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14 mars, 2011

Témoignage de Jean-Jacques Auduc.

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Carte de résistant de Jean-Jacques Auduc, né le 9 juillet 1931 à Cérans-Foulletourte près du Mans, dans le département de la Sarthe.

Jean-Jacques Auduc est confronté à la guerre dès l’âge de 9 ans. Son père, prisonnier s’est évadé en 1941. Toute sa famille se lance dans la lutte active dès 1943 au sein du réseau « Hercule-Buckmaster » organisé autour d’un officier britannique et d’un radio parachutés. Le 1er juin 1943, Jean-Jacques entre officiellement dans le réseau Hercule en qualité d’agent P1. Il a 11 ans et 11 mois !
Jean-Jacques Auduc reçoit le 13 juin 1945 la Croix de Guerre 1939-1945 avec Étoile de vermeil pour son action du 21 septembre 1943 alors qu’il n’avait que 12 ans. Il est le plus jeune Croix de Guerre de France.

 Je suis rentré dans la résistance à 10 ans.
C’est évidemment parce que mes parents étaient dans la résistance.
On appartenait au réseau Hercule-Sacristain-Buckmaster , c’est un réseau Anglais .
Mon père était agent de liaison en mai 1940 il se trouvait à la frontière belge, il a vu les nazis (il y avait les nazis parce que pour moi il y a les nazis et les Allemands et ça j’insiste).
Il a vu arriver les nazis dans un orphelinat où il y avait une centaine d’enfants ;
Il y avait les ’’bonnes sœurs“ qui s’occupaient des enfants ,les jardiniers , la cuisinière et tout ce qui va avec un orphelinat.
Ils avaient décidé d’établir leur quartier général dans cet orphelinat qui était une très belle maison ancienne, un château.
(c’était la division Das Reich)
Au lieu de les chasser ou de les faire transporter ailleurs, ils ont mis des mitrailleuses de chaque côté du grand portail, ils les ont assassinés de sang froid ,une centaine d’enfants et les bonnes sœurs et tous les gens qui étaient dans cette maison.

Mon père était motocycliste, il était caché, il a vu ce massacre, il a pensé que les Allemands étaient des hommes pas comme les autres, les nazis étaient des hommes pas comme les autres.
C’étaient pas des soldats comme les autres parce que les soldats ne font pas ça et que c’étaient des fous dangereux qui pouvaient en faire autant à ses enfants et il a décidé d’entrer dans un réseau de Résistance le plus tôt possible.

Il a vu les Allemands un peu plus loin et une cinquantaine de tirailleurs sénégalais à genoux dans un pré ; ils les ont massacrés de façon sauvage alors qu’ils étaient prisonniers de guerre non armés.
Tout ça a fait que mon père a décidé de rentrer dans la résistance.

Il a été fait prisonnier et il était motocycliste ; il avait une moto toute neuve.
Il y a un allemand qui lui a fait comprendre que sa moto était « Kaput » et qu’il voulait la sienne.
Il n’avait pas besoin de lui demander puisqu’il était prisonnier de guerre,
il lui suffisait de la prendre ; ça c’est les Allemands.
Mon père a été obligé de lui donner sa moto.
Il est revenu quelque temps après avec un paquet sous le bras et dans ce paquet il y avait des vêtements civils ; ça voulait dire qu’il voulait qu’il s’évade (différence entre les nazis et les Allemands ) ;

Il est rentré dans la Sarthe et il a cherché à entrer dans un réseau.
Il a eu la chance de trouver quelqu’un qui connaissait Hercule, chef du réseau Buckmaster.

Il a formé un groupe qui s’appelait le groupe Fred avec uniquement sa famille qui comprenait ma grand-mère, ma mère, mon père, tous mes oncles et moi qui avait 11 ans.
Vous allez me dire qu’est-ce que l’on peut faire contre l’armée allemande ?
À l’époque si il y avait un rassemblement de plus de 3 adultes, il y avait automatiquement contrôle ; soit de la police française soit de la police allemande, tandis qu’un écolier ça passait partout.

