fermier, M. Violet, qui appartenait à un groupe de Résistance qui le prit en charge.
Cette prise en charge par les groupes de Résistance se faisait parfois directement au moment du parachutage en catastrophe, comme ce fut le cas le 4 juillet 1943 dans la région de Sées-Belfonds, sous la direction d’Édouard Paysant.
Les aviateurs américains qui ont été recueillis et camouflés ont été dirigés dans les jours suivants vers Alençon où Albert Terrier, exploitant forestier et propriétaire d’une scierie à Courteille, servait de plaque tournante à une filière d’évasion qui généralement remontait par Paris. D’Alençon les aviateurs camouflés, souvent bien difficilement, en civil, prenaient le train, « cornaqués » le plus souvent par une jeune femme. C’est ce qu’ont fait dans notre région « Yannick » (nom de guerre de Mme Croisé) et « Gilberte » future Mme Guéhenno, toutes deux agents de liaison du B.O.A. (Bureau des Opérations aériennes).
Ces opérations exigeaient beaucoup de courage et même de témérité. En voici un exemple brièvement évoqué. En juillet 1943, Albert Terrier transportait dans sa Citroën traction avant à gazogène qui se dirigeait vers la gare du Mans, une jeune femme de Nogent-le-Rotrou avec un enfant en bas âge pour donner le change. Elle était chargée d’escorter les aviateurs américains tapis au fond de la voiture qui prirent le train à la gare d’Écommoy après une tentative manquée à la gare du Mans. Poursuivi par une voiture de la Gestapo qui l’avait repéré M. Terrier réussit à s’en tirer malgré toutes sortes d’incidents de parcours : sa voiture embourbée dans un chemin de terre fut même poussée par des soldats allemands de passage, à la grande joie des Américains.
Le 13 juillet 1944 j’ai moi-même convoyé chez M. Terrier deux aviateurs américains qui avaient été amenés quelques jours auparavant à mon chef de groupe à Belfonds. Je n’ai pas connu la suite de leur aventure […] Les filières de sauvetage et d’évasion fonctionnaient le plus souvent dans le cadre du B.O.A.
Ce dernier avait aussi pour mission l’accueil des personnels parachutés venant d’Angleterre ainsi que le soin de préparer leur retour à Londres, autre type d’évasion.
Un autre type de filières d’évasion furent celles qui permirent à des jeunes patriotes de sortir clandestinement de France pour aller rejoindre les unités combattantes de la France Libre en Angleterre ou ailleurs.
En l’absence de documents d’archives dans ce domaine, comme ailleurs, j’ai eu recours à une enquête auprès de deux résistants alençonnais particulièrement bien renseignés.
C’est ainsi que j’ai appris que M. Troussard, adjudant de gendarmerie en retraite, fonctionnait dans une filière menant vers l’Espagne. (un percepteur de Rivesaltes accueillait les volontaires et les orientait vers le lieu de passage en Espagne).
C’est ainsi qu’André et Raymond Troussard, anciens élèves du lycée, ont rejoint les rangs des Forces de la France Combattante. Un autre ancien du lycée, Marcel Jaud, a de la même façon rejoint la 2ème D.B. en formation au Maroc avant de revenir en libérateur d’Alençon le 12 août 1944.


La Résistance administrative :

