Vive la Résistance.

26 juillet, 2010

Programme des cérémonies dans les départements de la Sarthe et de l’Orne, des cérémonies du 66ème anniversaire de la Libération.

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La cérémonie du 12 août 2009, devant la stèle à la mémoire de Roger Rémy. De gauche à droite : Christophe Bayard, Yves Giraud, André Ambrosi, Casimir Broquère, Pierre Guilbert.

Programme des cérémonies

 

Département de la Sarthe :

Mardi 10 août 2010

Commune de Mézières-sur-Ponthouin

11 heures 30 : cérémonie sur le site du Sablon.

12 heures : cérémonie au cimetière.

Mercredi 11 août 2010

Commune de Saint-Germain-sur-Sarthe

10 heures : cérémonie au carrefour de la Hutte (stèle de la 2ème D.B.).

10 heures 30 : cérémonie au monument aux morts du bourg.

Commune d’Ancinnes

18 heures : cérémonie à la stèle de la 2ème D.B.


Département de l’Orne :

Jeudi 12 août 2010

Ville d’Alençon

10 heures 50 : cérémonie au monument maréchal Leclerc (près du Pont Neuf).

Organisation « Vive la Résistance » et Fondation de la France Libre :

17 heures : cérémonie à la stèle en hommage à Roger Rémy.

18 heures : cérémonie à la Croix de Médavy (près du char Valois).

18 heures 45 : cérémonie à la stèle du Carrefour du Point du Jour (commune du Cercueil).

19 heures 15 : Cérémonie à Francheville Hommage à Jacques Herryet et à l’escadron Branet.

 

Vendredi 13 août 2010

Commune d’Écouché

11 heures 30 : cérémonie au cimetière

12 heures : cérémonie devant le char Massaoua

 

Samedi 21 août 2010

Mémorial de Coudéhard-Montormel

Commémoration de la fin de la Bataille de Normandie.
En présence des anciens de la Première Division Blindée Polonaise, de délégations d’Ambassades étrangères.

16 heures : messe solennelle pour la Paix en souvenir des victimes.

17 heures : dépôt de gerbes.

 

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6 décembre, 2009

Le groupe Rochambeau par Madame Rosette Peschaud.

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Nous publions ci-dessous un article dans lequel Madame Rosette Peschaud, ancienne « Rochambelle » de la Division Leclerc, évoque l’histoire de cette unité féminine qui a suivi la 2ème D.B. durant toute la Campagne de France et d’Allemagne. 

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Le 25 août 2008, M. Bertrand Delanoé, maire de Paris, salue Rosette Peschaud, ancienne « Rochambelle », et Serge Borochovitch, président d’honneur de « Vive la Résistance ».

 

Le groupe Rochambeau 

 

« Il nous est impossible d’imaginer quel aurait été notre destin si, en 1943/1944, nous ne nous étions pas engagées dans la 2ème D.B.  Le groupe Rochambeau fut fondé en 1943 à New York par une américaine, le commandant Florence Conrad, grâce à des dons qu’elle sollicitait, elle put acquérir 19 ambulances, elle se choisit une adjointe, le Lieutenant Suzanne Torrès, qui deviendra plus tard madame Massu, recruta sur place 12 Françaises, embarqua femmes et véhicules sur le «Pasteur » et se retrouva à Rabat. Elle réussit à faire admettre le groupe dans la 2ème D.B. en formation. Le général Leclerc fut plus séduit par le matériel que par le personnel féminin et il avertit qu’il n’admettait celui-ci que « jusqu’à Paris ». Le Lieutenant Suzanne Torrès possède une personnalité hors du commun. C’est une parfaite organisatrice et elle entreprend de compléter l’effectif en sélectionnant 24 jeunes femmes au Maroc. Alors a commencé l’instruction des recrues, rapidement baptisées « Rochambelles » par les soldats. Nous servions sous les ordres d’un adjudant du Bataillon médical. Avait-il reçu mission de nous décourager ? … Toujours est-il que nous avons été traitées durement et c’est aux encouragements de Suzanne Torrès que nous devons d’avoir été intégrées et admises par les soldats de la Division Leclerc. Nous avons surmonté ce premier obstacle. 