Ma mission principale, la boîte aux lettres du réseau Buckmaster, était au Mans à l’hôtel de la Calandre.
Les courriers du Nord et du Pas de Calais apportaient leurs renseignements et prenaient les ordres.
Dans cet hôtel il y avait un radiateur de chauffage central qui était aménagé pour ça.
Ils mettaient ça dedans, et c’est tout ce qu’ils savaient.
Ça s’est produit malheureusement il y en a qui ont été arrêtés, torturés, mais ils n’ont pas pu dire quoique ce soit ils ne savaient rien, ils ne savaient pas où était le chef de réseau, ni le poste- émetteur ; mon travail était de reprendre ça dans le radiateur et de le porter chez ma grand-mère qui habitait à 25 km du Mans avec mon petit vélo.
Je passais les barrages, je n’ai jamais été inquiété.
Je mettais les messages dans la pompe de mon vélo et un jour j’ai perdu la pompe, ce n’est pas très grave parce que tout était codé.
Après je mettais ça dans le guidon de mon vélo et je faisais attention à mon vélo.
A 10 ans et demi je faisais 25 km aller, 25 km retour, ce qui faisait 50 km.
Des fois on me disait tu repars parce qu’il y avait du boulot ; alors du vélo j’en ai fait.
Ça c’était ma première mission.

Ma deuxième mission : on m’a envoyé là où des adultes ne pouvaient pas aller.
Les Anglais avaient fait des photos aériennes du terrain d’aviation du Mans et s’étaient aperçus qu’il y avait 3 escadrilles de Messerschmitt sur le terrain.
Ça les inquiétait beaucoup et ils ont demandé que l’on essaie de se renseigner, voir ce que c’était ça. C’était pas normal.
Donc c’est moi qu’on a envoyé avec mon cerf-volant, j’ai approché.
C’était gardé par des vieux soldats allemands qui avaient fait la guerre 14-18 et qui n’étaient pas méchants du tout et qui ont joué avec moi avec mon cerf-volant.
Je me suis penché et je me suis aperçu que les avions en question c’étaient des leurres, des avions en bois ; ils n’étaient pas peints en dessous.
Alors j’ai rendu compte et les Anglais, avec l’humour qu’ils avaient à l’époque, ont bombardé le terrain d’aviation du Mans une semaine après avec des bombes en bois !
Ça voulait dire que c’était important pour eux ; ils voulaient faire comprendre aux Allemands qu’ils étaient surveillés, que la Résistance française existait.

Notre groupe était un groupe de famille et lorsque nous recevions des parachutages il n’y avait pas de trop de toute la famille pour enlever les containers.
Moi je faisais le guetteur, je remplaçais un adulte : ça m’est arrivé une nuit, j’ai entendu un bruit sourd, j’ai donné l’alerte et en fait c’était un troupeau de vaches qui fonçait sur les lampes qu’ils avaient allumées.
Mon chef de groupe m’a félicité car j’avais été vigilant et surtout je ne m’étais pas endormi car à 11 ans on dort bien à 3 h du matin !

Mon père était chargé par le groupe Sacristain-Buckmaster de récupérer les aviateurs américains tombés en Sarthe.

Car les Américains avaient fabriqués beaucoup d’avions mais n’avaient pas de personnel à mettre dedans, donc ceux qui tombaient il fallait les récupérer vite fait pour qu’ils repartent le plus tôt possible.
À une époque le réseau était bloqué sur l’Espagne et l’on a été obligé de les garder chez nous pendant 3 mois.
On en avait trois dans une pièce mais au bout d’une semaine on ne pouvait plus les tenir enfermés ; il fallait les sortir.

