Vive la Résistance.

26 juillet, 2010

Programme des cérémonies dans les départements de la Sarthe et de l’Orne, des cérémonies du 66ème anniversaire de la Libération.

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La cérémonie du 12 août 2009, devant la stèle à la mémoire de Roger Rémy. De gauche à droite : Christophe Bayard, Yves Giraud, André Ambrosi, Casimir Broquère, Pierre Guilbert.

Programme des cérémonies

 

Département de la Sarthe :

Mardi 10 août 2010

Commune de Mézières-sur-Ponthouin

11 heures 30 : cérémonie sur le site du Sablon.

12 heures : cérémonie au cimetière.

Mercredi 11 août 2010

Commune de Saint-Germain-sur-Sarthe

10 heures : cérémonie au carrefour de la Hutte (stèle de la 2ème D.B.).

10 heures 30 : cérémonie au monument aux morts du bourg.

Commune d’Ancinnes

18 heures : cérémonie à la stèle de la 2ème D.B.


Département de l’Orne :

Jeudi 12 août 2010

Ville d’Alençon

10 heures 50 : cérémonie au monument maréchal Leclerc (près du Pont Neuf).

Organisation « Vive la Résistance » et Fondation de la France Libre :

17 heures : cérémonie à la stèle en hommage à Roger Rémy.

18 heures : cérémonie à la Croix de Médavy (près du char Valois).

18 heures 45 : cérémonie à la stèle du Carrefour du Point du Jour (commune du Cercueil).

19 heures 15 : Cérémonie à Francheville Hommage à Jacques Herryet et à l’escadron Branet.

 

Vendredi 13 août 2010

Commune d’Écouché

11 heures 30 : cérémonie au cimetière

12 heures : cérémonie devant le char Massaoua

 

Samedi 21 août 2010

Mémorial de Coudéhard-Montormel

Commémoration de la fin de la Bataille de Normandie.
En présence des anciens de la Première Division Blindée Polonaise, de délégations d’Ambassades étrangères.

16 heures : messe solennelle pour la Paix en souvenir des victimes.

17 heures : dépôt de gerbes.

 

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6 décembre, 2009

Le groupe Rochambeau par Madame Rosette Peschaud.

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Nous publions ci-dessous un article dans lequel Madame Rosette Peschaud, ancienne « Rochambelle » de la Division Leclerc, évoque l’histoire de cette unité féminine qui a suivi la 2ème D.B. durant toute la Campagne de France et d’Allemagne. 

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Le 25 août 2008, M. Bertrand Delanoé, maire de Paris, salue Rosette Peschaud, ancienne « Rochambelle », et Serge Borochovitch, président d’honneur de « Vive la Résistance ».

 

Le groupe Rochambeau 

 

« Il nous est impossible d’imaginer quel aurait été notre destin si, en 1943/1944, nous ne nous étions pas engagées dans la 2ème D.B.  Le groupe Rochambeau fut fondé en 1943 à New York par une américaine, le commandant Florence Conrad, grâce à des dons qu’elle sollicitait, elle put acquérir 19 ambulances, elle se choisit une adjointe, le Lieutenant Suzanne Torrès, qui deviendra plus tard madame Massu, recruta sur place 12 Françaises, embarqua femmes et véhicules sur le «Pasteur » et se retrouva à Rabat. Elle réussit à faire admettre le groupe dans la 2ème D.B. en formation. Le général Leclerc fut plus séduit par le matériel que par le personnel féminin et il avertit qu’il n’admettait celui-ci que « jusqu’à Paris ». Le Lieutenant Suzanne Torrès possède une personnalité hors du commun. C’est une parfaite organisatrice et elle entreprend de compléter l’effectif en sélectionnant 24 jeunes femmes au Maroc. Alors a commencé l’instruction des recrues, rapidement baptisées « Rochambelles » par les soldats. Nous servions sous les ordres d’un adjudant du Bataillon médical. Avait-il reçu mission de nous décourager ? … Toujours est-il que nous avons été traitées durement et c’est aux encouragements de Suzanne Torrès que nous devons d’avoir été intégrées et admises par les soldats de la Division Leclerc. Nous avons surmonté ce premier obstacle. 

