Vive la Résistance.

8 septembre, 2009

12 août 1944 : de la Libération d’Alençon à la Bataille de la Croix de Médavy.

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Cérémonie du 12 août 2009, Croix de Médavy. Au premier plan, devant le char, à gauche : M. Roger Doré, porte-drapeau national de la 2ème D.B.
(Crédit photo : Paul Guilbert)

 

Le samedi 12 août 1944 au matin, il fait un soleil magnifique, Alençon vient d’être libérée dans la nuit !
Le sous-lieutenant Mucchieli note dans le journal du 4ème Escadron du 12ème Cuir. « Des acclamations folles montent vers nous. Des groupes entiers d’hommes et de femmes s’agitent en criant : « Vivent les Américains ». Comme nous répondons par des exclamations bien françaises, on crie : « Ce sont des Canadiens ». Quand nous leur montrons la croix de Lorraine que nous portons sur nos chars et nos poitrines, la nouvelle court dans la ville et nous revient grossie de larmes et de cris d’enthousiasme ».
Les blindés du GTV (Groupement Tactique Warabiot) traversent Alençon : rue du Pont-Neuf (où ils passent devant le général assis sur une chaise au bord de la route), Grande Rue (ils passent devant l’église Notre-Dame), poursuivent par la rue Saint-Blaise pour se regrouper à la sortie de la ville.
En fin de matinée, le général Leclerc et son PC Avant quittent Alençon pour Sées. Les premiers éléments de la 2ème D.B. y rejoignent l’avant-garde de la 5ème D.B. US (dont l’objectif est Argentan par la N 158) créant un embouteillage indescriptible dans les rues de la ville et sur la place de la cathédrale.
Avec son audace habituelle, Leclerc a en effet décidé d’utiliser momentanément l’itinéraire des Américains pour effectuer une manœuvre « à front renversé » en forêt d’Écouves. Il en sera ensuite félicité par le général Haislip, commandant le XVème Corps d’Armée US.
Leclerc ordonne au Sous-Groupement Putz de se porter au Nord de la forêt d’Écouves par la N 808 (qui mène à Carrouges) tandis que le colonel Warabiot est lancé vers Mortrée puis Écouché.
Très brillant officier, le lieutenant-colonel Joseph Putz, qui est un ancien de la première guerre mondiale, a aussi commandé les Français des Brigades internationales dans la Guerre d’Espagne (ce Compagnon de la Libération sera tué à Grussenheim, en Alsace, le 28 janvier 1945).
La fusillade éclate aux lisières mêmes de Sées avec des éléments de la 116ème Panzer qui sont réduits au silence en moins de deux heures.
Arrivé au carrefour du Point-du-Jour vers 17 heures (près de Tanville), Putz reçoit l’ordre de lancer son Sous-Groupement plein Sud (sur la D26) à la rencontre des Spahis du lieutenant-colonel Roumiantzoff bloqués aux lisières Sud de la forêt d’Écouves (à la hauteur des Gateys). Il est plus de 18 heures et les hommes sont assez inquiets d’avoir à s’enfoncer dans ce guêpier tenu par la 9ème Panzer.
A moins de 100 mètres du carrefour de la Croix de Médavy, la prise de contact avec l’ennemi est très violente : plusieurs chars de la 2ème Compagnie du 501ème R.C.C. sont mis hors de combat (dont le MONTEREAU qui est exposé à Alençon dans l’ancien Quartier Lyautey). Ça mitraille de tous les côtés, tirs au lance-roquettes, jets de grenades…la forêt brule par endroits et la visibilité est mauvaise. Emmenés par l’adjudant-chef Aimé Teisseire et le lieutenant Michel Carage (tous deux ont été faits Compagnons de la Libération), les fantassins de la 10ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad font un très gros travail pour nettoyer le secteur. Le lieutenant Serge Borochovitch, adjoint du capitaine Sarazac, commandant la Compagnie, est grièvement blessé et évacué vers l’Angleterre. Engagé dans la France Libre dès juin 1940, à l’âge de 19 ans, il a été de tous les combats avec Leclerc depuis le Tchad ; rétablit, il reprendra sa place quelques semaines plus tard dans les Vosges.
La nuit s’empare progressivement de la forêt, les hommes du commandant Putz organisent un dispositif de défense et restent sur place (les plus avancés sont à 1500 mètres au Sud de la Croix de Médavy). Ils n’effectueront la jonction avec les hommes de Roumiantzoff (dont ils ne sont séparés que de quatre kilomètres) que le lendemain matin vers 9 heures.
Au soir de cette journée, le général établit son PC au carrefour du Point-du-Jour, appelé aussi « carrefour du Cercueil ». En plein dans les lignes ennemies ! Mais Leclerc a la baraka et il sait qu’il vient de bousculer profondément l’ennemi et de remporter une belle partie dans cette Bataille de Normandie qui n’est pas encore terminée.
Belle journée également pour Alençon qui évite la destruction et entre dans l’Histoire comme la première ville française libérée par des Français. La légende est en marche.

