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6 août, 2011

Hommage à Jacques Branet, le 12 août 2011 à Francheville.

Classé sous Francheville,Hommage a Jacques Branet,Inauguration,LE 12 AOUT 2011 — vivelaresistance. @ 20:21

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Jacques BRANET
(photo prise en octobre 1944)

 Jacques Branet est né le 1er janvier 1915 à Paris.

Elève officier de réserve sorti de Saumur ; Aspirant en 1938.

Participe à la Campagne de France (mai – juin 1940) à la tête d’un peloton du 8ème Régiment de Dragons (à cheval).

Fait prisonnier le 23 mai 1940, interné en Allemagne. S’évade en mars 1941, puis de nouveau interné trois mois en U.R.S.S. comme espion (il change de statut à partir de l’offensive allemande, à l’Est, en juin 1941 qui joue en faveur des prisonniers français).

Il rejoint l’Angleterre, avec 185 autres camarades (dont les capitaines Billotte et de Boissieu), et s’engage dans les Forces Françaises Libres en septembre 1941.

Il constitue à Camberley (près de Londres) la 3ème Compagnie de Chars de Combat des F.F.L. Cette Compagnie est rassemblée aux deux autres déjà créées au sein des F.F.L. pour former le 501ème Régiment de Chars de Combat de la 2ème D.B. (Maroc – été 1943).

Le capitaine Branet devient Commandant du 3ème Escadron du 501ème Régiment de Chars de Combat de la 2ème D.B. Après un passage par l’Angleterre, il débarque en France (près de Saint-Martin-de-Varreville) le 2 août 1944. C’est le début de la Campagne de Normandie.

Le 12 août 1944 au soir, le détachement Branet libère Francheville au terme d’un « raid » exceptionnel qui lui permet de détruire de nombreux véhicules et de faire près de 300 prisonniers. Jacques Branet n’a alors que 29 ans.

Combattant d’une ardeur exceptionnelle et meneur d’hommes exemplaire, il est plusieurs fois blessé lors de la Campagne de France (notamment à Paris et dans les Vosges) avant de terminer la guerre en Allemagne.

Jacques Branet a été fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle (décret du 13 juillet 1945).

En 1945, le commandant Branet reste dans l’armée. Reçu à l’école de Guerre, il sert notamment en Algérie au Gouvernement Général et à la tête des 5ème et 6ème Spahis algériens, et en métropole, au cabinet militaire puis à l’état-major particulier du général de Gaulle.

Cruellement éprouvé physiquement, il doit, à cinquante ans, renoncer à sa carrière militaire. Il décède à Paris le 4 février 1969.

Titulaire de neuf citations, dont quatre à l’ordre de l’Armée, Compagnon de la Libération, le général Branet était Commandeur de la Légion d’Honneur.

 

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Lors de la Campagne de Normandie (près de Carrouges).
De gauche à droite : le sous-lieutenant Jacques Herry, le capitaine Jacques Branet et un officier anglais.

 

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14 mars, 2011

Témoignage de Jean-Jacques Auduc.

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Carte de résistant de Jean-Jacques Auduc, né le 9 juillet 1931 à Cérans-Foulletourte près du Mans, dans le département de la Sarthe.

Jean-Jacques Auduc est confronté à la guerre dès l’âge de 9 ans. Son père, prisonnier s’est évadé en 1941. Toute sa famille se lance dans la lutte active dès 1943 au sein du réseau « Hercule-Buckmaster » organisé autour d’un officier britannique et d’un radio parachutés. Le 1er juin 1943, Jean-Jacques entre officiellement dans le réseau Hercule en qualité d’agent P1. Il a 11 ans et 11 mois !
Jean-Jacques Auduc reçoit le 13 juin 1945 la Croix de Guerre 1939-1945 avec Étoile de vermeil pour son action du 21 septembre 1943 alors qu’il n’avait que 12 ans. Il est le plus jeune Croix de Guerre de France.

