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13 mars, 2008

Alençon et la Résistance, par Bernard Geneslé.

Classé sous CONCOURS,HISTOIRE,TEMOIGNAGE — vivelaresistance. @ 17:05

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Bernard Geneslé.

 

Les filières d’évasion:

Aux réseaux de renseignements qui se mirent en place dès 1940 s’ajoutèrent bientôt les très efficaces filières de sauvetage et d’évasion des équipages des avions alliés abattus.
De par sa position géographique notre département fut particulièrement concerné.
Avant le Débarquement, il était survolé par une des lignes empruntées par les bombardiers alliés visant les installations allemandes au centre de la France et même au-delà.
Après le Débarquement, il s’est trouvé pendant plus de deux mois à l’arrière immédiat du front, là où l’aviation alliée attaquait sans relâche les convois et les moyens de communication de l’ennemi. Jusqu’à la Libération le ciel de l’Orne a été le théâtre de très nombreux combats aériens avec les conséquences que cela suppose.
Dans beaucoup de cas le sauvetage de première urgence des membres d’équipages alliés abattus a été réalisé par des bénévoles habitant la campagne, surtout des agriculteurs.
Dans certains cas l’aviateur repartait seul vers un point de rassemblement qui lui avait été indiqué par ses chefs. Il se guidait alors en utilisant une petite boussole dissimulée dans un des boutons de son uniforme et en consultant des cartes imprimées sur soie qu’il portait dans une doublure de son équipement.
Il partait ainsi à la merci de bonnes ou de mauvaises rencontres.
Une bonne fut celle que fit à Alençon le 16 novembre 1943 un sergent canadien de la R.A.F. abattu aux environs de Bourges et qui frappa à la porte d’un café tenu par le ménage Bâcle, rue des Petites-Poteries. Il reçut un très bon accueil comme il l’a attesté après la guerre dans des lettres qu’il adressa à ses hôtes. Mais apparemment ces braves gens n’avaient aucun contact avec la Résistance alençonnaise et ils le laissèrent repartir à l’aventure vers le Nord en direction de la Manche. Ce n’est qu’aux environs de Gacé qu’il rencontra par hasard un fermier, M. Violet, qui appartenait à un groupe de Résistance qui le prit en charge.
Cette prise en charge par les groupes de Résistance se faisait parfois directement au moment du parachutage en catastrophe, comme ce fut le cas le 4 juillet 1943 dans la région de Sées-Belfonds, sous la direction d’Édouard Paysant.
Les aviateurs américains qui ont été recueillis et camouflés ont été dirigés dans les jours suivants vers Alençon où Albert Terrier, exploitant forestier et propriétaire d’une scierie à Courteille, servait de plaque tournante à une filière d’évasion qui généralement remontait par Paris. D’Alençon les aviateurs camouflés, souvent bien difficilement, en civil, prenaient le train, « cornaqués » le plus souvent par une jeune femme. C’est ce qu’ont fait dans notre région « Yannick » (nom de guerre de Mme Croisé) et « Gilberte » future Mme Guéhenno, toutes deux agents de liaison du B.O.A. (Bureau des Opérations aériennes).
Ces opérations exigeaient beaucoup de courage et même de témérité. En voici un exemple brièvement évoqué. En juillet 1943, Albert Terrier transportait dans sa Citroën traction avant à gazogène qui se dirigeait vers la gare du Mans, une jeune femme de Nogent-le-Rotrou avec un enfant en bas âge pour donner le change. Elle était chargée d’escorter les aviateurs américains tapis au fond de la voiture qui prirent le train à la gare d’Écommoy après une tentative manquée à la gare du Mans. Poursuivi par une voiture de la Gestapo qui l’avait repéré M. Terrier réussit à s’en tirer malgré toutes sortes d’incidents de parcours : sa voiture embourbée dans un chemin de terre fut même poussée par des soldats allemands de passage, à la grande joie des Américains.
Le 13 juillet 1944 j’ai moi-même convoyé chez M. Terrier deux aviateurs américains qui avaient été amenés quelques jours auparavant à mon chef de groupe à Belfonds. Je n’ai pas connu la suite de leur aventure […] Les filières de sauvetage et d’évasion fonctionnaient le plus souvent dans le cadre du B.O.A.
Ce dernier avait aussi pour mission l’accueil des personnels parachutés venant d’Angleterre ainsi que le soin de préparer leur retour à Londres, autre type d’évasion.
Un autre type de filières d’évasion furent celles qui permirent à des jeunes patriotes de sortir clandestinement de France pour aller rejoindre les unités combattantes de la France Libre en Angleterre ou ailleurs.
En l’absence de documents d’archives dans ce domaine, comme ailleurs, j’ai eu recours à une enquête auprès de deux résistants alençonnais particulièrement bien renseignés.
C’est ainsi que j’ai appris que M. Troussard, adjudant de gendarmerie en retraite, fonctionnait dans une filière menant vers l’Espagne. (un percepteur de Rivesaltes accueillait les volontaires et les orientait vers le lieu de passage en Espagne).
C’est ainsi qu’André et Raymond Troussard, anciens élèves du lycée, ont rejoint les rangs des Forces de la France Combattante. Un autre ancien du lycée, Marcel Jaud, a de la même façon rejoint la 2ème D.B. en formation au Maroc avant de revenir en libérateur d’Alençon le 12 août 1944.