Avant même que ne soit mis en place le N.A.P. (Noyautage de l’Administration Publique) sous la direction de Jean Moulin et du Conseil National de la Résistance, des fonctionnaires, sans quitter leur bureau, ont manifesté leur esprit de Résistance : ils ont apporté une contribution souvent très utile et très efficace à la Résistance dans son ensemble. C’est ce que l’on a l’habitude de désigner sous le terme de « Résistance administrative ». Il s’agissait de saboter de l’intérieur l’application des directives imposées par l’Occupant et par le régime de Vichy. A Alençon, dans les services de la Préfecture et dans les services annexes un certain nombre de fonctionnaires se sont engagés dans ce genre d’action en prenant d’aussi gros risques qu’en opérant sur le terrain.
C’est ainsi que Marcel Palmier, chef de division à la Préfecture, prit position contre le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.), ordonné par le gouvernement de Vichy à partir de février 1943. Il organisa des planques pour les réfractaires et leur fournit de fausses cartes d’identité. Il fut arrêté en mars 1944 par la Gestapo et déporté dans un camp de concentration où il décéda. Guy Dupont, directement responsable du Service du S.T.O., manipula les listes des requis pour limiter les départs. Il fut également arrêté et déporté. Il reviendra en 1945.
Mlle Thérèse Mercier, chef de bureau à la Préfecture, responsable des titres de circulation, rendit de grands services aux membres du B.O.A. en facilitant leurs moyens de déplacement, un tampon officiel couvrant des expéditions diurnes ou nocturnes toujours fort périlleuses. Dans d’autres services de la Préfecture Gaston Morineau et Roger Jacquelin furent très utiles et efficaces. […] A la gendarmerie le lieutenant René Nicolas, accusé, comme un certain nombre d’autres gendarmes, d’avoir facilité l’évasion de requis du S.T.O., disparut lui aussi dans un camp de concentration.
A la prison, Mme Guillais, femme du gardien chef, prit de très gros risques en facilitant les contacts épistolaires entre les Résistants internés et leurs familles.
A la mairie encore M. Fourmond, chef du service municipal des cartes de rationnement, rendit de grands services aux clandestins. Il fut arrêté et emprisonné. […] Je suis tenté de qualifier de résistance para-administrative les certificats et les actes médicaux de certains médecins. Ils couvrirent ainsi l’activité de plusieurs résistants fonctionnaires avant qu’ils n’entrent dans la clandestinité.
Également par des certificats d’inaptitude physique, ils permirent à beaucoup de jeunes de se soustraire – du moins provisoirement – au S.T.O. Ce fut particulièrement le cas à Alençon du Dr Duhazé qui fut arrêté par la Gestapo et dirigé vers la Déportation. Il eut la chance de ne pas aller plus loin que le camp de triage de Compiègne.
Dans d’autres situations dans l’Orne des médecins furent amenés à soigner des résistants ou des aviateurs alliés blessés. Ils payèrent leur dévouement, soit d’une arrestation comme le docteur Le Meunier de Mortrée, soit de la Déportation comme le docteur Couinaud d’Argentan, soit encore d’exécutions comme le docteur Giraux, médecin du maquis de Saint-Cyr-la-Rosière dans le Perche.

 

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20 février, 2008

Les atterrissages secrets de la RAF en France durant la Seconde Guerre mondiale.

Classé sous CONCOURS,HISTOIRE,TEMOIGNAGE — vivelaresistance. @ 13:15

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Pilotes du groupe 161 devant le Lysander de Hugh Verity.

 

C’est dans la nuit du 19 au 20 octobre 1940 qu’eu lieu la première opération de ramassage clandestin de la Seconde Guerre mondiale (ramassage près de Montigny, au Sud de Fontainebleau, de Philippe Schneidau « Felix », agent des services secrets britanniques). L’escadrille 419 de la RAF avait été formée par le capitaine Wally Farley vers septembre 1940. En mars 1941, le numéro de l’escadrille devint 1419 pour éviter des confusions avec le groupe aérien 419. Elle avait alors à sa tête le commandant Teddy Knowles. Le 25 août 1941, l’escadrille 1419, transférée en mai à Newmarket, devenait groupe n°138. Le groupe fut repris en novembre 1941 par le lieutenant-colonel W.J. Farley, DFC. Il possédait alors sept Whitley, deux Lysander à grand rayon d’action et un Maryland, bombardier bi-moteur américain. Le groupe 138 effectuait un nouveau transfert, à Stradishall, le 18 décembre 1941.
Le groupe aérien 161 fut formé le 14 février 1942. Plus étoffé, et destiné à succéder au groupe 138 pour ce genre d’opérations, il comprenait sept Lysander, cinq Whitley V, deux Wellington et un Hudson.
Le capitaine Murphy réussit le premier ramassage du groupe 161 dans la nuit du 27 au 28 février 1942 : à St-Saëns, près d’Abbeville, il récupérait deux personnes dont Gilbert Renault dit « Rémy » fondateur du réseau de renseignements la « Confrérie Notre-Dame ». Un mois plus tard (dans la nuit du 26 au 27 mars 1942), Rémy fut débarqué près de Saumur par le pilote Guy Lockhart. Christian Pineau de « Libération » et François Faure de la « C.N.D. » furent ramenés en Angleterre lors de cette même opération.
Le 1er mars 1942, le groupe 161 était transféré à Graveley puis à Tempsford (dans le comté de Bedford près de Sandy) en avril 1942. Tempsford est restée la base principale du groupe 161 jusqu’à la fin des opérations.
En novembre 1942 (dans la nuit du 17 au 18) étaient déposés en France : Henri Frenay, chef du mouvement « Combat » et Emmanuel d’Astier de la Vigerie. Lors de cette mission, le pilote John Bridger ramassa le général François d’Astier de la Vigerie et Yvon Morandat, un des plus fins agents politiques du général de Gaulle.
Hugh Verity, qui n’a alors que 24 ans, prend le commandement de l’escadrille des Lysander du groupe 161 en novembre 1942 et effectue sa première opération le 23 décembre 1942 (atterrissage impossible près de Macon pour cause de brouillard).
Durant les premiers mois de 1943, le groupe 161 eut à transporter des passagers qui ont apporté une immense contribution à l’organisation de la Résistance. Claude Hettier de Boislambert et Christian Pineau furent récupérés dans la nuit du 14 au 15 janvier 1943. Pierre Brossolette fut déposé près d’Issoudun dans la nuit du 26 au 27 janvier. Jean Moulin et le général Delestraint ont été récupérés dans la nuit du 13 au 14 février (près de Ruffey-sur-Seille dans le Jura) puis redéposés dans la nuit du 19 au 20 mars 1943 (près de Melay en Saône-et-Loire). Une mission visant à déposer Jean Moulin, dans la nuit du 24 au 25 février de la même année, fut rendue impossible pour cause de brouillard trop épais au dessus du terrain d’atterrissage : il fallut repartir en Angleterre !