 Je suis rentré dans la résistance à 10 ans.
C’est évidemment parce que mes parents étaient dans la résistance.
On appartenait au réseau Hercule-Sacristain-Buckmaster , c’est un réseau Anglais .
Mon père était agent de liaison en mai 1940 il se trouvait à la frontière belge, il a vu les nazis (il y avait les nazis parce que pour moi il y a les nazis et les Allemands et ça j’insiste).
Il a vu arriver les nazis dans un orphelinat où il y avait une centaine d’enfants ;
Il y avait les ’’bonnes sœurs“ qui s’occupaient des enfants ,les jardiniers , la cuisinière et tout ce qui va avec un orphelinat.
Ils avaient décidé d’établir leur quartier général dans cet orphelinat qui était une très belle maison ancienne, un château.
(c’était la division Das Reich)
Au lieu de les chasser ou de les faire transporter ailleurs, ils ont mis des mitrailleuses de chaque côté du grand portail, ils les ont assassinés de sang froid ,une centaine d’enfants et les bonnes sœurs et tous les gens qui étaient dans cette maison.

Mon père était motocycliste, il était caché, il a vu ce massacre, il a pensé que les Allemands étaient des hommes pas comme les autres, les nazis étaient des hommes pas comme les autres.
C’étaient pas des soldats comme les autres parce que les soldats ne font pas ça et que c’étaient des fous dangereux qui pouvaient en faire autant à ses enfants et il a décidé d’entrer dans un réseau de Résistance le plus tôt possible.

Il a vu les Allemands un peu plus loin et une cinquantaine de tirailleurs sénégalais à genoux dans un pré ; ils les ont massacrés de façon sauvage alors qu’ils étaient prisonniers de guerre non armés.
Tout ça a fait que mon père a décidé de rentrer dans la résistance.

Il a été fait prisonnier et il était motocycliste ; il avait une moto toute neuve.
Il y a un allemand qui lui a fait comprendre que sa moto était « Kaput » et qu’il voulait la sienne.
Il n’avait pas besoin de lui demander puisqu’il était prisonnier de guerre,
il lui suffisait de la prendre ; ça c’est les Allemands.
Mon père a été obligé de lui donner sa moto.
Il est revenu quelque temps après avec un paquet sous le bras et dans ce paquet il y avait des vêtements civils ; ça voulait dire qu’il voulait qu’il s’évade (différence entre les nazis et les Allemands ) ;

Il est rentré dans la Sarthe et il a cherché à entrer dans un réseau.
Il a eu la chance de trouver quelqu’un qui connaissait Hercule, chef du réseau Buckmaster.

Il a formé un groupe qui s’appelait le groupe Fred avec uniquement sa famille qui comprenait ma grand-mère, ma mère, mon père, tous mes oncles et moi qui avait 11 ans.
Vous allez me dire qu’est-ce que l’on peut faire contre l’armée allemande ?
À l’époque si il y avait un rassemblement de plus de 3 adultes, il y avait automatiquement contrôle ; soit de la police française soit de la police allemande, tandis qu’un écolier ça passait partout.

Ma mission principale, la boîte aux lettres du réseau Buckmaster, était au Mans à l’hôtel de la Calandre.
Les courriers du Nord et du Pas de Calais apportaient leurs renseignements et prenaient les ordres.
Dans cet hôtel il y avait un radiateur de chauffage central qui était aménagé pour ça.
Ils mettaient ça dedans, et c’est tout ce qu’ils savaient.
Ça s’est produit malheureusement il y en a qui ont été arrêtés, torturés, mais ils n’ont pas pu dire quoique ce soit ils ne savaient rien, ils ne savaient pas où était le chef de réseau, ni le poste- émetteur ; mon travail était de reprendre ça dans le radiateur et de le porter chez ma grand-mère qui habitait à 25 km du Mans avec mon petit vélo.
Je passais les barrages, je n’ai jamais été inquiété.
Je mettais les messages dans la pompe de mon vélo et un jour j’ai perdu la pompe, ce n’est pas très grave parce que tout était codé.
Après je mettais ça dans le guidon de mon vélo et je faisais attention à mon vélo.
A 10 ans et demi je faisais 25 km aller, 25 km retour, ce qui faisait 50 km.
Des fois on me disait tu repars parce qu’il y avait du boulot ; alors du vélo j’en ai fait.
Ça c’était ma première mission.