Intégration qui fut surtout effective après le débarquement en Normandie à Utah Beach où le général Leclerc et ses hommes purent constater, non sans surprise, qu’une femme était susceptible de manifester un courage égal à celui des hommes. Nous suivions les régiments au combat et, dès qu’un blessé était signalé, nous avions à doubler les colonnes blindées composées de chars, half track, camions, etc. parfois, jusqu’au char de tête, accompagnées d’une jeep sur laquelle se trouvaient un médecin et un infirmier qui, avec notre assistance, donnaient immédiatement les premiers soins : transfusion de plasma, garrot, pansement… Une fois ces blessés chargés dans l’ambulance, nous les conduisions à l’hôpital de « triage et de traitement », toujours dans un rayon de 30 km où les chirurgiens de la 2ème D.B. et les infirmières, soit les soignaient s’ils étaient légèrement atteints, soit les évacuaient vers les performantes antennes chirurgicales américaines auxquelles nos blessés faisaient toute confiance. Nous devions alors retourner aux lieux du combat pour d’autres évacuations souvent sous des barrages d’artillerie. 

La présence des femmes se justifiait-elle dans une division blindée ? Des hommes auraient sans doute aussi bien évacué les blessés, mais l’accueil affectueux que les jeunes femmes que nous étions leur réservions, faisait que dès les portes de l’ambulance refermées sur eux, ils se sentaient en sécurité. Ils savaient que rien ne nous arrêterait sur la voie de leur salut. C’était non seulement notre devoir, c’était notre volonté profonde. Le blessé devenait notre enfant qu’il fallait sauver à tout prix. Nous avons été immédiatement récompensées de notre dévouement par l’affectueuse, la respectueuse considération des hommes. 

A Paris, le général nous a réunies à Bagatelle, où nous avions notre cantonnement au bord de l’étang aux nénuphars, pour nous dire qu’eu égard à notre conduite « il nous gardait » et nous avons eu le privilège de partager les dangers de la 2ème D.B., mais aussi ses chagrins, ses victoires, ses joies, et d’être incluses dans la fraternité, la cohésion qui est la caractéristique de notre association, à laquelle nous continuons toutes d’apporter présence aux manifestations et prestations pour les tâches quotidiennes. Nous ne sommes pas sorties intactes de la 2ème D.B., nous y avons acquis maîtrise de nous-mêmes, dévouement spontané devant la souffrance, ouverture aux autres, Foi dans la destinée de notre pays. Le nom « groupe Rochambeau » a été donné au service Médical du 501ème et du 503ème Régiment de Char de Combat et Hôpital Rochambeau aux locaux de l’infirmerie. 

C’est un grand honneur, Florence Conrad, Suzanne Massu et les cinq Rochambelles qui ont laissé la vie à la 2ème D.B. auraient apprécié de voir se poursuivre leur mémoire et celle de leurs compagnes dans un régiment décoré de la Croix de la Libération et où nous avons servi. » 

Rosette Peschaud 

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8 septembre, 2009

12 août 1944 : de la Libération d’Alençon à la Bataille de la Croix de Médavy.

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Cérémonie du 12 août 2009, Croix de Médavy. Au premier plan, devant le char, à gauche : M. Roger Doré, porte-drapeau national de la 2ème D.B.
(Crédit photo : Paul Guilbert)

 