La Résistance administrative :

Avant même que ne soit mis en place le N.A.P. (Noyautage de l’Administration Publique) sous la direction de Jean Moulin et du Conseil National de la Résistance, des fonctionnaires, sans quitter leur bureau, ont manifesté leur esprit de Résistance : ils ont apporté une contribution souvent très utile et très efficace à la Résistance dans son ensemble. C’est ce que l’on a l’habitude de désigner sous le terme de « Résistance administrative ». Il s’agissait de saboter de l’intérieur l’application des directives imposées par l’Occupant et par le régime de Vichy. A Alençon, dans les services de la Préfecture et dans les services annexes un certain nombre de fonctionnaires se sont engagés dans ce genre d’action en prenant d’aussi gros risques qu’en opérant sur le terrain.
C’est ainsi que Marcel Palmier, chef de division à la Préfecture, prit position contre le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.), ordonné par le gouvernement de Vichy à partir de février 1943. Il organisa des planques pour les réfractaires et leur fournit de fausses cartes d’identité. Il fut arrêté en mars 1944 par la Gestapo et déporté dans un camp de concentration où il décéda. Guy Dupont, directement responsable du Service du S.T.O., manipula les listes des requis pour limiter les départs. Il fut également arrêté et déporté. Il reviendra en 1945.
Mlle Thérèse Mercier, chef de bureau à la Préfecture, responsable des titres de circulation, rendit de grands services aux membres du B.O.A. en facilitant leurs moyens de déplacement, un tampon officiel couvrant des expéditions diurnes ou nocturnes toujours fort périlleuses. Dans d’autres services de la Préfecture Gaston Morineau et Roger Jacquelin furent très utiles et efficaces. […] A la gendarmerie le lieutenant René Nicolas, accusé, comme un certain nombre d’autres gendarmes, d’avoir facilité l’évasion de requis du S.T.O., disparut lui aussi dans un camp de concentration.
A la prison, Mme Guillais, femme du gardien chef, prit de très gros risques en facilitant les contacts épistolaires entre les Résistants internés et leurs familles.
A la mairie encore M. Fourmond, chef du service municipal des cartes de rationnement, rendit de grands services aux clandestins. Il fut arrêté et emprisonné. […] Je suis tenté de qualifier de résistance para-administrative les certificats et les actes médicaux de certains médecins. Ils couvrirent ainsi l’activité de plusieurs résistants fonctionnaires avant qu’ils n’entrent dans la clandestinité.
Également par des certificats d’inaptitude physique, ils permirent à beaucoup de jeunes de se soustraire – du moins provisoirement – au S.T.O. Ce fut particulièrement le cas à Alençon du Dr Duhazé qui fut arrêté par la Gestapo et dirigé vers la Déportation. Il eut la chance de ne pas aller plus loin que le camp de triage de Compiègne.
Dans d’autres situations dans l’Orne des médecins furent amenés à soigner des résistants ou des aviateurs alliés blessés. Ils payèrent leur dévouement, soit d’une arrestation comme le docteur Le Meunier de Mortrée, soit de la Déportation comme le docteur Couinaud d’Argentan, soit encore d’exécutions comme le docteur Giraux, médecin du maquis de Saint-Cyr-la-Rosière dans le Perche.

 

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30 janvier, 2008

Hommage au Général Leclerc,Alençon les 12 et 13 décembre 2007

Classé sous CONFRENCE - DEBAT,HISTOIRE,TEMOIGNAGE — vivelaresistance. @ 20:14

Hommage au Général Leclerc,
Alençon les 12 et 13 décembre 2007.