Ma mère qui avait eu son brevet supérieur en 1930, était secrétaire d’une organisation agricole, et avait accès aux tampons.
Ils avaient tous des faux papiers pour les sortir : ils étaient tous sourds et muets c’était plus facile si ils étaient interrogés.
Un jour, on s’est fait arrêter à la sortie du Mans, j’étais avec un grand gaillard, j’ai eu la peur de ma vie car il y avait trois possibilités :
Si on rentrait dedans ils nous tiraient dessus.
Si il se sauvait c’était pareil.
La troisième, c’était la meilleure solution : il ne fallait pas qu’il bouge, j’ai serré la main très fort.
Il n’a pas bougé, il était blanc comme un linge. J’ai pris ses papiers dans sa poche, je les ai présentés au feldgendarme ; il a vu qu’il était sourd et muet, il a dit “grand malheur « raoust » (foutez le camp ).
Il n’est pas resté très longtemps là et mon grand américain quand il est rentré à la maison il m’a dit   « moi à 3000 m, je veux bien les voir mais pas par terre, je ne sors plus !»

Tout ça s’est terminé quand mes parents ont été arrêtés au bout de 9 mois de fonctionnement du réseau.
Heureusement pour moi j’étais parti en mission chez ma grand-mère et quand je suis arrivé, il y avait une voisine qui m’attendait au bout de la rue.
Elle m’a dit « surtout, tu ne rentres pas, les Allemands ont arrêté tes parents ».
Il est évident que si j’avais vu mes parents torturés, j’aurais parlé et moi sous la torture j’aurai avoué tout ce que je savais.
C’était prévu mais enfin il fallait que je parte sur Paris.
J’ai été d’abord à Chartres chez un colonel d’aviation qui faisait partie du groupe.
J’ai pris le train ; mais à 11 ans, pas de papier, traqué par la Gestapo, pas d’argent, les parents je ne savais pas si je les reverrai un jour, ça fait beaucoup pour un seul homme.
J’ai suivi les consignes, je suis parti. Je suis resté un peu chez le colonel qui n’a pas voulu me garder et m’a envoyé sur Paris.

Quelqu’un devait me prendre en charge mais ce quelqu’un n’est jamais venu car il a été arrêté.
Je me suis retrouvé sur le quai de la gare Montparnasse où je n’avais jamais été, je sortais de ma cambrousse, là j’étais vraiment perdu.
A l’époque, il y avait des porteurs qui prenaient les bagages quand vous sortiez de la gare .
il y en a eu un qui est venu me voir il me dit :
« mon petit bonhomme qu’est-ce qui se passe ? »
« tes parents ne sont pas venus te chercher ? » je dis « non ».
«tu vas me dire où tu dois aller ».
Je ne savais pas où aller, c’était mon problème.
Je lui ai avoué, foutu pour foutu : « je suis recherché, mes parents ont été arrêtés, je suis recherché »
Il me dit :
« bon je vais t’emmener chez moi ». il m’a emmené chez lui,