Le samedi 12 août 1944 au matin, il fait un soleil magnifique, Alençon vient d’être libérée dans la nuit !
Le sous-lieutenant Mucchieli note dans le journal du 4ème Escadron du 12ème Cuir. « Des acclamations folles montent vers nous. Des groupes entiers d’hommes et de femmes s’agitent en criant : « Vivent les Américains ». Comme nous répondons par des exclamations bien françaises, on crie : « Ce sont des Canadiens ». Quand nous leur montrons la croix de Lorraine que nous portons sur nos chars et nos poitrines, la nouvelle court dans la ville et nous revient grossie de larmes et de cris d’enthousiasme ».
Les blindés du GTV (Groupement Tactique Warabiot) traversent Alençon : rue du Pont-Neuf (où ils passent devant le général assis sur une chaise au bord de la route), Grande Rue (ils passent devant l’église Notre-Dame), poursuivent par la rue Saint-Blaise pour se regrouper à la sortie de la ville.
En fin de matinée, le général Leclerc et son PC Avant quittent Alençon pour Sées. Les premiers éléments de la 2ème D.B. y rejoignent l’avant-garde de la 5ème D.B. US (dont l’objectif est Argentan par la N 158) créant un embouteillage indescriptible dans les rues de la ville et sur la place de la cathédrale.
Avec son audace habituelle, Leclerc a en effet décidé d’utiliser momentanément l’itinéraire des Américains pour effectuer une manœuvre « à front renversé » en forêt d’Écouves. Il en sera ensuite félicité par le général Haislip, commandant le XVème Corps d’Armée US.
Leclerc ordonne au Sous-Groupement Putz de se porter au Nord de la forêt d’Écouves par la N 808 (qui mène à Carrouges) tandis que le colonel Warabiot est lancé vers Mortrée puis Écouché.
Très brillant officier, le lieutenant-colonel Joseph Putz, qui est un ancien de la première guerre mondiale, a aussi commandé les Français des Brigades internationales dans la Guerre d’Espagne (ce Compagnon de la Libération sera tué à Grussenheim, en Alsace, le 28 janvier 1945).
La fusillade éclate aux lisières mêmes de Sées avec des éléments de la 116ème Panzer qui sont réduits au silence en moins de deux heures.
Arrivé au carrefour du Point-du-Jour vers 17 heures (près de Tanville), Putz reçoit l’ordre de lancer son Sous-Groupement plein Sud (sur la D26) à la rencontre des Spahis du lieutenant-colonel Roumiantzoff bloqués aux lisières Sud de la forêt d’Écouves (à la hauteur des Gateys). Il est plus de 18 heures et les hommes sont assez inquiets d’avoir à s’enfoncer dans ce guêpier tenu par la 9ème Panzer.
A moins de 100 mètres du carrefour de la Croix de Médavy, la prise de contact avec l’ennemi est très violente : plusieurs chars de la 2ème Compagnie du 501ème R.C.C. sont mis hors de combat (dont le MONTEREAU qui est exposé à Alençon dans l’ancien Quartier Lyautey). Ça mitraille de tous les côtés, tirs au lance-roquettes, jets de grenades…la forêt brule par endroits et la visibilité est mauvaise. Emmenés par l’adjudant-chef Aimé Teisseire et le lieutenant Michel Carage (tous deux ont été faits Compagnons de la Libération), les fantassins de la 10ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad font un très gros travail pour nettoyer le secteur. Le lieutenant Serge Borochovitch, adjoint du capitaine Sarazac, commandant la Compagnie, est grièvement blessé et évacué vers l’Angleterre. Engagé dans la France Libre dès juin 1940, à l’âge de 19 ans, il a été de tous les combats avec Leclerc depuis le Tchad ; rétablit, il reprendra sa place quelques semaines plus tard dans les Vosges.
La nuit s’empare progressivement de la forêt, les hommes du commandant Putz organisent un dispositif de défense et restent sur place (les plus avancés sont à 1500 mètres au Sud de la Croix de Médavy). Ils n’effectueront la jonction avec les hommes de Roumiantzoff (dont ils ne sont séparés que de quatre kilomètres) que le lendemain matin vers 9 heures.
Au soir de cette journée, le général établit son PC au carrefour du Point-du-Jour, appelé aussi « carrefour du Cercueil ». En plein dans les lignes ennemies ! Mais Leclerc a la baraka et il sait qu’il vient de bousculer profondément l’ennemi et de remporter une belle partie dans cette Bataille de Normandie qui n’est pas encore terminée.
Belle journée également pour Alençon qui évite la destruction et entre dans l’Histoire comme la première ville française libérée par des Français. La légende est en marche.