Christophe Bayard

 

Drapeau National 2ème DB

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la ville d’Alençon, inscrite en lettes d’or, sur le drapeau national de la 2ème D.B.

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21 juillet, 2009

65ème Anniversaire de la Libération de la Sarthe et de l’Orne par la Division Leclerc.

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Programme des conférences – débats proposées par « Vive la Résistance » :


11 août 2009


 » Commune de Saint-Germain-sur-Sarthe « 


Cérémonie : 10 heures (Carrefour de La Hutte), 10 heures 30 (monument aux morts).

Conférence-débat : 11 heures – salle communale

 » Commune d’Ancinnes « 


Cérémonie :
15 heures

Conférence-débat : 16 heures

 » Commune de Fyé « 


Cérémonie : 18 heures 30 (suivie d’une rencontre avec les vétérans).


12 août 2009


 » Ville d’Alençon « 


Cérémonie :
11 heures (Monument Leclerc)

Conférence-débat : 15 heures 30 – Halle au Blé

Cérémonie : 18 heures (Char Valois – Carrefour de la Croix de Médavy)

Cette cérémonie, sur le site historique de la Croix de Médavy, permettra de commémorer les durs combats engagés sur ce lieu par la 2ème D.B. du général Leclerc (Sous-Groupement Putz)  juste après la Libération d’Alençon.

13 août 2009


 » Commune d’Écouché « 


Cérémonie : 11 heures 15 (cimetière), 11 heures 45 (Char Massaouah)

Déplacement sur le site du PC de Fleuré à 15 heures 30.


Conférence-débat : 17 heures (salle des fêtes d’Écouché)


14 août 2009


 » Commune de Carrouges « 


Cérémonie : 11 heures

Conférence-débat : 16 heures (salle du Chapitre)

 

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14 juillet, 2009

Hommage à Maurice Mallet et Jacques Hochin.

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Maurice MALLET

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Maurice Mallet, né à Saint Denis sur Sarthon en 1923.
Sergent des Forces Françaises de l’Intérieur de l’Orne, Croix de guerre, Médaille de la Résistance.

 

Dès le 29 Mai 1940 il n’accepte pas que la France soit vaincue sans se battre jusqu’au bout. Il veut rejoindre l’Armée de l’Air et pour cela, il imite la signature de sa mère sur son acte d’engagement car il a seulement dix sept ans.Les autorités militaires le refusent, le trouvant trop jeune.En 1941, Il part pour Istres et devient Aspirant de l’Armée de l’Air.
En 1942, les Allemands envahissent la zone Sud. Il tente alors de rejoindre l’Afrique avec l’espoir d’aller en Angleterre pour se rallier au Général de Gaulle mais les circonstances ne le lui permettent pas. Il revient à Saint-Denis et devient le responsable du Groupe VII de la
Résistance d’Alençon.
Le Bureau de Londres le compte dans ses effectifs à partir du 1er Décembre 1942.

Jacques HOCHIN

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Jacques Hochin, né à Fresnay sur Sarthe en 1921.
Soldat des Forces Françaises de l’Intérieur de l’Orne, Croix de guerre, Médaille de la Résistance.

 

En 1941, Il est convoqué au Mans par le Service du Travail Obligatoire et part pour cette ville. Il poste une lettre à sa mère lui confirmant sa volonté de se rendre en Allemagne ce qui la protège en cas de représailles.
Cette stratégie lui permet de se cacher à Saint-Denis-sur-Sarthon.
C’est là qu’il est entré en contact avec André Mallet du Groupe VII.

