Vive la Résistance.

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11 décembre, 2007

BIENVENUS SUR LE BLOG ANNEXE DE VIVE LA RESISTANCE

Classé sous Bienvenue sur notre site annexe — vivelaresistance. @ 13:01

Tous droits réservés à Vive la Résistance ne pas copier cette image sous peine de poursuites

RESPONSABLES DU SITE :

Mr ECHIVARD Patrick : créateur du site, responsable de la mise en page et de la gestion du blog, co-organisateur et technicien des journées spéciales ….

Mr BAYARD Christophe : professeur d’Histoire-Géographie, responsable scientifique du blog, responsable de l’organisation des journées spéciales ….

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Christophe Bayard est délégué de la Fondation de la France Libre

pour le département de l’Orne.

 

Des publicités intempestives et indépendantes de notre volonté peuvent apparaître momentanément. Nous en sommes désolés.

25 octobre, 2007

François Jacob, nouveau chancelier de l’Ordre de la Libération.

Classé sous ACTUALITE,LITERATURE — vivelaresistance. @ 4:48

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Camion Bedford de la 1ère Compagnie de Découverte et de Combat.

 

Ce premier extrait nous fait partager l’univers et les sentiments des soldats de Leclerc dans les sables

« Des kilomètres. Des centaines, des milliers de kilomètres. Sur des chemins poussiéreux. Sur des voies goudronnées. Dans la brousse. Sur des pistes. En plein sable. Des arrêts. Des départs. Des villages. Des oasis. Les yeux brûlants de soleil et de sable. L’horizon irisé d’or, embrumé de poussière. La longue colonne des camions fonçant d’un seul souffle à travers les tourbillons de sable. Étranges camions, grinçant et cliquetant, hérissés de mitrailleuses et de petits canons, ornés de palmes, de filets, de peaux de bouc, avec, à l’arrière, les tirailleurs assis, cramponnés aux ridelles, le visage protégé de la poussière par le chèche enroulé qui ne laisse apparaître que deux yeux noirs. La route interminable. Le désert qui n’en finit pas. La vie en camion. […] Cette chevauchée conduisait aux postes du Fezzan, à Gatroun, Mourzouk, Sebha. Les garnisons d’Italiens n’y eurent guère le cœur à résister. A peine tombée une palmeraie, les colonnes fonçaient sur la suivante. Incroyable audace de Leclerc, présent partout, surgissant la canne à la main au point le plus chaud, piquant des colères homériques, imposant chaque fois ses décisions à un ennemi plus nombreux mais toujours morcelé. Fantastique épopée où le bricolage de l’improvisation fonctionnait comme un mécanisme préparé de longue main. Émouvante complicité de cette poignée de volontaires venus de partout pour prouver que celui qui a écrasé par les chars sera écrasé par les chars. Incroyable troupe de gueux en haillons, aux tenues disparates, en casque ou en képi, en short ou en pantalon, en capote ou en burnous, mais unifiés moins par la crasse et la barbe hirsute que par la passion et la volonté d’en découdre. Accordée au retour du pendule qui, d’El Alamein, ramenait Montgomery à la poursuite de Rommel, cette cavalcade du Tchad à la mer à travers des paysages d’apocalypse ou de création, nous apportait le seul baume qui pût quelque peu dénouer notre angoisse d’expatriés : la fierté de la victoire. C’était comme une naissance. Derrière les portes ouvertes sur ces forts abandonnés par un ennemi prisonnier ou en fuite, se profilait un monde nouveau. Un monde aussi plein, aussi lumineux qu’un jeune corps. La vie, pour la première fois depuis des mois, devenait aussi forte que les ténèbres. Aussi forte que la mort. Et quand, après notre jonction avec la VIIIe armée à Tripoli, nous aperçûmes la mer, il semblait qu’au loin, dans la brume, par-delà la Méditerranée, se dessinait, comme un mirage, la côte de France. »

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Ce second extrait se situe au début de l’été 1945 dans la France tout juste libérée :