Christophe Bayard

 

Drapeau National 2ème DB

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la ville d’Alençon, inscrite en lettes d’or, sur le drapeau national de la 2ème D.B.

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1 mai, 2009

Biographie de Serge Ravanel.

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Le colonel F.F.I. Serge Ravanel, au micro, après la libération de Toulouse.

 

Serge Asher est né le 12 mai 1920 à Paris. Sa mère, d’origine tchèque, réfugiée à Paris en 1919, était commissionnaire en haute couture et son beau-père agent en Afrique noire d’une grande société commerciale. Très jeune, Serge Ravanel est marqué par l’expérience personnelle de sa mère, qui avait participé au mouvement d’indépendance en Tchécoslovaquie, avant de décider de s’installer en France, pays qui « incarnait, à ses yeux, la Liberté, la Révolution de 1789, la République, les Droits de l’Homme ». Serge Ravanel prend très tôt conscience des menaces qui planaient sur l’Europe puisqu’en septembre 1937, il séjourne à Vienne chez des amis juifs autrichiens qui lui font part de leurs craintes envers le régime nazi ; ces amis durent d’ailleurs se réfugier en France en 1938, après l’annexion de l’Autriche, et firent partie des 1017 déportés juifs embarqués à Drancy le 6 septembre 1942 en direction d’Auschwitz, où ils trouvèrent la mort.
En raison des voyages qu’il effectuait à cette époque en Europe centrale, Serge Ravanel a ainsi compris la réalité et la gravité de la situation : « J’en savais beaucoup plus que mes camarades sur la situation à l’étranger. Je n’ignorais pas qui était Hitler. J’avais vu la morgue des policiers allemands qui circulaient dans les trains. La peur qu’ils inspiraient était visible. Les voyageurs jetaient des regards furtifs d’animaux pris au piège. Je découvris que la peur avait une odeur ».

Après des études secondaires au lycée Louis-le-Grand, il entre en septembre 1939 à l’Ecole Polytechnique. Affecté le 1er avril 1940 à l’Ecole d’officiers d’artillerie de Fontainebleau, il est envoyé, au lendemain de l’Armistice, dans un chantier de jeunesse en Savoie. En novembre 1940, les autorités militaires lui donnent l’ordre de rejoindre l’École Polytechnique, repliée à Lyon dans l’enceinte de l’École de santé militaire.  Il fait alors partie de ces nombreux Français qui accordent au départ leur confiance au maréchal Pétain pour redresser la France. Mais cela ne dure pas longtemps. Depuis l’armistice il éprouve des sentiments anti-allemands, beaucoup plus, dit-il, « par besoin de lutter que par antifascisme raisonné ».

En avril 1941, il prend contact avec le général Cochet qui l’inscrit dans son mouvement de Résistance. Ce groupe se bornait à étudier la situation militaire, cherchant à y trouver les raisons de ne pas perdre l’espoir en la victoire. Il rejoint ensuite le groupe des journalistes de la revue Temps Nouveaux qui vient d’être interdite par le Gouvernement et est animé par Stanislas Fumet. Serge Ravanel commence ainsi l’action secrète, prenant un pseudonyme et organisant des groupes de diffusion de presse clandestine, diffusant plusieurs centaines d’exemplaires de journaux chaque semaine dans Lyon et sa banlieue.

De plus en plus engagé, Serge Ravanel faillit adhérer au printemps 1942 au mouvement de Résistance d’obédience gaulliste Combat, qui s’étendait dans toute la zone Sud, car toutes les petites formations qui existaient cherchaient à se fédérer pour coordonner leur action ; mais les aléas de l’action clandestine ne permirent pas la mise en place de cette coopération ; par contre, au mois de juin, il rencontre un dirigeant du mouvement de Résistance Libération-Sud, qui l’embauche pour travailler au secrétariat de l’organisation. Il est alors chargé de porter des courriers, de prendre certains contacts et éventuellement d’assurer des missions de protection. En septembre ; il devient un « permanent » du mouvement, attaché au Comité directeur.