Bref rappel historique :

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, des mouvements de
résistance contre l’occupation allemande se sont organisés
dans le département de l’Orne. Parmi eux, le Groupe VII de
Saint-Denis-sur-Sarthon, rattaché à l’Armée Secrète d’Alençon
avait été constitué par :

André et Maurice Mallet,
Jacques Hochin,
Bernard Dufrou
Pierre Dambry
Bernard Fresnay
Raymond Justice
André et René Sylvestre
Roger Piard

Ces jeunes hommes refusaient l’occupation nazie et étaient
des réfractaires du Service du Travail Obligatoire.
Le groupe VII participait aux actions du Plan « Tortue » (aide
apportée par la Résistance française aux Alliés au moment de la Libération).
Afin d’être plus en sécurité, ils s’étaient repliés dans une maison isolée formant ainsi le Maquis de Courtemiche et préparaient leurs actions de harcèlement contre l’ennemi (abattage d’arbres pour provoquer des barrages routiers, coupures de réseaux téléphoniques, etc.). Ils stockaient les armes récupérées lors des parachutages des Alliés dans des caches naturelles qu’offrait la forêt, et se tenaient prêts pour participer à la libération de la région. Il y avait avec eux, Samba Konaté et Jean Azéma, deux soldats français africains qui avaient été faits prisonniers par les nazis et laissés sur le territoire français.
Mais, depuis le Débarquement des Alliés en Normandie le 6 Juin 1944, de véritables opérations de ratissage étaient systématiquement lancées par les Allemands contre les petits maquis qui s’étaient constitués dans le département de l’Orne.
Le 24 Juillet 1944, au matin, M. Bouilhac, Chef de la Résistance d’Alençon est arrêté à son domicile par la Gestapo.
Accompagné d’un officier allemand et de deux autres français endimanchés, Bernard Jardin, chef de la Gestapo française de l’Orne, conduit l’expédition. Tous se rendent dans l’après midi à Saint-Denis-sur-Sarthon.
Maurice Mallet est arrêté brutalement chez sa mère. Il est conduit jusqu’au maquis où Jacques Hochin monte la garde près d’un Fusil Mitrailleur. Sous la contrainte, les deux jeunes résistants doivent montrer où sont cachées les autres armes et les transporter jusqu’à la Traction Citroën laissée dans la cour du moulin de la Sourdière, un peu plus bas. Pour finir la Gestapo tente de détruire la maison par le feu.
Bernard Dufrou, arrivé sur les lieux entretemps pour prévenir de l’arrestation de Maurice, est lui aussi fait prisonnier.
Le triste cortège redescend vers le moulin de la Sourdière. Les trois jeunes gens sont mis en posture d’exécution dans la cour. L’officier nazi délègue la sinistre besogne et va s’amuser avec le petit chien du moulin. Sous la menace des mitraillettes des trois Français Gestapistes, les jeunes résistants, à genoux, demandent à réciter leur prière. Jardin ordonne brutalement qu’ils se relèvent. Les cris fusent : «Vive la France» avant que Bernard Jardin n’abatte Maurice puis Jacques d’une rafale dans la nuque. Profitant du moment où Jardin rechargeait son arme et du manque de réaction des deux autres, Bernard Dufrou s’enfuit, réussit à se protéger en passant derrière la voiture ; on tire sur lui mais il parvient à aller dans le bois grâce à la pénombre qui s’installe et à rester caché malgré ses graves blessures.
C’est grâce à son témoignage que l’on connait les circonstances de la mort héroïque des deux jeunes garçons.

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18 mai, 2009

Palmarès 2009 du Concours de la Résistance et de la Déportation.