il s’était marié la veille.
Un monsieur qui ne me connait pas, un monsieur qui savait qu’il pouvait toucher une prime si il me livrait… L’hiver 1943, il faisait très froid.
J’ai dormi avec lui et la mariée a dormi sur la peau de mouton.
Voyez il y a quand même des gens extraordinaires que l’on rencontre dans une vie.
Mais le lendemain il m’a dit ça ne peut plus durer, je voudrais bien coucher avec ma femme.
Il m’a envoyé à une autre adresse et là les Anglais m’ont retrouvé.
Un jour on a entendu à la radio Jean Jacques est bien arrivé chez ses amis marchands de couleur.
ça voulait dire que j’étais encore en vie.
Dans la maison où j’étais, j’ai retrouvé 2 adresses.
J’ai fait tous les métiers à 11 ans sur Paris : j’étais marchand de couleur à Montmartre, j’ai promené des petits chiens chez une dame, il y a des gens qui ne me donnaient rien même pas de pain moi je n’avais pas de ticket c’était mon problème et à Paris les gens crevaient de faim.
Il y avait des gens sympa qui me donnaient des choses, d’autres pas.
Un jour je suis tombé sur la fourrière. Des gens de la fourrière qui m’ont dit : « tu promènes des chiens, des chats, on pourrait te donner une bonne prime » (il ramassait des chiens des chats pour l’unique lion qui restait à Vincennes).
Moi les gens qui n’étaient pas sympa je donnais les chiens et les chats ; fallait que je bouffe, que je vive, c’est pas beau mais j’ai trop été honnête je ramenais la laisse et le collier !
Ce fut cela un moment puis j’ai fait d’autres métiers et j’ai terminé à Montmartre chez les demoiselles de petites vertus qui m’ont sauvé la vie ; je leur dois la vie.
J’étais très triste à la libération quand des résistants de la dernière heure se sont permis de prendre un brassard et leur fusil de chasse et les ont humiliées comme ils l’ont fait.
Au bout de 3 mois, je n’intéressais plus la Gestapo, mes parents étaient déportés, mon père à Buchenwald, ma mère à Ravensbrück ; ils avaient été torturés au Mans.
Ma mère a été vendue au laboratoire Bayer pour 170 marks pour faire des expériences sur les femmes, elle est revenue dans un état sanitaire épouvantable.
Le début de la pénicilline l’a prolongée de quelques mois et elle est morte à 41 ans.
J’ai deux oncles qui ont été euthanasiés à Mauthausen et moi j’ai réussi à passer au travers.
Je suis encore là à 80 ans et c’est pour cela que je témoigne : pour que vous sachiez
qu’il y a les nazis et il y a les Allemands.
Vous avez de la chance de pouvoir apprendre moi je ne l’ai pas eu.
Je n’ai pas fait d’études, j’ai tout perdu dans cette aventure-là.
Il a fallu travailler ; mon père quand il est rentré faisait 36 kg et il fallait que je me mette au boulot.