En novembre 1942, Serge Ravanel part pour Marseille, afin d’étudier avec les responsables locaux la mise en place de groupes de sabotage ; or, à la place du correspondant avec lequel il avait rendez-vous, il tombe sur un policier, qui l’arrête immédiatement ; conduit à « l’Évêché » – l’Hôtel de Police de Marseille – Serge Ravanel s’attendait évidemment au pire ; mais il réalise très vite que certains de ces policiers étaient des résistants et qu’ils étaient prêts à faciliter son évasion. Il ne manqua pas de s’évader dès le lendemain de son arrestation. Serge Ravanel parvient alors à rejoindre Lyon.

Le 15 mars 1943, de retour d’une mission à Chambéry, Serge Ravanel est arrêté, ainsi qu’une vingtaine de résistants lyonnais, parmi lesquels Maurice Kriegel et Raymond Aubrac. Après avoir été interrogés, les prisonniers sont incarcérés à la prison Saint-Paul sous l’autorité de l’administration pénitentiaire française. À la suite de cet événement, la direction du mouvement Libération décide d’organiser l’évasion de quelques-uns des prisonniers. Un commando de résistants procède à leur enlèvement, le 24 mai 1943, après qu’ils eurent réussi à se faire transférer à l’hôpital de l’Antiquaille pour cause de maladies simulées.

L’hiver 1942-1943 avait vu fusionner les trois mouvements de Résistance Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur sous le nom de MUR (Mouvements unis de Résistance). Le 12 juin 1943, Serge Ravanel se voit confier les fonctions de chef national des Groupes Francs (GF) par la direction des MUR, avec un adjoint issu de Franc-Tireur et un autre de Combat. C’est à ce moment qu’il prend le pseudonyme de « Ravanel » en souvenir d’un alpiniste de Chamonix. Ils se répartissent les six régions de la zone Sud de la France. Après la nomination de dirigeants nationaux et départementaux, l’objectif principal des GF est de passer à l’action militaire de façon coordonnée, en attendant le débarquement des forces alliées.

Après l’arrestation de Jean Moulin par la Gestapo, le 21 juin 1943, on lui demande de tenter de le libérer. Malheureusement le service de renseignement manque d’informations fiables et il faut un certain temps pour préparer une telle opération. Entre-temps, l’identité de Jean Moulin est découverte par Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, qui le fait transférer à Paris. Les groupes francs des MUR ne peuvent rien tenter.
Arrêté une troisième fois, le 19 octobre 1943, par la police militaire allemande, lors d’une réunion près de Meximieux dans l’Ain, Serge Ravanel s’échappe en sautant par une fenêtre puis, poursuivi, en plongeant dans l’Ain de nuit.
L’organisation des Groupes Francs a inscrit à son actif un nombre élevé d’opérations importantes, comme la libération de Raymond Aubrac, le 21 octobre 1943, après l’attaque en pleine ville de Lyon de la fourgonnette de la Gestapo qui le transportait ou encore la destruction du dépôt de munitions allemand de Grenoble le 13 novembre 1943.

En mars-avril 1944, les dirigeants du Mouvement de Libération Nationale (MLN) se réunissent à Paris, rue des Beaux-Arts, ainsi que le dirigeant de l’Armée Secrète (AS), Malleret, le chef national des maquis, Georges Rebattet, le responsable de l’Action Ouvrière Kriegel, et le chef des GF, Serge Ravanel ; il s’agit de mettre au point le rapprochement avec l’AS, avec la création des CFL, les Corps Francs de la Libération. Serge Ravanel est alors désigné comme responsable du bureau Action (3ème bureau) de l’état-major national des CFL.