Ma deuxième mission : on m’a envoyé là où des adultes ne pouvaient pas aller.
Les Anglais avaient fait des photos aériennes du terrain d’aviation du Mans et s’étaient aperçus qu’il y avait 3 escadrilles de Messerschmitt sur le terrain.
Ça les inquiétait beaucoup et ils ont demandé que l’on essaie de se renseigner, voir ce que c’était ça. C’était pas normal.
Donc c’est moi qu’on a envoyé avec mon cerf-volant, j’ai approché.
C’était gardé par des vieux soldats allemands qui avaient fait la guerre 14-18 et qui n’étaient pas méchants du tout et qui ont joué avec moi avec mon cerf-volant.
Je me suis penché et je me suis aperçu que les avions en question c’étaient des leurres, des avions en bois ; ils n’étaient pas peints en dessous.
Alors j’ai rendu compte et les Anglais, avec l’humour qu’ils avaient à l’époque, ont bombardé le terrain d’aviation du Mans une semaine après avec des bombes en bois !
Ça voulait dire que c’était important pour eux ; ils voulaient faire comprendre aux Allemands qu’ils étaient surveillés, que la Résistance française existait.

Notre groupe était un groupe de famille et lorsque nous recevions des parachutages il n’y avait pas de trop de toute la famille pour enlever les containers.
Moi je faisais le guetteur, je remplaçais un adulte : ça m’est arrivé une nuit, j’ai entendu un bruit sourd, j’ai donné l’alerte et en fait c’était un troupeau de vaches qui fonçait sur les lampes qu’ils avaient allumées.
Mon chef de groupe m’a félicité car j’avais été vigilant et surtout je ne m’étais pas endormi car à 11 ans on dort bien à 3 h du matin !

Mon père était chargé par le groupe Sacristain-Buckmaster de récupérer les aviateurs américains tombés en Sarthe.

Car les Américains avaient fabriqués beaucoup d’avions mais n’avaient pas de personnel à mettre dedans, donc ceux qui tombaient il fallait les récupérer vite fait pour qu’ils repartent le plus tôt possible.
À une époque le réseau était bloqué sur l’Espagne et l’on a été obligé de les garder chez nous pendant 3 mois.
On en avait trois dans une pièce mais au bout d’une semaine on ne pouvait plus les tenir enfermés ; il fallait les sortir.

Ma mère qui avait eu son brevet supérieur en 1930, était secrétaire d’une organisation agricole, et avait accès aux tampons.
Ils avaient tous des faux papiers pour les sortir : ils étaient tous sourds et muets c’était plus facile si ils étaient interrogés.
Un jour, on s’est fait arrêter à la sortie du Mans, j’étais avec un grand gaillard, j’ai eu la peur de ma vie car il y avait trois possibilités :
Si on rentrait dedans ils nous tiraient dessus.
Si il se sauvait c’était pareil.
La troisième, c’était la meilleure solution : il ne fallait pas qu’il bouge, j’ai serré la main très fort.
Il n’a pas bougé, il était blanc comme un linge. J’ai pris ses papiers dans sa poche, je les ai présentés au feldgendarme ; il a vu qu’il était sourd et muet, il a dit “grand malheur « raoust » (foutez le camp ).
Il n’est pas resté très longtemps là et mon grand américain quand il est rentré à la maison il m’a dit   « moi à 3000 m, je veux bien les voir mais pas par terre, je ne sors plus !»

Tout ça s’est terminé quand mes parents ont été arrêtés au bout de 9 mois de fonctionnement du réseau.
Heureusement pour moi j’étais parti en mission chez ma grand-mère et quand je suis arrivé, il y avait une voisine qui m’attendait au bout de la rue.
Elle m’a dit « surtout, tu ne rentres pas, les Allemands ont arrêté tes parents ».
Il est évident que si j’avais vu mes parents torturés, j’aurais parlé et moi sous la torture j’aurai avoué tout ce que je savais.
C’était prévu mais enfin il fallait que je parte sur Paris.
J’ai été d’abord à Chartres chez un colonel d’aviation qui faisait partie du groupe.
J’ai pris le train ; mais à 11 ans, pas de papier, traqué par la Gestapo, pas d’argent, les parents je ne savais pas si je les reverrai un jour, ça fait beaucoup pour un seul homme.
J’ai suivi les consignes, je suis parti. Je suis resté un peu chez le colonel qui n’a pas voulu me garder et m’a envoyé sur Paris.

