Vive la Résistance.

21 janvier, 2010

Le texte de l’Appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle.

Classé sous Allocution,CONCOURS,Dossier Special Concours,General de Gaulle — vivelaresistance. @ 15:44

Le texte de l’Appel du 18 juin 1940

 

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Discours du Général de Gaulle prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940. Cet appel n’a pas été enregistré.

 

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un
jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

Charles de Gaulle

 

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13 mars, 2009

Edith BONNEM entourée de ses frères Berthold (à droite) et Rudolph (à gauche).

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 12:57

Alençon et la Shoah

 

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Edith BONNEM entourée de ses frères Berthold (à droite) et Rudolph (à gauche).

 

Le 9 décembre 1935, se réfugient à Alençon Alfred et Rosa Kahn, 31 et 26 ans, qui ont fui la Sarre après le référendum sur son rattachement à l’Allemagne. En 1936, leurs parents, Ida et Jules Kahn, 67 et 68 ans, les rejoignent. Par la suite, le noyau familial se reconstitue : arrivent, avec leurs époux, enfants, parents, les sœurs et le frère d’Alfred, Germaine épouse Meyer, Gustel épouse Bonnem, Edgar ; Emile Moses, frère de Rosa, a aussi séjourné quelques semaines à Alençon.

Lors de la « drôle de guerre » (septembre 1939-mai 1940), Rosa Kahn, Germaine et Gustel Bonnem, ont été, quelques temps, internées dans un camp à Courteille (Alençon) : l’administration ne retenait que leur origine allemande et leur situation d’apatride. Le gouvernement avait alors peur des espions. Alfred et Edgar Kahn, Marcel Bonnem ont été internés avec de nombreux autres réfugiés à Funay (Sarthe).

En juillet 1940, les premières mesures anti-juives sont prises par le gouvernement de Vichy. Alfred et Rosa Kahn fuient alors vers la zone non occupée et se cachent dans la région d’Albi. A la Libération, ils reviennent à Alençon. Leurs père, mère, frères, sœur, beau-frère, neveux et nièces sont morts en déportation.

Sont arrêtés le 14 juillet 1942 :

BONNEM Rebecca née Hanau, 79 ans. Arrêtée à Alençon. Partie de Drancy le 6 novembre 1942 pour Auschwitz. Morte en déportation.
BONNEM Gustel née Kahn, 39 ans, native de la Sarre. Arrêtée à Alençon. Vélodrome d’Hiver. Pithiviers. Partie pour Auschwitz le 31 juillet 1942. Morte en déportation.
BONNEM Berthold, 17 ans, né dans la Sarre. Arrêté à Alençon. Vélodrome d’Hiver. Pithiviers. Parti pour Auschwitz le 31 juillet 1942. Mort en déportation.
BONNEM Edith, 15 ans, née dans la Sarre. Arrêtée à Alençon. Partie, le 3 août 1942, de Pithiviers pour Auschwitz. Morte en déportation (gazée à l’arrivée).

Sont arrêtés le 15 juillet 1942 :

BONNEM Rudolph, 12 ans, né dans la Sarre. Arrêté à Alençon. Le Bourget-Drancy. Parti pour Auschwitz dans le convoi du 6 novembre 1942. Mort en déportation.
KAHN Julius, 74 ans, né dans la Sarre. Arrêté à Alençon. Le Bourget-Drancy. Parti pour Auschwitz dans le convoi du 6 novembre 1942. Mort en déportation.

« Dans l’Orne, sur 500 déportés, 40 ont moins de 20 ans à leur départ. La majorité est liée à la déportation raciale ».

 

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10 mars, 2009

Les enfants dans le ghetto de Varsovie.

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 12:21

Ghetto et convois

 

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La célèbre photographie de l’enfant juif du ghetto de Varsovie.

 

« Parmi la population juive du ghetto de Varsovie, comptant au maximum un demi-million de personnes, il y avait plus de cent mille enfants de moins de quatorze ans. Au moins les trois quarts d’entre eux avaient besoin de secours…Nous installâmes plus de cent instituts de secours à l’enfance. De la sorte il nous fut possible d’aider environ 25000 enfants. Citons comme exemple 30 orphelinats, parmi eux, celui devenu célèbre par son directeur, Janusz Korczak, éducateur et auteur de livres pour enfants, très estimé en Pologne pour ses méthodes. De plus, 30 foyers de jour, 20 cuisines, 30 foyers pour enfants et adolescents. Nous utilisions le moindre carré de verdure pour les enfants, qui n’avaient encore jamais vu de verdure de leur vie et ne savaient pas ce qu’est une forêt ou une fleur…La première grande action pour l’extermination commença le 22 juillet 1942. Les premières victimes furent les enfants juifs. Je n’oublierai jamais comment les S.S. et leurs sbires (des fascistes ukrainiens) se jetèrent avec une barbarie inimaginable sur les enfants et les firent monter de force dans les camions. Les enfants essayèrent de se défendre. Encore aujourd’hui j’entends leurs pleurs et leurs cris au secours : « Maman, maman, sauve-moi ! »
Une semaine plus tard, les S.S. et leurs sbires commencèrent à sévir également dans nos institutions. Ces jours-là, on vit marcher à travers les rues de Varsovie de longues colonnes d’enfants sortant de nos foyers avec leurs éducateurs. Ils marchèrent jusqu’à la « place de triage », les wagons de la mort pour Treblinka. Les enfants de l’orphelinat de Janusz Korczak en faisaient partie. C’était une procession sinistre. Korczak marchait en tête avec deux petits enfants à côté de lui. En arrivant au lieu de rasemblement, des policiers en armes voulurent libérer Korczak. Mais Korczak refusa de quitter ses protégés. Un de ses grands soucis était la crainte qu’on ne laisse pas assez de temps aux enfants pour s’habiller et qu’ils dussent marcher pieds nus. On raconta aux plus petits qu’ils allaient faire une excursion et qu’ils allaient enfin voir des champs, des forêts et des fleurs, choses qui n’existaient pas au ghetto.
Quelques heures plus tard, ils étaient tous entassés dans les wagons de la mort…Les assassins nazis ont exterminé cent mille enfants du ghetto de Varsovie. »

Docteur A. Bermann, avant la guerre, directeur des instituts psychologiques et psychotechniques des juifs de Pologne, les « Zentos », de Varsovie. Déposition au procès d’Eichmann, le 3 mai 1961.