Ce sont ses fonctions nationales qui justifient sa venue à Toulouse au début d’avril 1944. Il doit y installer le responsable régional CFL en R4. Mais il n’obtient pas de consensus, aucune personnalité locale ne suscitant l’unanimité. Il est alors amené à occuper personnellement le poste prévu, d’abord à titre provisoire, ensuite de façon officielle et permanente. Dans ce nouveau contexte il est nommé par le général Koenig, le 6 juin 1944, chef régional de l’ensemble des forces militaires régionales de la Résistance qui sont désormais réunies sous le nom de « Forces françaises de l’Intérieur ». Les FFI possèdent un effectif d’environ 50 000 hommes et Serge Ravanel est nommé au grade de colonel FFI. Dans cette nouvelle responsabilité, il développe l’organisation des FFI dans toute la région et en impulse l’unité ainsi que l’aptitude au combat. C’est une action délicate qui se heurte à différentes susceptibilités et oppositions, mais que Serge Ravanel mène à bien.  Il noue des liens avec les différentes formations locales, comme les « groupes Vény » du colonel Vincent dans le Lot, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne, le bataillon gersois de l’Armagnac de Claude Parisot, le Corps Franc de la Montagne Noire, le Corps Franc Pommiès (CFP) et les FTP communistes ; Serge Ravanel réussit à monter cette difficile unification des organisations aux objectifs communs, mais à la composition sociologique et politique différente.

De concert avec Jean Cassou, commissaire de la République, il anime et coordonne avec une grande efficacité les combats de la libération de la région (dénommée du nom de code de R4), du 17 au 24 août 1944, au cours desquels sont faits 13 000 prisonniers et capturés 300 000 tonnes de matériel ainsi que plusieurs avions.

A l’approche de la Libération, Serge Ravanel prépare l’insurrection populaire libératrice, qui est prévue dans le programme du CNR. A la fin mai ou au début juin, il reçoit prés de Toulouse, « dans un village proche de Revel », deux dirigeants de la Résistance intérieure, Pascal Copeau et Marcel Degliame, accompagnés de Maurice Bourgès-Maunoury, le délégué militaire national de la zone Sud. Ils arbitrent en sa faveur un litige existant avec le DMR. Mais la Libération ne se passe pas comme prévu. Il faut improviser et s’adapter aux fluctuations de la conjoncture. Serge Ravanel multiplie les circulaires. Il fait converger sur Toulouse des renforts FFI pour éviter le pire. Ce qui est obtenu. Une aviation FFI est créée, des unités sont envoyées combattre l’ennemi dans le Morvan et à la Pointe de Grave, une école de formation militaire et civique est mise en place à Lespinet… Mais le 20 septembre 1944, un grave accident de moto survenu à Paris, dans des conditions mal élucidées, l’oblige à abandonner son commandement régional au profit de Jean-Pierre Vernant («  Berthier  »).
Le 18 janvier 1946, Serge Ravanel est décoré de l’Ordre de la Libération.

Sa convalescence achevée, Serge Ravanel reprend du service dans l’armée. Il est déçu par l’amalgame. C’est « l’armée de Vichy » qui tire les ficelles. « On n’y aimait pas beaucoup les officiers issus de la Résistance, écrit-il, surtout lorsqu’ils portaient des grades élevés acquis dans les combats ». Chef de bataillon à la fin de la guerre, il est ensuite diplômé d’Etat-major.
Serge Ravanel démissionne de l’armée en 1949.

A partir de là, il se fixe pour règle de faire non pas carrière au sens classique du terme mais de satisfaire son immense curiosité pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Il s’intéresse aux techniques les plus diverses. Il est l’un des créateurs de la télévision grand public dans les années cinquante. Il crée l’informatique dans les Ponts et Chaussées à une époque où on effectuait encore les mesures par des moyens mécaniques. Il s’intéresse au traitement des eaux usées et découvre – ce qui est devenu une évidence mais ne l’était pas à l’époque – que les bactéries utilisées avaient besoin d’une alimentation équilibrée pour se développer. Il aide le professeur Henri Laborit, grand découvreur en biologie, à mettre en application sous forme de médicaments certaines de ses découvertes assurant ainsi la vie de son laboratoire qui ne percevait aucune subvention.