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CONCOURS DE LA RESISTANCE

ET DE LA DEPORTATION 2009

 

 

PALMARES


LYCÉES

 

« DEVOIRS INDIVIDUELS »

 

 < Classes de terminale >

 

Prix d’établissement

 

 - Laura PELLETIER – lycée Alain – ALENCON

 

< Classes de seconde >

 

 « Prix départemental« 

 

 1er prix : Tristan RONDEAU – Lycée Mézeray – ARGENTAN

 1er prix ex-aequo : Laudine CORMIER – Lycée A. Chevalier – DOMFRONT

 

Prix d’établissement

 

 - Richard RADIGUE – Lycée Les Andaines – LA FERTE-MACE

 

« DOSSIERS COLLECTIFS »

 

< Classe de terminale >

 

 Prix d’établissement

 

- Amandine FRANCOIS – Kelly MARIN

 Lycée Alain – ALENCON

 

< Classe de première >

 

 « Prix départementaux« 

 

 1er prix : Claire PACORY – Anaïs RENAULT – Louisa ROUSSEL

 Lycée A. Chevalier – DOMFRONT

 2ème prix : Laurie JOUBERT – Axelle DALLE

 Lycée Alain – ALENCON

 

Prix d’établissement

 

 - Paul EVETTE – Noémie GERAULT – Héloïse MORALES

 Lycée Saint-Thomas d’Aquin – FLERS

 

< Classe de seconde >

 

 Prix d’établissement

 

 - Louis MARTIN – Jonathan TISSIER

 Lycée A. Chevalier DOMFRONT

 

 COLLÈGES

 

< Classes de troisième >

 

  »DEVOIRS INDIVIDUELS »

 

« Prix départementaux« 

 

 1er prix : Andréa MOULUN – Collège Félix Leclerc – LONGNY-AU-PERCHE

 2ème prix : Charlotte POTTIER – Collège Notre-Dame – LA FERTE-MACE

  2ème prix ex-aequo : Clément LANGEARD – Collège Notre-Dame – LA FERTE-MACE

 4ème prix : Corentin LAUNAY – Collège Notre-Dame – ALENCON

 5ème prix : Sarah NTOTO – Collège Louise Michel – ALENCON

 6ème prix : Anaïs LECOUVREUR – Collège François Truffaut – ARGENTAN

 7ème prix : Corentin CHESNEL – Collège Sacré-Coeur – DOMFRONT

 8ème prix : Kévin GÉRU – Collège Jean Moulin – GACE

 9ème prix : Marc LEPRINCE – Collège Louise Michel – ALENCON

 

Prix d’établissement

 

- Frédéric HOUY – Collège Félix Leclerc – LONGNY-AU-PERCHE

 - Aurélie GRIPON – Collège Gaston Lefavrais – PUTANGES-PONT-ECREPIN

 - Marion HEURTEBISE – Collège Louise Michel – ALENCON

 - Emilie MASSON – Collège Louise Michel – ALENCON

 - Marie PHILIPPE – Collège Louise Michel – ALENCON

 - Mélanie LY – Collège Louise Michel – ALENCON

 - Quentin BLANCHON – Collège Notre-Dame – LA FERTE-MACE

 - Julien BRODIN – Collège Notre-Dame – LA FERTE-MACE

 - Jean-Eudes GUIBERT – Collège Notre-Dame – LA FERTE-MACE

 - Alexis GUILLAIS – Collège Notre-Dame – LA FERTE-MACE

 - Alban BAUDOIN – Collège Henri Delivet – CARROUGES

 - Paul CHESNEL – Collège Sacré-Coeur – DOMFRONT

 

« Prix spécial« 

 

Pierre-Louis RODRIGUEZ – Collège Notre-Dame – LA FERTE-MACE

 

« DOSSIERS COLLECTIFS »

 

 « Prix départementaux« 

 

 1er prix : Corentin CHESNEL – Thomas BAZIN – Guillaume ONFRAY – Collège Sacré-Coeur – DOMFRONT

 1er prix ex-aequo : Amélie BISSON – Cassandre DUROY – Collège Louise Michel – ALENCON

 3ème prix : Hafssa NFAOUI – Mélanie LY – Collège Louise Michel – ALENCON

 4ème prix : Marc LEPRINCE – Pierre ROYER – Collège Louise Michel – ALENCON

 5ème prix : Sarah WILSON – Corentin LAIGRE – Jean-Baptiste MELLOT – Augustin HUET – Margaux SOULARD

Collège Notre-Dame – ALENCON

 

Prix d’établissement

 