« C’était l’époque du grand retour. Retour des engagés aux armées. Retour des prisonniers.
Retour des déportés surtout. De ceux qui étaient revenus des camps de la mort. Squelettes de peau parcheminée qui dépassaient des loques rayées. Avec les récits de l’horreur. Pire que tout ce qu’on avait pu craindre, tout ce qu’on avait pu imaginer. La révélation d’un monde où, à chaque instant, l’impossible devenait possible. Sorte de cauchemar inversé où le réveil, loin d’éloigner l’angoisse, rendait au malheur toute son acuité, replongeait dans l’enfer. Et l’enfer, ce n’était pas seulement la faim, les poux, le typhus, les plaies, les coups, la folie, les cadavres, l’horrible odeur de la fumée qui montait des crématoires. C’était, plus encore, l’organisation de l’avilissement, la machine à humilier, à briser l’humain, à le contraindre à se mépriser lui-même. Tâche que l’humanité n’avait, jusque-là, jamais encore inventée. Car les tortures, jadis, avaient pour fonction d’obtenir des aveux, de réprimer une déviation politique, une hérésie religieuse. Le but ultime, ici, c’était de dégrader. D’amener les prisonniers à l’état de bêtes. De leur faire perdre, à leurs propres yeux, leur âme, leur qualité d’homme ou de femme. Sinon, comment comprendre les histoires de soupe renversée pour contraindre les plus affamés à la lécher à même la terre ? Ou de prisonniers politiques soumis à l’autorité de droits communs, souteneurs, voleurs et prostitués ? Ou enfermés avec les fous ? Ou utilisés comme cobayes pour les « expériences » de médecins déments ? Tous ces récits semblaient comme déplacés dans le temps et dans l’espace. Car les atrocités auxquelles l’histoire nous avait habitués s’étaient déroulées au loin, il y a longtemps. Elles visaient les anonymes du passé, des gens sans visage, des autres, esclaves de Pharaons, peuples vaincus par Rome ou Attila. Les horreurs nazies, au contraire, étaient survenues, ici, chez nous, maintenant. Elles avaient touché nos voisins. Nos amis, nos parents. Chacun de nous aurait pu être jeté dans un train pour arriver dans une nuit trouée par les torches électriques, sur un quai de gare secoué par les hurlements des chiens et les coups des SS. Les victimes étaient les mêmes que nous. […] Hanté par les ombres. Par le petit jockey de Saint-Jean-de-Luz et par Vincent D., le fantassin de Bir Hakeim et celui du Djebel Matleb. Par Roger D. et son frère Jean, assassinés l’un au Tchad, l’autre à Alger. Par Jacques S. et Jean B., le brillant commandant d’aviation abattu en flammes, évadé puis disparu en mer, et le petit juif déporté à Dachau qui ne s’en remettrait jamais. Toute la liste des disparus, au combat ou dans les fours crématoires. Des vingt camarades, officiers à la Compagnie de marche, en 40 à Dakar, trois seulement sont revenus. En 14-18, la mort emportait les hommes au hasard, sans aucun lien avec leur qualité, leur valeur. En 40-44, il y avait eu sélection. Ceux qui étaient tombés, c’étaient les meilleurs. Les plus résolus. Les volontaires de la Résistance ou de la France Libre. »

 

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22 octobre, 2007

« Vive la Résistance » dans la Lettre de la Fondation de la Résistance.

Classé sous HISTOIRE,REVUE DE PRESSE — vivelaresistance. @ 14:29

Article paru dans la Lettre de la Fondation de la Résistance, numéro 50, septembre 2007.

(cliquez 2 fois sur le document pour l’agrandir pour une bonne lecture).

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3 octobre, 2007

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Classé sous — vivelaresistance. @ 23:02

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Le Conseil National de la Résistance à la Libération

 

De gauche à droite, au fond : Jacques Debû-Bridel (Fédération républicaine), Pierre Villon (FN), Robert Chambeiron (secrétaire), Pascal Copeau (Libération Sud), Jacques Lecompte-Boinet (CDLR), André Mutter (CDLL), Jean-Pierre Levy (Franc-Tireur), Pierre Meunier (secrétaire) ; sur le devant : Gaston Tessier (CFTC), Joseph Laniel (Alliance démocratique), Georges Bidault (président, démocrate-chrétien), LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE dans Non classé moz-screenshotHenri Ribière (Libération-Nord), Daniel Mayer (CAS), Paul Bastid (Parti radical), Auguste Gillot (PC), Louis Saillant (CGT).

à sa création le 27 mai 1943 – 48 rue du Four- Paris et les modifications successives

PRÉSIDENT :
Jean MOULIN (successeurs Georges BIDAULT, démocrates-chrétiens, puis à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis SAILLANT, CGT).

MEMBRES:

LIBERATION-SUD
Pascal COPEAU, suppléé par Pierre HERVE (désigné par son mouvement, Emmanuel d’ASTIER DE LA VIGERIE, appelé à Alger à l’Assemblée consultative puis au Gouvernement provisoire, redevint le titulaire à la Libération).

OCM (Organisation civile et militaire)
Jacques-Henri SIMON, déporté, remplacé par Maxime BLOCQ-MASCART.

COMBAT

Claude BOURDET, déporté, remplacé par Marcel DEGLIAME.

CEUX DE LA RÉSISTANCE (CDLR)
Jacques LECOMPTE-BOINET

FRANC-TIREUR

Claudius PETIT, puis Jean-Pierre LÉVY, puis Antoine AVININ.