En 1981, il est donc parmi les personnes qui comprenaient le mieux le rôle important que devaient jouer la recherche et la technologie dans le monde moderne. L’intérêt national était de tout faire pour les impulser et les développer. C’est la raison pour laquelle Jean-Pierre Chevènement le prend dans son cabinet lorsqu’il devient ministre de la Recherche et de la Technologie puis ministre de la Recherche et de l’Industrie. Il demeure au ministère jusqu’à son départ à la retraite en 1985. Il s’établit alors comme consultant, spécialiste de la mise en place et de la conduite d’actions de groupe : actions industrielles, de recherche, de marketing ou commerciales. Vivant dans la présent et toujours tourné vers l’avenir, il considère que la Résistance appartient désormais à l’histoire et ne s’en occupe plus.

Pourtant avec le temps il prend conscience qu’il faut de nouveau s’en préoccuper. La perte de repères liée à l’influence des médias lui rappelle l’époque de la Résistance qui avait été marquée par des valeurs qui servaient justement de repères.

Après un long silence sur le sujet, il en vient donc «  à s’intéresser à nouveau à la Résistance ». Il en exalte la fraternité, l’unité, les valeurs. Il encourage les travaux du CERRAVHIS (Centre de Recherche et de Représentation Audiovisuelle de l’histoire) de Blagnac, qui réalise divers films sur la Résistance et les résistants. Il écrit un ouvrage de souvenirs, participe à des colloques et à des débats, livre une série d’entretiens qui donnent lieu à publication. Marie-Madelaine Fourcade le fait entrer au Comité d’action de la Résistance dont il devient quelques temps plus tard vice-président.

Membre du conseil d’administration de la Fondation de la Résistance, il crée, en 1993, avec d’autres résistants, l’Association Expositions de Résistance Intérieure (AERI). Le but de l’AERI était la mise en place d’expositions destinées à préfigurer la section  » Résistance intérieure  » du futur Mémorial national de la Résistance. En 1994, il lance un nouveau projet : l’opération cédéroms sur la Résistance dans les régions. Cette opération consiste à faire réaliser par des équipes locales, des cédéroms sur la Résistance dans leurs départements. Aujourd’hui, plus de 80 équipes travaillent dans toute la France. Grâce à ce projet, des enseignants du secondaire, historiens, résistants, universitaires, etc., travaillent ensemble pour mieux comprendre la Résistance et mieux transmettre son histoire aux jeunes générations. A ce jour, quinze cédéroms ou dévédéroms ont parus. En mars 1999, l’AERI change d’appellation et devient l’Association pour des Etudes sur la Résistance intérieure. Très attaché aux valeurs de la Résistance, Serge Ravanel s’engage en 2002 dans une campagne expérimentale sur ces valeurs : Valeurs de la Résistance, valeurs des jeunes aujourd’hui.  « Le monde moderne a fait émerger des valeurs nouvelles qui, tout en s’inscrivant dans la continuité des valeurs de la Résistance, n’en demandent pas moins à être formulées de façon spécifique. A partir de ce constat, l’AERI s’est lancée dans une campagne s’appuyant sur l’esprit de la Résistance pour faire vivre les valeurs des jeunes. Elle les familiarise avec les règles à observer dans nos sociétés et leur permet d’exprimer à travers une action suivie les valeurs actuelles qu’ils veulent défendre ». Aujourd’hui, plus de cent quarante classes (écoles primaires, collège, lycées, LEP…) sont engagées dans cette aventure dans toute la France.

(Biographie fournie par nos amis de l’A.E.R.I.)

 

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10 janvier, 2009

Yves Le Mével, Français libre de 1940, Ancien du R.T.S.T. et de la 2ème D.B.

Classé sous ACTUALITE,HISTOIRE,HOMMAGE — vivelaresistance. @ 10:53

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 Yves le Mével (promu Officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en 2006).