- Rosalie BENEVELLO – Anaïs LECOUVREUR – Collège François Truffaut – ARGENTAN

 - Paul CHESNEL – Paul LEPORTIER – Collège Sacré-Coeur – DOMFRONT

 - Elodie HUET – Charline PETROZ – Elodie WALLECAN – Vanessa DENIS – Collège André Malraux –TRUN

- Anaïs LESAGE – Enzo CLEREMBAUX – Hadrien DESVAGES – Collège Gaston Lefavrais – PUTANGES-PONTECREPIN

 - Bazak KARA – Selen YAVUZ – Collège Louise Michel – ALENCON

 - Lisa NGUYEN – Priscilia PLUMAIL – Sabrina VIANE – Collège Louise Michel – ALENCON

 - Tony PERRET – Norman POISSONNET – Collège Louise Michel – ALENCON

 

« DOSSIERS INDIVIDUELS« 

 

« Prix départementaux« 

 

 1er prix : Horlathay OUTHATHAM – Collège Louise Michel – ALENCON

 2ème prix : Sarah NTOTO – Collège Louise Michel – ALENCON

 3ème prix : Katouk VIRASACK – Collège Louise Michel – ALENCON

 

Prix d’établissement

 

- Marion HEURTEBISE – Collège Louise Michel – ALENCON

 

« CHALLENGE EDOUARD PAYSANT »

Collège Louise Michel – ALENCON

 

L’association « Vive la Résistance », adresse ses félicitations à tous les lauréats.

 

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1 mai, 2009

Biographie de Serge Ravanel.

Classé sous HOMMAGE — vivelaresistance. @ 20:17

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Le colonel F.F.I. Serge Ravanel, au micro, après la libération de Toulouse.

 

Serge Asher est né le 12 mai 1920 à Paris. Sa mère, d’origine tchèque, réfugiée à Paris en 1919, était commissionnaire en haute couture et son beau-père agent en Afrique noire d’une grande société commerciale. Très jeune, Serge Ravanel est marqué par l’expérience personnelle de sa mère, qui avait participé au mouvement d’indépendance en Tchécoslovaquie, avant de décider de s’installer en France, pays qui « incarnait, à ses yeux, la Liberté, la Révolution de 1789, la République, les Droits de l’Homme ». Serge Ravanel prend très tôt conscience des menaces qui planaient sur l’Europe puisqu’en septembre 1937, il séjourne à Vienne chez des amis juifs autrichiens qui lui font part de leurs craintes envers le régime nazi ; ces amis durent d’ailleurs se réfugier en France en 1938, après l’annexion de l’Autriche, et firent partie des 1017 déportés juifs embarqués à Drancy le 6 septembre 1942 en direction d’Auschwitz, où ils trouvèrent la mort.
En raison des voyages qu’il effectuait à cette époque en Europe centrale, Serge Ravanel a ainsi compris la réalité et la gravité de la situation : « J’en savais beaucoup plus que mes camarades sur la situation à l’étranger. Je n’ignorais pas qui était Hitler. J’avais vu la morgue des policiers allemands qui circulaient dans les trains. La peur qu’ils inspiraient était visible. Les voyageurs jetaient des regards furtifs d’animaux pris au piège. Je découvris que la peur avait une odeur ».

Après des études secondaires au lycée Louis-le-Grand, il entre en septembre 1939 à l’Ecole Polytechnique. Affecté le 1er avril 1940 à l’Ecole d’officiers d’artillerie de Fontainebleau, il est envoyé, au lendemain de l’Armistice, dans un chantier de jeunesse en Savoie. En novembre 1940, les autorités militaires lui donnent l’ordre de rejoindre l’École Polytechnique, repliée à Lyon dans l’enceinte de l’École de santé militaire.  Il fait alors partie de ces nombreux Français qui accordent au départ leur confiance au maréchal Pétain pour redresser la France. Mais cela ne dure pas longtemps. Depuis l’armistice il éprouve des sentiments anti-allemands, beaucoup plus, dit-il, « par besoin de lutter que par antifascisme raisonné ».