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Philippe Livry-Level, Compagnon de la Libération.

 

Le 2 février 1943, Philippe Livry-Level est affecté au groupe 161 (seul Français à avoir eu cet honneur). Sur Hudson (avion de transport, construit aux USA par Lockheed-Vega, transformé en bombardier de reconnaissance) et comme navigateur avec le pilote Hugh Verity, le capitaine puis commandant Livry-Level effectua plusieurs missions en 1943. Dans la nuit du 15 au 16 juin 1943, leur Hudson déposa deux personnes dont Claude Bouchinet-Sereulles (qui allait devoir assurer l’intérim de Jean Moulin à la Délégation générale après son arrestation le 21 juin) et en ramena huit dont Henri Frenay du mouvement « Combat ». Ils déposèrent Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Jean-Pierre Lévy (chef national du mouvement Franc Tireur) dans la nuit du 24 au 25 juillet 1943. Philippe Livry-Level et Hugh Verity ont effectué le ramassage du général de Lattre de Tassigny avec sept autres passagers, près de Manziat (département de l’Ain) dans la nuit du 16 au 17 octobre 1943. Un mois plus tôt (dans la nuit du 14 au 15 septembre), un avion Hudson avait déposé près de Bletterans (Jura) le futur ministre Maurice Bourgès-Maunoury.
Une mission pouvait facilement se solder par un échec : le 17 novembre 1943, près de Périgné (Deux-Sèvres), le pilote Robin Hooper dut détruire son Lysander tellement embourbé qu’il ne put redécoller et ce malgré l’aide des fermiers alentour.
Cette aide s’est par contre révélée décisive dans le cas de l’opération menée dans la nuit du 8 au 9 février 1944. L’Hudson embourbé du Lieutenant Affleck fut « sauvé » de la destruction grâce aux efforts des habitants du secteur alertés en pleine nuit et venus spontanément prêter main forte à l’équipage. Ce ramassage effectué près de Bletterans (Jura) a permis à Raymond, Lucie Aubrac (alors enceinte de près de neuf mois) et leur jeune fils de gagner l’Angleterre.
Les pilotes de Lysander prenaient de très gros risques et certaines opérations eurent une fin tragique : le capitaine Leslie Whitaker DFC fut abattu et tué , dans la nuit du 3 au 4 mai 1944, en survolant malencontreusement à basse altitude une base aérienne allemande.
A partir de septembre 1944, et à mesure que le territoire français se trouve libéré, s’arrête la participation des pilotes de Lysander, et des équipages de Hudson, aux atterrissages clandestins. Leur mission consiste désormais en transports non opérationnels en France libérée et en Belgique.
Après la capitulation de l’Allemagne, en mai 1945, le groupe 161 (dont Len Ratcliff a pris le commandement en mars 1945), est affecté au transport de vivres aux pays libérés et au rapatriement au Royaume-Uni des prisonniers de guerre.

C’est ainsi que s’achève l’épopée de cette poignée de pilotes qui apporta une aide très précieuse à la Résistance française. En établissant ce lien essentiel entre l’état-major de Londres et « l’armée des ombres » en territoire occupé, ces missions périlleuses permirent au général de Gaulle de parler au nom de la France toute entière. Leur importance historique fut immense.

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Photo avion Lysander

 

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