 

 

Et ce que je voudrais vous dire c’est un message d’espoir :
Ayez confiance dans vos parents, enseignants, éducateurs.

Vous avez la chance de pouvoir apprendre, nous on ne l’a pas eu et surtout :
Ayez confiance en vous même.
Soyez fier de votre pays et de votre drapeau la France.
MERCI

 

Témoignage de Jean-Jacques Auduc. dans CNRD 2011 logoassociationvivelaresistancenew2

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8 septembre, 2009

12 août 1944 : de la Libération d’Alençon à la Bataille de la Croix de Médavy.

Classé sous CEREMONIE,COMMEMORATION,HISTOIRE,HOMMAGE — vivelaresistance. @ 17:41

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Cérémonie du 12 août 2009, Croix de Médavy. Au premier plan, devant le char, à gauche : M. Roger Doré, porte-drapeau national de la 2ème D.B.
(Crédit photo : Paul Guilbert)

 

Le samedi 12 août 1944 au matin, il fait un soleil magnifique, Alençon vient d’être libérée dans la nuit !
Le sous-lieutenant Mucchieli note dans le journal du 4ème Escadron du 12ème Cuir. « Des acclamations folles montent vers nous. Des groupes entiers d’hommes et de femmes s’agitent en criant : « Vivent les Américains ». Comme nous répondons par des exclamations bien françaises, on crie : « Ce sont des Canadiens ». Quand nous leur montrons la croix de Lorraine que nous portons sur nos chars et nos poitrines, la nouvelle court dans la ville et nous revient grossie de larmes et de cris d’enthousiasme ».
Les blindés du GTV (Groupement Tactique Warabiot) traversent Alençon : rue du Pont-Neuf (où ils passent devant le général assis sur une chaise au bord de la route), Grande Rue (ils passent devant l’église Notre-Dame), poursuivent par la rue Saint-Blaise pour se regrouper à la sortie de la ville.
En fin de matinée, le général Leclerc et son PC Avant quittent Alençon pour Sées. Les premiers éléments de la 2ème D.B. y rejoignent l’avant-garde de la 5ème D.B. US (dont l’objectif est Argentan par la N 158) créant un embouteillage indescriptible dans les rues de la ville et sur la place de la cathédrale.
Avec son audace habituelle, Leclerc a en effet décidé d’utiliser momentanément l’itinéraire des Américains pour effectuer une manœuvre « à front renversé » en forêt d’Écouves. Il en sera ensuite félicité par le général Haislip, commandant le XVème Corps d’Armée US.
Leclerc ordonne au Sous-Groupement Putz de se porter au Nord de la forêt d’Écouves par la N 808 (qui mène à Carrouges) tandis que le colonel Warabiot est lancé vers Mortrée puis Écouché.
Très brillant officier, le lieutenant-colonel Joseph Putz, qui est un ancien de la première guerre mondiale, a aussi commandé les Français des Brigades internationales dans la Guerre d’Espagne (ce Compagnon de la Libération sera tué à Grussenheim, en Alsace, le 28 janvier 1945).
La fusillade éclate aux lisières mêmes de Sées avec des éléments de la 116ème Panzer qui sont réduits au silence en moins de deux heures.
Arrivé au carrefour du Point-du-Jour vers 17 heures (près de Tanville), Putz reçoit l’ordre de lancer son Sous-Groupement plein Sud (sur la D26) à la rencontre des Spahis du lieutenant-colonel Roumiantzoff bloqués aux lisières Sud de la forêt d’Écouves (à la hauteur des Gateys). Il est plus de 18 heures et les hommes sont assez inquiets d’avoir à s’enfoncer dans ce guêpier tenu par la 9ème Panzer.
A moins de 100 mètres du carrefour de la Croix de Médavy, la prise de contact avec l’ennemi est très violente : plusieurs chars de la 2ème Compagnie du 501ème R.C.C. sont mis hors de combat (dont le MONTEREAU qui est exposé à Alençon dans l’ancien Quartier Lyautey). Ça mitraille de tous les côtés, tirs au lance-roquettes, jets de grenades…la forêt brule par endroits et la visibilité est mauvaise. Emmenés par l’adjudant-chef Aimé Teisseire et le lieutenant Michel Carage (tous deux ont été faits Compagnons de la Libération), les fantassins de la 10ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad font un très gros travail pour nettoyer le secteur. Le lieutenant Serge Borochovitch, adjoint du capitaine Sarazac, commandant la Compagnie, est grièvement blessé et évacué vers l’Angleterre. Engagé dans la France Libre dès juin 1940, à l’âge de 19 ans, il a été de tous les combats avec Leclerc depuis le Tchad ; rétablit, il reprendra sa place quelques semaines plus tard dans les Vosges.
La nuit s’empare progressivement de la forêt, les hommes du commandant Putz organisent un dispositif de défense et restent sur place (les plus avancés sont à 1500 mètres au Sud de la Croix de Médavy). Ils n’effectueront la jonction avec les hommes de Roumiantzoff (dont ils ne sont séparés que de quatre kilomètres) que le lendemain matin vers 9 heures.
Au soir de cette journée, le général établit son PC au carrefour du Point-du-Jour, appelé aussi « carrefour du Cercueil ». En plein dans les lignes ennemies ! Mais Leclerc a la baraka et il sait qu’il vient de bousculer profondément l’ennemi et de remporter une belle partie dans cette Bataille de Normandie qui n’est pas encore terminée.
Belle journée également pour Alençon qui évite la destruction et entre dans l’Histoire comme la première ville française libérée par des Français. La légende est en marche.

Christophe Bayard

 

Drapeau National 2ème DB

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la ville d’Alençon, inscrite en lettes d’or, sur le drapeau national de la 2ème D.B.

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30 août, 2007

Hommage à Pierre Messmer, Chancelier de l’Ordre de la Libération.