Intégration qui fut surtout effective après le débarquement en Normandie à Utah Beach où le général Leclerc et ses hommes purent constater, non sans surprise, qu’une femme était susceptible de manifester un courage égal à celui des hommes. Nous suivions les régiments au combat et, dès qu’un blessé était signalé, nous avions à doubler les colonnes blindées composées de chars, half track, camions, etc. parfois, jusqu’au char de tête, accompagnées d’une jeep sur laquelle se trouvaient un médecin et un infirmier qui, avec notre assistance, donnaient immédiatement les premiers soins : transfusion de plasma, garrot, pansement… Une fois ces blessés chargés dans l’ambulance, nous les conduisions à l’hôpital de « triage et de traitement », toujours dans un rayon de 30 km où les chirurgiens de la 2ème D.B. et les infirmières, soit les soignaient s’ils étaient légèrement atteints, soit les évacuaient vers les performantes antennes chirurgicales américaines auxquelles nos blessés faisaient toute confiance. Nous devions alors retourner aux lieux du combat pour d’autres évacuations souvent sous des barrages d’artillerie. 

La présence des femmes se justifiait-elle dans une division blindée ? Des hommes auraient sans doute aussi bien évacué les blessés, mais l’accueil affectueux que les jeunes femmes que nous étions leur réservions, faisait que dès les portes de l’ambulance refermées sur eux, ils se sentaient en sécurité. Ils savaient que rien ne nous arrêterait sur la voie de leur salut. C’était non seulement notre devoir, c’était notre volonté profonde. Le blessé devenait notre enfant qu’il fallait sauver à tout prix. Nous avons été immédiatement récompensées de notre dévouement par l’affectueuse, la respectueuse considération des hommes. 

A Paris, le général nous a réunies à Bagatelle, où nous avions notre cantonnement au bord de l’étang aux nénuphars, pour nous dire qu’eu égard à notre conduite « il nous gardait » et nous avons eu le privilège de partager les dangers de la 2ème D.B., mais aussi ses chagrins, ses victoires, ses joies, et d’être incluses dans la fraternité, la cohésion qui est la caractéristique de notre association, à laquelle nous continuons toutes d’apporter présence aux manifestations et prestations pour les tâches quotidiennes. Nous ne sommes pas sorties intactes de la 2ème D.B., nous y avons acquis maîtrise de nous-mêmes, dévouement spontané devant la souffrance, ouverture aux autres, Foi dans la destinée de notre pays. Le nom « groupe Rochambeau » a été donné au service Médical du 501ème et du 503ème Régiment de Char de Combat et Hôpital Rochambeau aux locaux de l’infirmerie. 

C’est un grand honneur, Florence Conrad, Suzanne Massu et les cinq Rochambelles qui ont laissé la vie à la 2ème D.B. auraient apprécié de voir se poursuivre leur mémoire et celle de leurs compagnes dans un régiment décoré de la Croix de la Libération et où nous avons servi. » 

Rosette Peschaud 

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1 octobre, 2009

Biographie de Léon Baudon.

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Mr Léon Baudon.

 