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La tribune lors de la soirée du 12 décembre 2007

Le mot d’accueil a été prononcé par Mme Christine Roimier, Maire de la ville d’Alençon ; on notait également la présence dans la salle de M. Michel Lafon, Préfet de l’Orne, Marie-Noëlle Hoffmann, conseillère générale, et Yves Duprez, directeur départemental de l’ONAC.
Tout au long de cette soirée, de nombreux documents historiques, cartes et photographies ont pu être projetés sur écran géant afin d’appuyer et d’illustrer les propos des intervenants. Une superbe exposition sur Leclerc, mise à notre disposition par l’Office National des Anciens Combattants, était également visible à l’entrée de la salle.
Cette soirée avait pour objectif de retracer le parcours de Philippe Leclerc de Hauteclocque depuis sa jeunesse jusqu’à la période de la Libération. Nous souhaitions particulièrement que les Anciens présents, dont les témoignages constituaient l’ossature de cette soirée, puissent transmettre au public les différents aspects de la personnalité du général Leclerc et finalement cet « esprit Leclerc » qui les aura marqués pour toute leur vie. A en juger par les commentaires recueillis à l’issue de cette soirée, il nous apparaît clairement que cet objectif a été atteint : l’assemblée a été enthousiasmée et captivée de bout en bout. La presse locale a même pu titrer à cette occasion : « l’esprit Leclerc souffle toujours sur Alençon. »

Le programme était très riche. Nous avons commencé par présenter les années de jeunesse, les origines familiales et le parcours jusqu’en 1940, en insistant notamment sur la période du Maroc, la solide culture historique et politique acquise pendant ces années, et la foi profonde, mais non ostentatoire, qui ont nourri sa détermination et façonné sa personnalité.
Vient ensuite l’engagement dans la France Libre. C’est notre ami Serge Borochovitch, grand fidèle de nos journées alençonnaises, qui a présenté les événements de 1940 – Londres avec le général de Gaulle – puis la fantastique épopée du Tchad à la Tunisie, avec les premiers compagnons d’armes du colonel puis général Leclerc. Français libre de 1940, Ancien du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad de 1941 à 1943 puis du Régiment de Marche du Tchad (3ème Bataillon, 10ème Compagnie du capitaine Sarazac) de 1943 à 1945, Serge Borochovitch a parfaitement su rappeler que Leclerc avait été un des premiers officiers à se rallier au général de Gaulle dès juillet 1940. Il est le symbole des hommes qui ont dit non à l’armistice, considéré comme un crime et une trahison, les hommes du refus.
La formation de la 2ème DB puis les débuts de la Campagne de France ont été évoqués par Alain Raphaël, Jean Piétri et Jacques Vico. Chacun a pu transmettre ses souvenirs personnels, faits de rencontres exceptionnelles avec le « Patron » comme ils aimaient à l’appeler. Alain Raphaël rattaché à l’Escadron de protection, sous les ordres du capitaine de Boissieu, n’a pas manqué de dire combien il était difficile de suivre Leclerc, en tête de la Division pendant toute la Campagne de Normandie. Jean Piétri était à la Hutte (au sud d’Alençon) le 11 août 1944 avec le 3ème Peloton de reconnaissance du 4ème Escadron du 1er RMSM. Leclerc était très proche de ses soldats, son entrain et sa détermination les transcendait. Jacques Vico a rappelé le génie militaire de Leclerc et son parcours en Normandie (Alençon, forêt d’Écouves, Écouché, fermeture de la poche de Chambois).
Pendant l’entracte, nous proposions au public un certain nombre d’ouvrages qui ont pu être dédicacés par les Anciens de la 2ème DB présents ainsi que la médaille commémorative du 60ème Anniversaire de la disparition du général Leclerc. Ce moment de rencontre et d’échanges a lui aussi été très apprécié.
La suite de la soirée a été l’occasion de présenter plus particulièrement la Libération d’Alençon avec Raymond Ciroux, jeune résistant, qui a renseigné et guidé le général lors de la Libération de la ville avant de s’engager le soir même au 12ème Cuir, sous les ordres du Capitaine Gaudet. Alain Raphaël et Serge Borochovitch ont évoqué les combats de la forêt d’Écouves et l’établissement, le 12 août au soir, du PC du général sur le carrefour dit « du Cercueil » en plein dans les lignes ennemies !
Edmond Playoust a lui aussi superbement transmis au public combien Leclerc était un chef exceptionnel puis il a pu évoquer la suite de l’épopée avec la Campagne d’Alsace et de nouveau le génie du patron de la 2ème DB lors de la manœuvre pour libérer Strasbourg.
Robert Balembois était dans l’Orne près du Mêle-sur-Sarthe lorsqu’il a appris que Leclerc recrutait sur Alençon. Sourires dans la salle quand il nous a révélé qu’il lui manquait trois kilos et qu’il n’a finalement pu s’engager qu’à Paris ! La suite fut superbe pour lui puisqu’il s’est retrouvé dans la section qui est montée à Berchtesgaden le 5 mai 1945. Des heures extraordinaires et la victoire finale après tant d’efforts, de luttes et de sacrifices !
La soirée s’est terminée avec une séquence sur la présence, à deux reprises, du général Leclerc à Alençon lors des cérémonies commémoratives de la Libération de la ville, en 1945 et 1947. Leclerc était immensément admiré à Alençon, déjà de son vivant. Une certitude : soixante ans après sa disparition, la mémoire est toujours intacte. L’admiration est partagée par tous, témoins de cette époque ou jeunes générations, hommes politiques de tous bords, il fait l’unanimité.
Les « Gars de Leclerc » ont montré combien ils aimaient ce chef « hors normes », rassembleur, déterminé, fonceur mais terriblement humain et proche de ses hommes.
La population admire encore Leclerc pour toutes ces qualités : c’est un héros moderne qui impressionne par ses exploits, mais qui dans le même temps, frappe par sa simplicité, sa franchise, son courage et sa droiture. La statue de « l’homme à la canne », placée en plein centre-ville d’Alençon près de l’emplacement de son PC le 12 août 1944, en fait de surcroît un élément de leur quotidien.
Mais il est vrai que les Alençonnais ont le droit d’être fiers de leur libérateur. Ils le prouvent à chaque occasion et ce mardi 12 décembre 2007, nous avons essayé de rendre un hommage à la hauteur de ce que nous devons à Philippe Leclerc de Hauteclocque, Maréchal de France.