CEUX DE LA LIBÉRATION (CDLL)
LENORMAND (Coquoin), fusillé, remplacé par André MUTTER.

LIBERATION-NORD
Charles LAURENT, appelé à Alger (Assemblée consultative), il est remplacé par Henri RIBIERE.

FRONT NATIONAL
de lutte pour la Libération et l’indépendance

Pierre VILLON.

PARTI RADICAL et RADICAL SOCIALISTE
Marc RUCARD, appelé à Alger (Assemblée consultative), il est remplacé par Paul BASTID.

DEMOCRATES CHRETIENS
Georges BIDAULT, puis André COLIN.

FÉDÉRATION REPUBLICAINE et REPUBLICAINS NATIONAUX

Jacques DEBU-BRIDEL.

PARTI COMMUNISTE

André MERCIER, appelé à Alger (Assemblée consultative), il est remplacé par Auguste GILLOT.

ALLIANCE DÉMOCRATIQUE

Joseph LANIEL.

PARTI SOCIALISTE

André LE TROQUER, appelé à Alger (Assemblée consultative), il est remplacé par Daniel MAYER.

CONFÉDÉRATION GENERALE DU TRAVAIL

Louis SAILLANT, puis Benoît FRACHON.

CONFÉDÉRATION FRANCAISE DES TRAVAILLEURS CHRETIENS

Gaston TESSIER.

SECRÉTAIRE GENERAL:
Pierre MEUNIER.

SECRÉTAIRE GENERAL ADJOINT :

Robert CHAMBEIRON.

Le CNR se réunit pour la première fois le 27 mai 1943, clandestinement, dans un appartement parisien, sous la présidence de Jean Moulin, représentant en France occupée du Général de Gaulle (installé à Londres puis à Alger comme chef de la France libre).
Jean Moulin sera arrêté par les nazis le 21 juin de la même année. Lui ont succédé Georges Bidault, démocrate chrétien, puis, à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis Saillant, CGT.

 

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Buste de Jean Moulin, Mémorial de la Résistance, Toulouse.

 

 

LE PROGRAMME DU
CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.
Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.
Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R. ,
délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I – PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en oeuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la Résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur Résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la Résistance française doit ou se battre ou disparaître; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général de Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R., sous l’autorité du C.F.L.N., dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’Armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R. décide :
D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.
Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L.). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L. qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.
Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par-dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.
Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L., appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

01 ) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la Résistance ;

02 ) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de Darnand ainsi que les mouchards et les traîtres ;

03 ) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

04 ) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

05 ) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

06 ) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

07 ) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

08 ) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre:

a ) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b ) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I., organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I. dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R. prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1 ) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I. de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2 ) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3 ) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4 ) Coordonner l’action militaire avec l’action de Résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.
Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.
Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.
Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande oeuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II – MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération :

1 ) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3 ) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’Armistice par les gouvernements de l’Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable.

4 ) Afin d’assurer :
l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
le respect de la personne humaine ;
l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5 ) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :
l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;
l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :
le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
la garantie du pouvoir d’achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l’ennemi.
En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !
En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

 

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13 septembre, 2007

Le 52ème congrès de l’Union Départementale de l’Orne des Combattants Volontaires de la Résistance.

Classé sous CEREMONIE,PUBLICATION — vivelaresistance. @ 23:43

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L’assemblée générale avec de gauche à droite : Gabriel Brillant (secrétaire de séance), Fernand Lepinay (trésorier), Françoise Comte (présidente), Fernande Simon (vice-présidente) et Yves Duprez (directeur départemental de l’Office National des Anciens Combattants).

Les participants ont tout d’abord été reçus par le maire, M. Jean Pierre Yvon, dans la salle d’honneur de l’Hôtel de Ville.

L’assemblée générale, présidée par Mme Françoise Comte, s’est déroulée de la manière suivante : Lecture du rapport d’activité par Fernande Simon, vice-présidente.

Lecture du rapport financier par Fernand Lepinay, trésorier départemental.

Élections : un tiers du comité directeur a été renouvelé dans ses fonctions.

Fixation des cotisations.

Questions diverses.

L’U.D.O.C.V.R. compte 122 adhérents dont 71 membres actifs titulaires de la carte de C.V.R.

Le Concours National de la Résistance et de la Déportation a été particulièrement évoqué au cours de cette assemblée.

Un rappel : en 2006/2007, 287 candidats venant de 23 établissements scolaires du département y ont participé ; 116 lauréats ont été récompensés.

Le thème 2007/2008 du Concours National de la Résistance et de la Déportation est le suivant :

« L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la seconde guerre mondiale : une forme de résistance ».

L’assemblée générale a été suivie d’une cérémonie devant le monument aux morts de la ville de l’Aigle.

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