Vive la Résistance.

10 mars, 2009

Les enfants dans le ghetto de Varsovie.

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 12:21

Ghetto et convois

 

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La célèbre photographie de l’enfant juif du ghetto de Varsovie.

 

« Parmi la population juive du ghetto de Varsovie, comptant au maximum un demi-million de personnes, il y avait plus de cent mille enfants de moins de quatorze ans. Au moins les trois quarts d’entre eux avaient besoin de secours…Nous installâmes plus de cent instituts de secours à l’enfance. De la sorte il nous fut possible d’aider environ 25000 enfants. Citons comme exemple 30 orphelinats, parmi eux, celui devenu célèbre par son directeur, Janusz Korczak, éducateur et auteur de livres pour enfants, très estimé en Pologne pour ses méthodes. De plus, 30 foyers de jour, 20 cuisines, 30 foyers pour enfants et adolescents. Nous utilisions le moindre carré de verdure pour les enfants, qui n’avaient encore jamais vu de verdure de leur vie et ne savaient pas ce qu’est une forêt ou une fleur…La première grande action pour l’extermination commença le 22 juillet 1942. Les premières victimes furent les enfants juifs. Je n’oublierai jamais comment les S.S. et leurs sbires (des fascistes ukrainiens) se jetèrent avec une barbarie inimaginable sur les enfants et les firent monter de force dans les camions. Les enfants essayèrent de se défendre. Encore aujourd’hui j’entends leurs pleurs et leurs cris au secours : « Maman, maman, sauve-moi ! »
Une semaine plus tard, les S.S. et leurs sbires commencèrent à sévir également dans nos institutions. Ces jours-là, on vit marcher à travers les rues de Varsovie de longues colonnes d’enfants sortant de nos foyers avec leurs éducateurs. Ils marchèrent jusqu’à la « place de triage », les wagons de la mort pour Treblinka. Les enfants de l’orphelinat de Janusz Korczak en faisaient partie. C’était une procession sinistre. Korczak marchait en tête avec deux petits enfants à côté de lui. En arrivant au lieu de rasemblement, des policiers en armes voulurent libérer Korczak. Mais Korczak refusa de quitter ses protégés. Un de ses grands soucis était la crainte qu’on ne laisse pas assez de temps aux enfants pour s’habiller et qu’ils dussent marcher pieds nus. On raconta aux plus petits qu’ils allaient faire une excursion et qu’ils allaient enfin voir des champs, des forêts et des fleurs, choses qui n’existaient pas au ghetto.
Quelques heures plus tard, ils étaient tous entassés dans les wagons de la mort…Les assassins nazis ont exterminé cent mille enfants du ghetto de Varsovie. »

Docteur A. Bermann, avant la guerre, directeur des instituts psychologiques et psychotechniques des juifs de Pologne, les « Zentos », de Varsovie. Déposition au procès d’Eichmann, le 3 mai 1961.

 

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23 février, 2009

Poème de Gisèle Guillemot.

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 17:41

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« Arrivée des enfants ». Estampe réalisée en 1942 par Georges Horan, interné à Drancy.

 

Aux petits enfants de Pitchipoï *

 

Ils disent aujourd’hui
Que ce n’était pas vrai
Que nul ne respira
Sous les cieux d’Auschwitz
Ou ceux de Treblinka
Le zyklon qui tuait.


Mais que sont devenus
Poursuivis par la mort
Tous ces enfants perdus
Qui s’en allaient en pleurs
Une médaille d’or
Accrochée sur le cœur.


Parfois en cauchemar
Je les vois s’avancer
Leurs menottes crispées
Par l’angoisse et la peur
Ivres de désespoir
Et regardant blafards
Jaillir du crématoire
La sinistre lueur.


Où ont-ils disparu
Ces petits enfants juifs
Et ces enfants tziganes
Que nul n’a plus revus.


Vous qui dites aujourd’hui
Que ce n’était pas vrai
Dites, mais dites-nous,
Que sont-ils devenus ?

 

* Les enfants qui attendaient leur départ vers l’inconnu dans les camps de Drancy, de Pithiviers, etc., appelaient cet ailleurs mystérieux « Pitchipoï ».

 

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11 février, 2009

Témoignage de Françoise Comte, résistante, déportée.

Classé sous Dossier Special Concours — vivelaresistance. @ 3:38

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Françoise Comte, venue témoigner au collège Louise Michel, le 11 mars 2008.

 

« Lorsqu’on n’était ni juif, ni tzigane, ni polonais, ni…
mais seulement une enfant française, de 16 ans et demi, ayant obtenu son bac, ayant fait du sport d’équipe (hand-ball) et de l’athlétisme (championne de Normandie du 300m) sachant jardiner, bêcher, faucher à la faux, traire les vaches, élever lapins et poules, sachant coudre, tricoter, participer aux tâches ménagères…
ayant beaucoup lu (entre autre « Mein Kampf » , les livres de Pearl Buck sur le début de la révolution communiste en Chine , sur les cas de conscience des Alsaciens entre 1870 et 1918, etc.).

Lorsqu’on est une adolescente française ayant partagé la résistance de son père et de sa famille au régime nazi, qu’on est arrêtée, enfermée pendant presque un an dans les prisons allemandes, dans une promiscuité multiple et pas très bien comprise parce que ne connaissant pas le milieu de la prostitution ( à un moment donné dans ma cellule nous étions 13 dont 12 filles de trottoir ou de bordel de Rouen)
Lorsqu’on n’a pas parlé sous les coups de schlague pendant les interrogatoires (c’est à dire qu’on a fait son devoir).
Lorsqu’on n’a jamais entendu parler de politique, ni des communistes, et qu’on vous fait vivre le mépris de ceux-ci parce que vous avez été scolarisée, vous déniant toute sorte de capacité (la lutte des classes à l’envers ? ).
Lorsqu’on n’a pas connu ce qu’est un rapport amoureux et sexuel (car nous étions nombreux dans ce cas, à 16 ans en 1943).
Alors, lorsqu’on vous jette en prison et plus tard en camp de concentration vous n’avez pas d’adolescence, vous passez directement dans le monde des adultes.