Classé sous HOMMAGE — vivelaresistance. @ 19:56

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Pierre Messmer portant le célèbre « habit vert » d’académicien ainsi que la Croix de la Libération.

 

Né le 20 mars 1916 à Vincennes (Val-de-Marne) d’une famille alsacienne qui avait opté pour la France en 1871, Pierre Messmer a fait ses études secondaires à l’école Massillon et au lycée Charlemagne. Breveté de l’École nationale de la France d’outre-mer (1934-1937), diplômé de l’École des langues orientales (1934-1936), licencié en droit (1936), docteur en droit (1939).

Appelé au service militaire en octobre 1937, il est maintenu sous les drapeaux en raison de la guerre et ne sera démobilisé que le 31 décembre 1945.
Après la campagne de France en 1939-1940, il rejoint les Forces françaises libres à Londres, en juillet 1940. Affecté à la 13e Demi-Brigade de la Légion étrangère, il participe, comme lieutenant puis, à partir de 1941, comme capitaine commandant de compagnie, aux opérations de Dakar et Libreville, aux campagnes d’Érythrée, de Syrie en 1941, de Libye en 1942-1943, et de Tunisie en 1943.
Pierre Messmer a combattu à Keren, Massaoua, Kissoué, Damas, Bir-Hakeim, El Alamein.

C’est à l’issue de la campagne d’Erythrée qu’il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle le 27 mai 1941.

Il débarque en Normandie en juin 1944 et entre à Paris en août 1944.
Parachuté en Indochine en août 1945, il est fait prisonnier par le Vietminh, s’évade et rejoint en octobre la mission française à Hanoï.

Rendu à la vie civile, Pierre Messmer exerce ses fonctions d’administrateur de la France d’outre-mer : secrétaire général du Comité interministériel pour l’Indochine (1946), directeur du cabinet du Haut-Commissaire en Indochine (1947-1948), administrateur du cercle de l’Adrar mauritanien (1950-1952), gouverneur de la Mauritanie (1952-1954), de la Côte d’Ivoire (1954-1956), directeur de cabinet du ministre de la France d’outre-mer (1956), Haut-Commissaire de la République au Cameroun (1956-1958), en Afrique équatoriale (1958) ; il sera le dernier gouverneur général de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.) en 1958 et 1959.

Pierre Messmer avait également été ministre des Armées du général de Gaulle (1960-1969) et premier ministre de Georges Pompidou de juillet 1972 à mai 1974. Il avait été également député UDR puis RPR de Moselle (1968-1988), conseiller régional (1968-1992) et président du Conseil régional de Lorraine, conseiller général de Moselle (mars 1970-mars 1982) et maire de Sarrebourg pendant 18 ans (1971-1989). Il avait présidé le groupe RPR à l’Assemblée nationale de 1986 à 1988.
 
L’ancien Premier ministre était par ailleurs membre de l’Académie des sciences d’Outre-mer depuis 1976 et membre, depuis 1988, de l’Académie des sciences morales et politiques avant d’en devenir le secrétaire perpétuel (1995-1998). Il est également chancelier de l’Institut de France (1998-2005) puis chancelier honoraire.
Devenu depuis longtemps l’un des gardiens du temple gaulliste, il avait présidé l’Institut Charles de Gaulle (1992-1995) puis la Fondation Charles de Gaulle (1995-1998).

Pierre Messmer a été élu, le 25 mars 1999, à l’Académie française au fauteuil de Maurice Schumann.
En octobre 2001, il avait succédé au général d’armée Jean Simon à la présidence de la Fondation de la France libre.
Il avait été nommé Chancelier de l’ordre de la Libération, le véritable sanctuaire du gaullisme, en juin 2006, suite au décès du général Alain de Boissieu, gendre du général de Gaulle.

Pierre Messmer était notamment Grand’Croix de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération, Croix de guerre 1939/1945 avec six citations, Médaille de la Résistance et officier de l’American Legion.

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