Quelqu’un devait me prendre en charge mais ce quelqu’un n’est jamais venu car il a été arrêté.
Je me suis retrouvé sur le quai de la gare Montparnasse où je n’avais jamais été, je sortais de ma cambrousse, là j’étais vraiment perdu.
A l’époque, il y avait des porteurs qui prenaient les bagages quand vous sortiez de la gare .
il y en a eu un qui est venu me voir il me dit :
« mon petit bonhomme qu’est-ce qui se passe ? »
« tes parents ne sont pas venus te chercher ? » je dis « non ».
«tu vas me dire où tu dois aller ».
Je ne savais pas où aller, c’était mon problème.
Je lui ai avoué, foutu pour foutu : « je suis recherché, mes parents ont été arrêtés, je suis recherché »
Il me dit :
« bon je vais t’emmener chez moi ». il m’a emmené chez lui,
il s’était marié la veille.
Un monsieur qui ne me connait pas, un monsieur qui savait qu’il pouvait toucher une prime si il me livrait… L’hiver 1943, il faisait très froid.
J’ai dormi avec lui et la mariée a dormi sur la peau de mouton.
Voyez il y a quand même des gens extraordinaires que l’on rencontre dans une vie.
Mais le lendemain il m’a dit ça ne peut plus durer, je voudrais bien coucher avec ma femme.
Il m’a envoyé à une autre adresse et là les Anglais m’ont retrouvé.
Un jour on a entendu à la radio Jean Jacques est bien arrivé chez ses amis marchands de couleur.
ça voulait dire que j’étais encore en vie.
Dans la maison où j’étais, j’ai retrouvé 2 adresses.
J’ai fait tous les métiers à 11 ans sur Paris : j’étais marchand de couleur à Montmartre, j’ai promené des petits chiens chez une dame, il y a des gens qui ne me donnaient rien même pas de pain moi je n’avais pas de ticket c’était mon problème et à Paris les gens crevaient de faim.
Il y avait des gens sympa qui me donnaient des choses, d’autres pas.
Un jour je suis tombé sur la fourrière. Des gens de la fourrière qui m’ont dit : « tu promènes des chiens, des chats, on pourrait te donner une bonne prime » (il ramassait des chiens des chats pour l’unique lion qui restait à Vincennes).
Moi les gens qui n’étaient pas sympa je donnais les chiens et les chats ; fallait que je bouffe, que je vive, c’est pas beau mais j’ai trop été honnête je ramenais la laisse et le collier !
Ce fut cela un moment puis j’ai fait d’autres métiers et j’ai terminé à Montmartre chez les demoiselles de petites vertus qui m’ont sauvé la vie ; je leur dois la vie.
J’étais très triste à la libération quand des résistants de la dernière heure se sont permis de prendre un brassard et leur fusil de chasse et les ont humiliées comme ils l’ont fait.
Au bout de 3 mois, je n’intéressais plus la Gestapo, mes parents étaient déportés, mon père à Buchenwald, ma mère à Ravensbrück ; ils avaient été torturés au Mans.
Ma mère a été vendue au laboratoire Bayer pour 170 marks pour faire des expériences sur les femmes, elle est revenue dans un état sanitaire épouvantable.
Le début de la pénicilline l’a prolongée de quelques mois et elle est morte à 41 ans.
J’ai deux oncles qui ont été euthanasiés à Mauthausen et moi j’ai réussi à passer au travers.
Je suis encore là à 80 ans et c’est pour cela que je témoigne : pour que vous sachiez
qu’il y a les nazis et il y a les Allemands.
Vous avez de la chance de pouvoir apprendre moi je ne l’ai pas eu.
Je n’ai pas fait d’études, j’ai tout perdu dans cette aventure-là.
Il a fallu travailler ; mon père quand il est rentré faisait 36 kg et il fallait que je me mette au boulot.