Léon Baudon est né à Londres le 9 juillet 1921 d’une mère anglaise et d’un père français.
Après avoir passé une partie de sa jeunesse en France, il se trouve en Angleterre au moment des événements de 1940.
Engagé dans les Forces Françaises Libres (contre l’avis de sa famille anglaise) le 21 février 1941, il est envoyé comme mécanicien au camp de Camberley puis affecté à la 2ème Compagnie de Chars qui, à l’époque, ne comptait que trois chenillettes « Lorraine ».
Au mois d’août 1941, il embarque pour l’Afrique noire à bord du « Northumberland », un cargo destiné au transport de la viande. Il débarque à Pointe Noire (Congo) puis est dirigé vers Brazzaville. De là, sur un bateau à roues appelé « Le Fondere », il remonte le Congo, puis l’Oubangui jusqu’à Bangui (à cette époque la capitale de l’Oubangui-Chari devenue la République Centrafricaine).
Arrivé à Bangui le 22 novembre 1941, il participe à l’acheminement de camions chargés de fûts d’essence et de matériel vers Fort-Archambault au Sud du Tchad. Il y séjourne jusqu’au début du mois de janvier 1942.
Il reçoit ensuite l’ordre de convoyer des camions neufs vers Fort-Lamy (convoyage rendu très difficile du fait d’un sabotage des réservoirs !). Il se trouve à Fort-Lamy lors du bombardement de l’aérodrome par l’aviation ennemie le 22 janvier 1942, vers 14 heures.
Léon Baudon quitte Fort-Lamy en mars 1942 pour Kano, ville du Nigéria alors colonie anglaise. Il y rejoint la 2ème Compagnie de Chars où il effectue des travaux de mise au point sur les radiateurs de chars.
Il prend l’avion pour Le Caire, via Khartoum, le 12 février 1943 et arrive à Tripoli le 16 février. Il est ensuite dirigé vers Sabratha (Tripolitaine) où il devient infirmier sous les ordres du médecin-chef Krementchouski.
Son épopée africaine s’achève au Maroc. Affecté à la 2ème Division Blindée, au sein du 501ème Régiment de Chars de Combat, il embarque le 9 avril 1944 à Casablanca (Maroc) sur un LST (Landing Ship Tank) à destination du Royaume-Uni (Swansea au Sud du Pays de Galles).
Léon Baudon débarque en France avec son unité à Sainte-Marie du Mont, au Nord de Carentan, le 3 août 1944 ; c’est le jour tant attendu !
Il participe aux durs combats de la forêt d’Écouves et d’Écouché lors de la Campagne de Normandie.
Après la libération de Paris, il est blessé lors de la Campagne des Vosges à Chatel-sur-Moselle, le 19 septembre 1944. Rétabli, il rejoint son unité le 14 novembre 1944 et poursuit l’épopée jusqu’en Allemagne.
Il est démobilisé en Angleterre le 11 octobre 1945.

 

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8 septembre, 2009

12 août 1944 : de la Libération d’Alençon à la Bataille de la Croix de Médavy.

Classé sous CEREMONIE,COMMEMORATION,HISTOIRE,HOMMAGE — vivelaresistance. @ 17:41

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Cérémonie du 12 août 2009, Croix de Médavy. Au premier plan, devant le char, à gauche : M. Roger Doré, porte-drapeau national de la 2ème D.B.
(Crédit photo : Paul Guilbert)

 