En avril 1941, il prend contact avec le général Cochet qui l’inscrit dans son mouvement de Résistance. Ce groupe se bornait à étudier la situation militaire, cherchant à y trouver les raisons de ne pas perdre l’espoir en la victoire. Il rejoint ensuite le groupe des journalistes de la revue Temps Nouveaux qui vient d’être interdite par le Gouvernement et est animé par Stanislas Fumet. Serge Ravanel commence ainsi l’action secrète, prenant un pseudonyme et organisant des groupes de diffusion de presse clandestine, diffusant plusieurs centaines d’exemplaires de journaux chaque semaine dans Lyon et sa banlieue.

De plus en plus engagé, Serge Ravanel faillit adhérer au printemps 1942 au mouvement de Résistance d’obédience gaulliste Combat, qui s’étendait dans toute la zone Sud, car toutes les petites formations qui existaient cherchaient à se fédérer pour coordonner leur action ; mais les aléas de l’action clandestine ne permirent pas la mise en place de cette coopération ; par contre, au mois de juin, il rencontre un dirigeant du mouvement de Résistance Libération-Sud, qui l’embauche pour travailler au secrétariat de l’organisation. Il est alors chargé de porter des courriers, de prendre certains contacts et éventuellement d’assurer des missions de protection. En septembre ; il devient un « permanent » du mouvement, attaché au Comité directeur.

En novembre 1942, Serge Ravanel part pour Marseille, afin d’étudier avec les responsables locaux la mise en place de groupes de sabotage ; or, à la place du correspondant avec lequel il avait rendez-vous, il tombe sur un policier, qui l’arrête immédiatement ; conduit à « l’Évêché » – l’Hôtel de Police de Marseille – Serge Ravanel s’attendait évidemment au pire ; mais il réalise très vite que certains de ces policiers étaient des résistants et qu’ils étaient prêts à faciliter son évasion. Il ne manqua pas de s’évader dès le lendemain de son arrestation. Serge Ravanel parvient alors à rejoindre Lyon.

Le 15 mars 1943, de retour d’une mission à Chambéry, Serge Ravanel est arrêté, ainsi qu’une vingtaine de résistants lyonnais, parmi lesquels Maurice Kriegel et Raymond Aubrac. Après avoir été interrogés, les prisonniers sont incarcérés à la prison Saint-Paul sous l’autorité de l’administration pénitentiaire française. À la suite de cet événement, la direction du mouvement Libération décide d’organiser l’évasion de quelques-uns des prisonniers. Un commando de résistants procède à leur enlèvement, le 24 mai 1943, après qu’ils eurent réussi à se faire transférer à l’hôpital de l’Antiquaille pour cause de maladies simulées.

L’hiver 1942-1943 avait vu fusionner les trois mouvements de Résistance Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur sous le nom de MUR (Mouvements unis de Résistance). Le 12 juin 1943, Serge Ravanel se voit confier les fonctions de chef national des Groupes Francs (GF) par la direction des MUR, avec un adjoint issu de Franc-Tireur et un autre de Combat. C’est à ce moment qu’il prend le pseudonyme de « Ravanel » en souvenir d’un alpiniste de Chamonix. Ils se répartissent les six régions de la zone Sud de la France. Après la nomination de dirigeants nationaux et départementaux, l’objectif principal des GF est de passer à l’action militaire de façon coordonnée, en attendant le débarquement des forces alliées.

Après l’arrestation de Jean Moulin par la Gestapo, le 21 juin 1943, on lui demande de tenter de le libérer. Malheureusement le service de renseignement manque d’informations fiables et il faut un certain temps pour préparer une telle opération. Entre-temps, l’identité de Jean Moulin est découverte par Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, qui le fait transférer à Paris. Les groupes francs des MUR ne peuvent rien tenter.
Arrêté une troisième fois, le 19 octobre 1943, par la police militaire allemande, lors d’une réunion près de Meximieux dans l’Ain, Serge Ravanel s’échappe en sautant par une fenêtre puis, poursuivi, en plongeant dans l’Ain de nuit.
L’organisation des Groupes Francs a inscrit à son actif un nombre élevé d’opérations importantes, comme la libération de Raymond Aubrac, le 21 octobre 1943, après l’attaque en pleine ville de Lyon de la fourgonnette de la Gestapo qui le transportait ou encore la destruction du dépôt de munitions allemand de Grenoble le 13 novembre 1943.