 

 

Et ce que je voudrais vous dire c’est un message d’espoir :
Ayez confiance dans vos parents, enseignants, éducateurs.

Vous avez la chance de pouvoir apprendre, nous on ne l’a pas eu et surtout :
Ayez confiance en vous même.
Soyez fier de votre pays et de votre drapeau la France.
MERCI

 

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9 mars, 2011

Les principaux aspects de la répression de la Résistance en France.

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Avis d’exécution d’Honoré d’Estiennes d’Orves, de Maurice Barlier et de Jan Doornik. Paris le 29 août 1941.

 

D’une façon ou d’une autre, le résistant, en refusant de se plier au nouvel ordre établi, viole la loi. Il tombe ainsi sous le coup d’une répression qui ne va cesser de se durcir. Bien entendu celle de l’occupant, qui fait respecter « les droits de la puissance occupante » (art.3 de la Convention d’armistice), terme élastique et vague qui lui permet en fait de réprimer largement ; il n’y a plus guère d’acte de résistance qui puisse lui échapper, comme le montrent ses ordonnances, et les condamnations prononcées par ses tribunaux militaires.

Cependant, l’une des particularités de la répression en France, est que les résistants se trouvent aussi placés sous le couperet de leur propre gouvernement. Dès le début, l’État Français met en place, à l’échelle du pays, une politique d’exclusion et de répression qui frappe tous ceux qu’il faut éliminer ou mater au nom de la « Révolution nationale » : les étrangers, les Juifs, mais aussi les républicains, ceux qui ont participé activement au Front populaire – en premier lieu les communistes – les syndicalistes, les « dissidents » gaullistes. L’outil législatif utilisé ici par Vichy est le décret-loi édicté par le gouvernement Daladier le 18 novembre 1939 : il autorise le préfet à interner, sans jugement, les « individus dangereux pour la Défense nationale ou pour la sécurité publique » ; la loi du 3 septembre 1940, véritable loi des suspects, le reprend en l’aggravant et, le 15 octobre 1941, la décision d’internement revient directement au ministère de l’Intérieur. Les camps d’internement – ou de concentration – sont une des institutions essentielles de Vichy.

Cette politique répressive n’est pas dictée par l’occupant, mais par la logique même du gouvernement dictatorial et réactionnaire qu’est Vichy. Cependant, elle correspond parfaitement aux besoins de l’Allemagne nazie : neutraliser les hommes et les forces aptes à briser la résignation, à mettre en cause l’ordre nécessaire à l’exploitation tranquille et fructueuse de la population. Significatif est d’ailleurs le parallélisme des mesures allemandes et vichystes qui ne cessera de s’affirmer.

Ce rôle de Vichy multiplie les dangers courus par le résistant. L’occupant, en effet, ne dispose pas de la logistique nécessaire pour faire appliquer ses décisions : l’administration allemande et la Gestapo n’ont pas le personnel suffisant pour couvrir l’ensemble du pays, et elles connaissent mal le terrain où il faut opérer. La police française, au contraire, travaille en pays de connaissance, dans une population qui lui est familière avec un certain nombre de dossiers de renseignements constitués de longue date. Elle est rompue aux méthodes de surveillance, de fouille, de perquisitions et de filature. Son efficacité va croître sans cesse : augmentation générale des effectifs de la police ordinaire et de la gendarmerie, désormais rattachée au ministère de l’Intérieur. Surtout renforcement et multiplication des corps nouveaux, particulièrement dressés à la chasse aux résistants : R.G. (Renseignements Généraux), G.M.R. (Groupes Mobiles de Réserve), polices supplétives, notamment la redoutable Milice. En particulier les R.G. et leurs Brigades spéciales atteignent un savoir-faire remarquable : enserrant les membres d’un groupe clandestin dans un réseau invisible de filatures, ils peuvent les « loger » (les repérer) successivement et, le moment venu, lancer l’opération qui démantèle, d’un coup, tout le groupe. Bien entendu, la collaboration de plus en plus étroite entre les polices françaises et allemandes multiplie les efficacités, surtout à partir des accords généraux, conclu en avril 1942, entre René Bousquet (secrétaire général à la Police) et le S.S. Karl Oberg (qui dirige l’ensemble des polices allemandes de France). De plus en plus, on verra côte à côte opérer R.G. et Gestapo, G.M.R., Milice, Wehrmacht et S.S.