 

Journée du jeudi 13 décembre 2007, au Conseil Général de l’Orne à Alençon

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Photo de la tribune lors de la journée de la Résistance le 13 décembre 2007.

Le lendemain, jeudi 13 décembre, lors de la journée consacrée uniquement aux scolaires, les Anciens de la 2ème DB ont pu de nouveau témoigner, mais cette fois-ci aux côtés de résistants et de résistantes venus présenter et illustrer par leurs parcours, le thème national du Concours de la Résistance et de la Déportation. Ce thème est cette année : « L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la Seconde Guerre mondiale : une forme de Résistance. » Nous préparons maintenant la « Journée de la Résistance, de la Déportation et des Droits de l’Homme » qui aura lieu le mardi 11 mars.

Un grand merci à la Maison de la 2ème DB où nous avons toujours reçu un accueil exceptionnel et une aide très précieuse.
Merci également aux nombreux Anciens qui n’ont pas pu, pour diverses raisons, se déplacer à Alençon ; une pensée particulière pour Messieurs François Jacob (Ancien du RTST, de la 2ème DB et Chancelier de l’Ordre de la Libération), Fred Moore (Français libre de 1940, Ancien de la 2ème DB, Compagnon de la Libération), et Philippe Grard (Français libre, Ancien de la 2ème DB).
Nous sommes très touchés par les messages d’encouragements et souvent de félicitations émanant de personnes pour qui notre admiration est immense.

Christophe Bayard
Professeur d’histoire
Délégué de la Fondation de la France Libre

 

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13 septembre, 2007

Le 52ème congrès de l’Union Départementale de l’Orne des Combattants Volontaires de la Résistance.

Classé sous CEREMONIE,PUBLICATION — vivelaresistance. @ 23:43

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L’assemblée générale avec de gauche à droite : Gabriel Brillant (secrétaire de séance), Fernand Lepinay (trésorier), Françoise Comte (présidente), Fernande Simon (vice-présidente) et Yves Duprez (directeur départemental de l’Office National des Anciens Combattants).

Les participants ont tout d’abord été reçus par le maire, M. Jean Pierre Yvon, dans la salle d’honneur de l’Hôtel de Ville.

L’assemblée générale, présidée par Mme Françoise Comte, s’est déroulée de la manière suivante : Lecture du rapport d’activité par Fernande Simon, vice-présidente.

Lecture du rapport financier par Fernand Lepinay, trésorier départemental.

Élections : un tiers du comité directeur a été renouvelé dans ses fonctions.

Fixation des cotisations.

Questions diverses.

L’U.D.O.C.V.R. compte 122 adhérents dont 71 membres actifs titulaires de la carte de C.V.R.

Le Concours National de la Résistance et de la Déportation a été particulièrement évoqué au cours de cette assemblée.

Un rappel : en 2006/2007, 287 candidats venant de 23 établissements scolaires du département y ont participé ; 116 lauréats ont été récompensés.

Le thème 2007/2008 du Concours National de la Résistance et de la Déportation est le suivant :

« L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la seconde guerre mondiale : une forme de résistance ».

L’assemblée générale a été suivie d’une cérémonie devant le monument aux morts de la ville de l’Aigle.

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