Dans les camps vous travaillez comme les adultes, vous ne mangez pas plus qu’eux, vous ne pouvez pas plus vous laver, vous subissez les mêmes appels, vous avez autant qu’eux peur des coups de gummi, vous n’avez pas plus de place dans les châlits à partager, vous avez autant que les adultes peur des bombardements…
Votre jeunesse vous fait peut être esquiver un peu les coups, vous permet peut-être de mieux pouvoir vous cacher, vous « organiser » peut-être un peu plus efficacement…

Si vous avez la chance de vous en sortir, de ces camps, votre corps se
souvient toujours des coups, des carences, des appels, du froid, de la faim de la peur…
Si vous avez la chance de revenir vous vous souvenez des adultes autour de vous, protecteurs certainement, mais ayant leurs conversations d’adultes, chacune ayant pour référence son milieu social, son passé et ses rêves d’avenir…
Nos rêves d’avenir ? Vivre, sortir de là, avec une sorte de fureur, ce qu’on doit appeler l’instinct de survie.
La déportation, c’est une deuxième peau, invisible, douloureuse, qu’il a fallu maîtriser pour faire face au vide de la famille disparue dans la tourmente, de la maison pillée par l’occupant et les voisins…pour faire face à l’incompréhension de ceux qui étaient restés en France et se justifiaient des misères subies pendant l’occupation.
La déportation, c’est mon adolescence confisquée, c’est peut-être aussi la chance de ma vie (puisque j’en suis revenue), c’est une partie de ce je suis aujourd’hui, c’est ce qui fait certainement que je ressens douloureusement la vision des images des conflits qui existent à travers le monde aujourd’hui ».

Françoise Comte

 

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1 août, 2008

Journée nationale, Alencon le 20 Juillet 2008 Suite.

Classé sous CEREMONIE,JOURNEE,MEMOIRE — vivelaresistance. @ 18:46

Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes » de France.

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Square des Déportés à Alençon. Lecture du message du secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants par M. Raymond Jourdain, secrétaire général de la préfecture de l’Orne (20 juillet 2008).

Message de M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants.


« Nous célébrons aujourd’hui la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes » de France.


Cette date commémore la grande rafle du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942, qui vit l’arrestation par la police française, sur ordre de l’occupant, de près de 13.000 juifs de France, parmi lesquels 5.802 femmes et 4.051 enfants de moins de seize ans.

Arrachés à leur domicile par la police puis parqués dans des conditions effroyables au sein de camps d’internements français, ces femmes et ces hommes, qui n’avaient d’autre tort que celui d’être nés juifs, devaient ensuite emprunter le chemin de la Déportation, qui les conduisit à l’extermination dans les camps de la mort.

Pour les juifs de France, les rafles de 1942 furent l’antichambre de la Solution Finale.

Effectuée à Paris et dans sa proche banlieue, la rafle du Vel d’Hiv ne fût pas un élément isolé. Dès le printemps de l’année 1941, des rafles avaient été opérées à Paris, visant des juifs de toutes nationalités, y compris des juifs Français. Durant l’été 1942, les rafles s’intensifièrent partout en France, jusqu’en zone libre, où 6.500 juifs devaient également connaître la Déportation.

Exigées par l’Allemagne nazie, les rafles de l’année 1942 furent la conséquence et l’aboutissement d’une politique d’exclusion contre les juifs entamée dès l’instauration du régime de Vichy, avec notamment le statut des juifs du 3 octobre 1940, portant exclusion des juifs Français de la nation et celui du 4 octobre 1940, qui autorisa l’internement des juifs étrangers et apatrides réfugiés en France.

Avec cette politique de persécution raciale, l’État français de Vichy devint complice des criminels nazis. Au total, 76.000 juifs de France ne revinrent jamais de la Déportation.

Par de tels actes, la France renonçait soudain à toutes ses traditions. La politique anti-juive systématique conduite par le gouvernement de Vichy renouait avec les heures sombres de la persécution des juifs au Moyen-âge.

Mais en cet été 1942, au milieu de l’horreur, s’éleva également au sein de la population française un vent de protestation et d’indignation contre le sort réservé aux juifs.

Parmi ces voix qui s’élevèrent alors contre l’intolérable, nous honorons aujourd’hui en particulier les « Justes » de France, qui risquèrent leur vie pour sauver des juifs voués à l’extermination.

Nous honorons le courage de ces 2.646 Justes de France, dont le nom est gravé dans la pierre du mémorial de la Shoah de Yad Vashem et sur le mur des « Justes » du mémorial de la Shoah.

Ces noms, qui sont l’honneur et la conscience de notre pays, rappellent que des actes isolés de la population française contribuèrent à sauver les deux tiers des juifs de France.

N’oublions pas, enfin, le sort tragique réservé aux gens du voyage, surveillés, internés et parfois déportés.

Souvenons-nous de ces heures sombres de notre histoire. N’oublions pas le sort tragique des juifs de France, nés ici ou réfugiés de fraiche date, soudain livrés à la barbarie nazie par un régime servile, qui choisit de trahir les idéaux de la France. »

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