 

Yves le MEVEL est né le 14 septembre1920 à Lézardrieux dans les Côtes du Nord. Il fait ses études secondaires au Collège Notre-Dame de Guingamp puis ses études de médecine à Rouen et à Rennes.
A 19 ans, à la mi-juin 1940, il quitte sa Bretagne natale comme beaucoup de jeunes bretons et s’embarque sur un bateau de pêche boulonnais « Le sauveur du monde ».
Avec ses camarades ils arrivent en Cornouailles dans le petit port de Penzance-Newlyn.
C’est là qu’ils prennent connaissance de l’Appel du 18 Juin du Général de Gaulle.
Yves le Mével s’engage alors dans les « Forces Française Libres », c’est le début d’une aventure de cinq années de guerre.
Pour commencer, il passe un an en Angleterre, au Camp de Camberley, avec le Bataillon de Chasseurs Alpins constitué avec les rescapés de l’expédition de Norvège qui ont été volontaires et ont également signé un engagement dans les F.F.L. Séjour d’environ un an dans ce bataillon du Capitaine Dupont qui a fait la campagne de Narvik.
Sous les ordres du médecin capitaine Lebantal  (dit Bristol ), il fait la préparation du concours de l’externat des Hôpitaux de Paris.
Au printemps 1941, départ pour l’Afrique. Arrivé au port de Pointe-Noire, il est dirigé sur Brazzaville et affecté à l’hôpital où il effectue un stage et apprend « l’aide chirurgicale ainsi que l’anesthésie ».
Il fait partie du Groupe sanitaire Mobile commandé par le Capitaine Chavenon. Ce groupe mobile, formé à Bangui, fait partie de la future Colonne Leclerc également en formation.
Ils sont dirigés vers Fort-Lamy durant l’été 1942.
Départ de Fort-Lamy, en Octobre 1942, avec la Colonne qui se dirige vers le Nord du Tchad.
A partir de l’oasis de Zouar les Forces du Tchad, constituées principalement du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad, de deux Compagnies de Découverte et de Combat, d’un détachement d’auto mitrailleuses du Capitaine Savelli, d’artillerie, et de plusieurs compagnies de transport, lancent une offensive sur le Fezzan à la mi-décembre 1942.
C’est la conquête du Fezzan, qui est réalisée en trois semaines, puis celle de la Tripolitaine. Jonction à Tripoli avec les Anglais de la 8ème  Armée.
La Colonne Leclerc devient « La Force L » (aile gauche de la 8ème  Armée). C’est ensuite la Bataille de Tunisie et la Victoire.
Le défilé de Tunis, le 20 mai 1943, quel beau souvenir pour tous ces combattants du désert !
Mais le gouvernement de Vichy n’est pas encore mort : les Français libres sont envoyés deux mois en exil à Sabratha, au Sud de Tripoli.
La 2ème D.B. est formée au Maroc durant l’été 1943.
En septembre 1943, Yves le Mével reçoit son affectation au 3ème Bataillon du Régiment de Marche du Tchad,  sous les ordres du Médecin Lieutenant Georges Benyamine.
La Division est transportée en Angleterre et débarque en France début août 1944.
C’est la Campagne de Normandie puis de France : percée vers Le Mans, libération d’Alençon, de Paris ,de Baccarat, de Strasbourg, l’Alsace (sous la neige), Grussenheim, avec les pertes de très anciens camarades.
Et enfin l’Allemagne et la prise de Berchtesgaden.
Démobilisé en septembre 1945, Yves le Mével est fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 1947, à St-Germain en Laye, devant le front des troupes, à l’occasion d’une Prise d’Armes à la mémoire du Général Leclerc.
Ses études de médecine achevées, il s’installe comme médecin en région parisienne.
Le Docteur Yves le Mével est décédé le 9 janvier 2009 à son domicile parisien.
Ses obsèques ont été célébrées à Lézardrieux, son pays natal, où il revenait régulièrement retrouver ses amis de longue date.

 

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