En mars-avril 1944, les dirigeants du Mouvement de Libération Nationale (MLN) se réunissent à Paris, rue des Beaux-Arts, ainsi que le dirigeant de l’Armée Secrète (AS), Malleret, le chef national des maquis, Georges Rebattet, le responsable de l’Action Ouvrière Kriegel, et le chef des GF, Serge Ravanel ; il s’agit de mettre au point le rapprochement avec l’AS, avec la création des CFL, les Corps Francs de la Libération. Serge Ravanel est alors désigné comme responsable du bureau Action (3ème bureau) de l’état-major national des CFL.

Ce sont ses fonctions nationales qui justifient sa venue à Toulouse au début d’avril 1944. Il doit y installer le responsable régional CFL en R4. Mais il n’obtient pas de consensus, aucune personnalité locale ne suscitant l’unanimité. Il est alors amené à occuper personnellement le poste prévu, d’abord à titre provisoire, ensuite de façon officielle et permanente. Dans ce nouveau contexte il est nommé par le général Koenig, le 6 juin 1944, chef régional de l’ensemble des forces militaires régionales de la Résistance qui sont désormais réunies sous le nom de « Forces françaises de l’Intérieur ». Les FFI possèdent un effectif d’environ 50 000 hommes et Serge Ravanel est nommé au grade de colonel FFI. Dans cette nouvelle responsabilité, il développe l’organisation des FFI dans toute la région et en impulse l’unité ainsi que l’aptitude au combat. C’est une action délicate qui se heurte à différentes susceptibilités et oppositions, mais que Serge Ravanel mène à bien.  Il noue des liens avec les différentes formations locales, comme les « groupes Vény » du colonel Vincent dans le Lot, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne, le bataillon gersois de l’Armagnac de Claude Parisot, le Corps Franc de la Montagne Noire, le Corps Franc Pommiès (CFP) et les FTP communistes ; Serge Ravanel réussit à monter cette difficile unification des organisations aux objectifs communs, mais à la composition sociologique et politique différente.

De concert avec Jean Cassou, commissaire de la République, il anime et coordonne avec une grande efficacité les combats de la libération de la région (dénommée du nom de code de R4), du 17 au 24 août 1944, au cours desquels sont faits 13 000 prisonniers et capturés 300 000 tonnes de matériel ainsi que plusieurs avions.

A l’approche de la Libération, Serge Ravanel prépare l’insurrection populaire libératrice, qui est prévue dans le programme du CNR. A la fin mai ou au début juin, il reçoit prés de Toulouse, « dans un village proche de Revel », deux dirigeants de la Résistance intérieure, Pascal Copeau et Marcel Degliame, accompagnés de Maurice Bourgès-Maunoury, le délégué militaire national de la zone Sud. Ils arbitrent en sa faveur un litige existant avec le DMR. Mais la Libération ne se passe pas comme prévu. Il faut improviser et s’adapter aux fluctuations de la conjoncture. Serge Ravanel multiplie les circulaires. Il fait converger sur Toulouse des renforts FFI pour éviter le pire. Ce qui est obtenu. Une aviation FFI est créée, des unités sont envoyées combattre l’ennemi dans le Morvan et à la Pointe de Grave, une école de formation militaire et civique est mise en place à Lespinet… Mais le 20 septembre 1944, un grave accident de moto survenu à Paris, dans des conditions mal élucidées, l’oblige à abandonner son commandement régional au profit de Jean-Pierre Vernant («  Berthier  »).
Le 18 janvier 1946, Serge Ravanel est décoré de l’Ordre de la Libération.

Sa convalescence achevée, Serge Ravanel reprend du service dans l’armée. Il est déçu par l’amalgame. C’est « l’armée de Vichy » qui tire les ficelles. « On n’y aimait pas beaucoup les officiers issus de la Résistance, écrit-il, surtout lorsqu’ils portaient des grades élevés acquis dans les combats ». Chef de bataillon à la fin de la guerre, il est ensuite diplômé d’Etat-major.
Serge Ravanel démissionne de l’armée en 1949.