Le samedi 12 août 1944 au matin, il fait un soleil magnifique, Alençon vient d’être libérée dans la nuit !
Le sous-lieutenant Mucchieli note dans le journal du 4ème Escadron du 12ème Cuir. « Des acclamations folles montent vers nous. Des groupes entiers d’hommes et de femmes s’agitent en criant : « Vivent les Américains ». Comme nous répondons par des exclamations bien françaises, on crie : « Ce sont des Canadiens ». Quand nous leur montrons la croix de Lorraine que nous portons sur nos chars et nos poitrines, la nouvelle court dans la ville et nous revient grossie de larmes et de cris d’enthousiasme ».
Les blindés du GTV (Groupement Tactique Warabiot) traversent Alençon : rue du Pont-Neuf (où ils passent devant le général assis sur une chaise au bord de la route), Grande Rue (ils passent devant l’église Notre-Dame), poursuivent par la rue Saint-Blaise pour se regrouper à la sortie de la ville.
En fin de matinée, le général Leclerc et son PC Avant quittent Alençon pour Sées. Les premiers éléments de la 2ème D.B. y rejoignent l’avant-garde de la 5ème D.B. US (dont l’objectif est Argentan par la N 158) créant un embouteillage indescriptible dans les rues de la ville et sur la place de la cathédrale.
Avec son audace habituelle, Leclerc a en effet décidé d’utiliser momentanément l’itinéraire des Américains pour effectuer une manœuvre « à front renversé » en forêt d’Écouves. Il en sera ensuite félicité par le général Haislip, commandant le XVème Corps d’Armée US.
Leclerc ordonne au Sous-Groupement Putz de se porter au Nord de la forêt d’Écouves par la N 808 (qui mène à Carrouges) tandis que le colonel Warabiot est lancé vers Mortrée puis Écouché.
Très brillant officier, le lieutenant-colonel Joseph Putz, qui est un ancien de la première guerre mondiale, a aussi commandé les Français des Brigades internationales dans la Guerre d’Espagne (ce Compagnon de la Libération sera tué à Grussenheim, en Alsace, le 28 janvier 1945).
La fusillade éclate aux lisières mêmes de Sées avec des éléments de la 116ème Panzer qui sont réduits au silence en moins de deux heures.
Arrivé au carrefour du Point-du-Jour vers 17 heures (près de Tanville), Putz reçoit l’ordre de lancer son Sous-Groupement plein Sud (sur la D26) à la rencontre des Spahis du lieutenant-colonel Roumiantzoff bloqués aux lisières Sud de la forêt d’Écouves (à la hauteur des Gateys). Il est plus de 18 heures et les hommes sont assez inquiets d’avoir à s’enfoncer dans ce guêpier tenu par la 9ème Panzer.
A moins de 100 mètres du carrefour de la Croix de Médavy, la prise de contact avec l’ennemi est très violente : plusieurs chars de la 2ème Compagnie du 501ème R.C.C. sont mis hors de combat (dont le MONTEREAU qui est exposé à Alençon dans l’ancien Quartier Lyautey). Ça mitraille de tous les côtés, tirs au lance-roquettes, jets de grenades…la forêt brule par endroits et la visibilité est mauvaise. Emmenés par l’adjudant-chef Aimé Teisseire et le lieutenant Michel Carage (tous deux ont été faits Compagnons de la Libération), les fantassins de la 10ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad font un très gros travail pour nettoyer le secteur. Le lieutenant Serge Borochovitch, adjoint du capitaine Sarazac, commandant la Compagnie, est grièvement blessé et évacué vers l’Angleterre. Engagé dans la France Libre dès juin 1940, à l’âge de 19 ans, il a été de tous les combats avec Leclerc depuis le Tchad ; rétablit, il reprendra sa place quelques semaines plus tard dans les Vosges.
La nuit s’empare progressivement de la forêt, les hommes du commandant Putz organisent un dispositif de défense et restent sur place (les plus avancés sont à 1500 mètres au Sud de la Croix de Médavy). Ils n’effectueront la jonction avec les hommes de Roumiantzoff (dont ils ne sont séparés que de quatre kilomètres) que le lendemain matin vers 9 heures.
Au soir de cette journée, le général établit son PC au carrefour du Point-du-Jour, appelé aussi « carrefour du Cercueil ». En plein dans les lignes ennemies ! Mais Leclerc a la baraka et il sait qu’il vient de bousculer profondément l’ennemi et de remporter une belle partie dans cette Bataille de Normandie qui n’est pas encore terminée.
Belle journée également pour Alençon qui évite la destruction et entre dans l’Histoire comme la première ville française libérée par des Français. La légende est en marche.

Christophe Bayard

 

Drapeau National 2ème DB

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la ville d’Alençon, inscrite en lettes d’or, sur le drapeau national de la 2ème D.B.

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14 juillet, 2009

Hommage à Maurice Mallet et Jacques Hochin.

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Maurice MALLET

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Maurice Mallet, né à Saint Denis sur Sarthon en 1923.
Sergent des Forces Françaises de l’Intérieur de l’Orne, Croix de guerre, Médaille de la Résistance.

 

Dès le 29 Mai 1940 il n’accepte pas que la France soit vaincue sans se battre jusqu’au bout. Il veut rejoindre l’Armée de l’Air et pour cela, il imite la signature de sa mère sur son acte d’engagement car il a seulement dix sept ans.Les autorités militaires le refusent, le trouvant trop jeune.En 1941, Il part pour Istres et devient Aspirant de l’Armée de l’Air.
En 1942, les Allemands envahissent la zone Sud. Il tente alors de rejoindre l’Afrique avec l’espoir d’aller en Angleterre pour se rallier au Général de Gaulle mais les circonstances ne le lui permettent pas. Il revient à Saint-Denis et devient le responsable du Groupe VII de la
Résistance d’Alençon.
Le Bureau de Londres le compte dans ses effectifs à partir du 1er Décembre 1942.