 

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23 février, 2009

Poème de Gisèle Guillemot.

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 17:41

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« Arrivée des enfants ». Estampe réalisée en 1942 par Georges Horan, interné à Drancy.

 

Aux petits enfants de Pitchipoï *

 

Ils disent aujourd’hui
Que ce n’était pas vrai
Que nul ne respira
Sous les cieux d’Auschwitz
Ou ceux de Treblinka
Le zyklon qui tuait.


Mais que sont devenus
Poursuivis par la mort
Tous ces enfants perdus
Qui s’en allaient en pleurs
Une médaille d’or
Accrochée sur le cœur.


Parfois en cauchemar
Je les vois s’avancer
Leurs menottes crispées
Par l’angoisse et la peur
Ivres de désespoir
Et regardant blafards
Jaillir du crématoire
La sinistre lueur.


Où ont-ils disparu
Ces petits enfants juifs
Et ces enfants tziganes
Que nul n’a plus revus.


Vous qui dites aujourd’hui
Que ce n’était pas vrai
Dites, mais dites-nous,
Que sont-ils devenus ?

 

* Les enfants qui attendaient leur départ vers l’inconnu dans les camps de Drancy, de Pithiviers, etc., appelaient cet ailleurs mystérieux « Pitchipoï ».

 

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11 février, 2009

Témoignage de Françoise Comte, résistante, déportée.

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 3:38

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Françoise Comte, venue témoigner au collège Louise Michel, le 11 mars 2008.

 

« Lorsqu’on n’était ni juif, ni tzigane, ni polonais, ni…
mais seulement une enfant française, de 16 ans et demi, ayant obtenu son bac, ayant fait du sport d’équipe (hand-ball) et de l’athlétisme (championne de Normandie du 300m) sachant jardiner, bêcher, faucher à la faux, traire les vaches, élever lapins et poules, sachant coudre, tricoter, participer aux tâches ménagères…
ayant beaucoup lu (entre autre « Mein Kampf » , les livres de Pearl Buck sur le début de la révolution communiste en Chine , sur les cas de conscience des Alsaciens entre 1870 et 1918, etc.).

Lorsqu’on est une adolescente française ayant partagé la résistance de son père et de sa famille au régime nazi, qu’on est arrêtée, enfermée pendant presque un an dans les prisons allemandes, dans une promiscuité multiple et pas très bien comprise parce que ne connaissant pas le milieu de la prostitution ( à un moment donné dans ma cellule nous étions 13 dont 12 filles de trottoir ou de bordel de Rouen)
Lorsqu’on n’a pas parlé sous les coups de schlague pendant les interrogatoires (c’est à dire qu’on a fait son devoir).
Lorsqu’on n’a jamais entendu parler de politique, ni des communistes, et qu’on vous fait vivre le mépris de ceux-ci parce que vous avez été scolarisée, vous déniant toute sorte de capacité (la lutte des classes à l’envers ? ).
Lorsqu’on n’a pas connu ce qu’est un rapport amoureux et sexuel (car nous étions nombreux dans ce cas, à 16 ans en 1943).
Alors, lorsqu’on vous jette en prison et plus tard en camp de concentration vous n’avez pas d’adolescence, vous passez directement dans le monde des adultes.

Dans les camps vous travaillez comme les adultes, vous ne mangez pas plus qu’eux, vous ne pouvez pas plus vous laver, vous subissez les mêmes appels, vous avez autant qu’eux peur des coups de gummi, vous n’avez pas plus de place dans les châlits à partager, vous avez autant que les adultes peur des bombardements…
Votre jeunesse vous fait peut être esquiver un peu les coups, vous permet peut-être de mieux pouvoir vous cacher, vous « organiser » peut-être un peu plus efficacement…

Si vous avez la chance de vous en sortir, de ces camps, votre corps se
souvient toujours des coups, des carences, des appels, du froid, de la faim de la peur…
Si vous avez la chance de revenir vous vous souvenez des adultes autour de vous, protecteurs certainement, mais ayant leurs conversations d’adultes, chacune ayant pour référence son milieu social, son passé et ses rêves d’avenir…
Nos rêves d’avenir ? Vivre, sortir de là, avec une sorte de fureur, ce qu’on doit appeler l’instinct de survie.
La déportation, c’est une deuxième peau, invisible, douloureuse, qu’il a fallu maîtriser pour faire face au vide de la famille disparue dans la tourmente, de la maison pillée par l’occupant et les voisins…pour faire face à l’incompréhension de ceux qui étaient restés en France et se justifiaient des misères subies pendant l’occupation.
La déportation, c’est mon adolescence confisquée, c’est peut-être aussi la chance de ma vie (puisque j’en suis revenue), c’est une partie de ce je suis aujourd’hui, c’est ce qui fait certainement que je ressens douloureusement la vision des images des conflits qui existent à travers le monde aujourd’hui ».

Françoise Comte

 

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