A partir de là, il se fixe pour règle de faire non pas carrière au sens classique du terme mais de satisfaire son immense curiosité pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Il s’intéresse aux techniques les plus diverses. Il est l’un des créateurs de la télévision grand public dans les années cinquante. Il crée l’informatique dans les Ponts et Chaussées à une époque où on effectuait encore les mesures par des moyens mécaniques. Il s’intéresse au traitement des eaux usées et découvre – ce qui est devenu une évidence mais ne l’était pas à l’époque – que les bactéries utilisées avaient besoin d’une alimentation équilibrée pour se développer. Il aide le professeur Henri Laborit, grand découvreur en biologie, à mettre en application sous forme de médicaments certaines de ses découvertes assurant ainsi la vie de son laboratoire qui ne percevait aucune subvention.

En 1981, il est donc parmi les personnes qui comprenaient le mieux le rôle important que devaient jouer la recherche et la technologie dans le monde moderne. L’intérêt national était de tout faire pour les impulser et les développer. C’est la raison pour laquelle Jean-Pierre Chevènement le prend dans son cabinet lorsqu’il devient ministre de la Recherche et de la Technologie puis ministre de la Recherche et de l’Industrie. Il demeure au ministère jusqu’à son départ à la retraite en 1985. Il s’établit alors comme consultant, spécialiste de la mise en place et de la conduite d’actions de groupe : actions industrielles, de recherche, de marketing ou commerciales. Vivant dans la présent et toujours tourné vers l’avenir, il considère que la Résistance appartient désormais à l’histoire et ne s’en occupe plus.

Pourtant avec le temps il prend conscience qu’il faut de nouveau s’en préoccuper. La perte de repères liée à l’influence des médias lui rappelle l’époque de la Résistance qui avait été marquée par des valeurs qui servaient justement de repères.

Après un long silence sur le sujet, il en vient donc «  à s’intéresser à nouveau à la Résistance ». Il en exalte la fraternité, l’unité, les valeurs. Il encourage les travaux du CERRAVHIS (Centre de Recherche et de Représentation Audiovisuelle de l’histoire) de Blagnac, qui réalise divers films sur la Résistance et les résistants. Il écrit un ouvrage de souvenirs, participe à des colloques et à des débats, livre une série d’entretiens qui donnent lieu à publication. Marie-Madelaine Fourcade le fait entrer au Comité d’action de la Résistance dont il devient quelques temps plus tard vice-président.

Membre du conseil d’administration de la Fondation de la Résistance, il crée, en 1993, avec d’autres résistants, l’Association Expositions de Résistance Intérieure (AERI). Le but de l’AERI était la mise en place d’expositions destinées à préfigurer la section  » Résistance intérieure  » du futur Mémorial national de la Résistance. En 1994, il lance un nouveau projet : l’opération cédéroms sur la Résistance dans les régions. Cette opération consiste à faire réaliser par des équipes locales, des cédéroms sur la Résistance dans leurs départements. Aujourd’hui, plus de 80 équipes travaillent dans toute la France. Grâce à ce projet, des enseignants du secondaire, historiens, résistants, universitaires, etc., travaillent ensemble pour mieux comprendre la Résistance et mieux transmettre son histoire aux jeunes générations. A ce jour, quinze cédéroms ou dévédéroms ont parus. En mars 1999, l’AERI change d’appellation et devient l’Association pour des Etudes sur la Résistance intérieure. Très attaché aux valeurs de la Résistance, Serge Ravanel s’engage en 2002 dans une campagne expérimentale sur ces valeurs : Valeurs de la Résistance, valeurs des jeunes aujourd’hui.  « Le monde moderne a fait émerger des valeurs nouvelles qui, tout en s’inscrivant dans la continuité des valeurs de la Résistance, n’en demandent pas moins à être formulées de façon spécifique. A partir de ce constat, l’AERI s’est lancée dans une campagne s’appuyant sur l’esprit de la Résistance pour faire vivre les valeurs des jeunes. Elle les familiarise avec les règles à observer dans nos sociétés et leur permet d’exprimer à travers une action suivie les valeurs actuelles qu’ils veulent défendre ». Aujourd’hui, plus de cent quarante classes (écoles primaires, collège, lycées, LEP…) sont engagées dans cette aventure dans toute la France.

(Biographie fournie par nos amis de l’A.E.R.I.)

 

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