Jacques HOCHIN

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Jacques Hochin, né à Fresnay sur Sarthe en 1921.
Soldat des Forces Françaises de l’Intérieur de l’Orne, Croix de guerre, Médaille de la Résistance.

 

En 1941, Il est convoqué au Mans par le Service du Travail Obligatoire et part pour cette ville. Il poste une lettre à sa mère lui confirmant sa volonté de se rendre en Allemagne ce qui la protège en cas de représailles.
Cette stratégie lui permet de se cacher à Saint-Denis-sur-Sarthon.
C’est là qu’il est entré en contact avec André Mallet du Groupe VII.

Bref rappel historique :

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, des mouvements de
résistance contre l’occupation allemande se sont organisés
dans le département de l’Orne. Parmi eux, le Groupe VII de
Saint-Denis-sur-Sarthon, rattaché à l’Armée Secrète d’Alençon
avait été constitué par :

André et Maurice Mallet,
Jacques Hochin,
Bernard Dufrou
Pierre Dambry
Bernard Fresnay
Raymond Justice
André et René Sylvestre
Roger Piard

Ces jeunes hommes refusaient l’occupation nazie et étaient
des réfractaires du Service du Travail Obligatoire.
Le groupe VII participait aux actions du Plan « Tortue » (aide
apportée par la Résistance française aux Alliés au moment de la Libération).
Afin d’être plus en sécurité, ils s’étaient repliés dans une maison isolée formant ainsi le Maquis de Courtemiche et préparaient leurs actions de harcèlement contre l’ennemi (abattage d’arbres pour provoquer des barrages routiers, coupures de réseaux téléphoniques, etc.). Ils stockaient les armes récupérées lors des parachutages des Alliés dans des caches naturelles qu’offrait la forêt, et se tenaient prêts pour participer à la libération de la région. Il y avait avec eux, Samba Konaté et Jean Azéma, deux soldats français africains qui avaient été faits prisonniers par les nazis et laissés sur le territoire français.
Mais, depuis le Débarquement des Alliés en Normandie le 6 Juin 1944, de véritables opérations de ratissage étaient systématiquement lancées par les Allemands contre les petits maquis qui s’étaient constitués dans le département de l’Orne.
Le 24 Juillet 1944, au matin, M. Bouilhac, Chef de la Résistance d’Alençon est arrêté à son domicile par la Gestapo.
Accompagné d’un officier allemand et de deux autres français endimanchés, Bernard Jardin, chef de la Gestapo française de l’Orne, conduit l’expédition. Tous se rendent dans l’après midi à Saint-Denis-sur-Sarthon.
Maurice Mallet est arrêté brutalement chez sa mère. Il est conduit jusqu’au maquis où Jacques Hochin monte la garde près d’un Fusil Mitrailleur. Sous la contrainte, les deux jeunes résistants doivent montrer où sont cachées les autres armes et les transporter jusqu’à la Traction Citroën laissée dans la cour du moulin de la Sourdière, un peu plus bas. Pour finir la Gestapo tente de détruire la maison par le feu.
Bernard Dufrou, arrivé sur les lieux entretemps pour prévenir de l’arrestation de Maurice, est lui aussi fait prisonnier.
Le triste cortège redescend vers le moulin de la Sourdière. Les trois jeunes gens sont mis en posture d’exécution dans la cour. L’officier nazi délègue la sinistre besogne et va s’amuser avec le petit chien du moulin. Sous la menace des mitraillettes des trois Français Gestapistes, les jeunes résistants, à genoux, demandent à réciter leur prière. Jardin ordonne brutalement qu’ils se relèvent. Les cris fusent : «Vive la France» avant que Bernard Jardin n’abatte Maurice puis Jacques d’une rafale dans la nuque. Profitant du moment où Jardin rechargeait son arme et du manque de réaction des deux autres, Bernard Dufrou s’enfuit, réussit à se protéger en passant derrière la voiture ; on tire sur lui mais il parvient à aller dans le bois grâce à la pénombre qui s’installe et à rester caché malgré ses graves blessures.
C’est grâce à son témoignage que l’on connait les circonstances de la mort héroïque des deux jeunes garçons.

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