Ce climat lourdement répressif, comme le poids de la mise en condition de l’opinion, constituent des facteurs essentiels dans les actes de dénonciation. Certes, on règle parfois de cette façon un contentieux personnel en profitant de l’air du temps. Mais le plus souvent on dénonce un voisin « suspect » par peur de représailles qui pourraient vous atteindre (la non dénonciation est un délit) ; ou avec la bonne conscience du citoyen zélé qui aide à mettre hors d’état de nuire les ennemis désignés du Maréchal et du pays.

Le résistant doit vivre sous la menace, de plus en plus aiguë, de l’arrestation. Il n’est pas facile de s’habituer à affronter le danger permanent des filatures et des repérages, particulièrement au moment des rendez-vous ; ni d’apprendre à surmonter la crainte d’entendre frapper à sa porte au petit matin. La moindre imprudence peut être le départ d’une opération policière d’envergure. Aussi les résistants mirent-ils au point des consignes strictes de prudence et de vigilance fut la parade essentielle au danger. Mais elle n’était pas toujours facile à observer.

Le résistant arrêté entre dans un autre monde où il va affronter d’autres dangers. D’abord celui des interrogatoires, car coups et tortures sont la règle pour obtenir les renseignements nécessaires à l’élargissement de la répression : les Brigades spéciales et la Gestapo s’y distinguent particulièrement. L’appareil judiciaire ne lui laisse pas grande chance. Les garanties habituelles de l’accusé n’existent pas dans les justices d’exception, qu’elles soient allemandes (tribunal militaire) ou françaises (sections spéciales, tribunal d’Etat) ; au bout de la route, le peloton d’exécution allemand, la guillotine française ou de lourdes peines d’emprisonnement. Les tribunaux français ordinaires ne brillent pas non plus pour l’indulgence. De plus, même lorsque le condamné a accompli sa peine, il est – conformément à la loi sur l’internement administratif – envoyé comme suspect dans un camp de concentration français. Ainsi, les camps constituent un des lieux essentiels de détention, sans cesse alimentés, dans lesquels les nazis prennent ceux qu’ils vont fusiller ou déporter.

La dureté de la répression contre les résistants ne tient pas seulement à l’efficacité de l’arsenal policier et judiciaire mis en place, mais aux méthodes particulières qu’il emploie. Ainsi, le système des otages, mis en vigueur en France à l’automne 1941, vise à frapper de terreur, par des exécutions de masse auxquelles est donnée une grande publicité, les résistants et la population. Mais c’est aussi un moyen supplémentaire de liquider les résistants jugés particulièrement dangereux : les otages sont soigneusement choisis – avec l’aide de l’administration française – à l’intérieur des camps d’internement ; la déportation dans les camps de concentration nazis a aussi, entre autres choses, cette fonction. Les premiers convois partis de France en 1942 sont des convois de « représailles » constitués essentiellement de résistants.

A la fin de la période, la terreur s’étale au grand jour. La haine des résistants se traduit dans la violence du discours et des images qui visent à les isoler de la population. Elle débouche aussi sur des exécutions sommaires et des tortures qui touchent aussi la population civile. La Milice de Darnand – alors chargée officiellement du maintien de l’ordre – s’y distinguera tout particulièrement.

 

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5 avril, 2010

70ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle.

Classé sous ACTUALITE,CONFRENCE - DEBAT,semaine speciale — vivelaresistance. @ 16:40

Programme officiel

70ème anniversaire
de l’appel du 18 juin 1940
du général de Gaulle

Alençon, du 22 au 25 avril 2010

 

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Jeudi 22 avril :

20H30

Conférence-débat
Sous la présidence d’honneur de M. Fred Moore, Compagnon de la Libération.
Avec la présence du colonel Loïc Le Bastard, Secrétaire Général de la Chancellerie de l’Ordre de la Libération et de Michel Leclerc de Hauteclocque, fils du maréchal Leclerc.


« L’Ordre de la Libération,
1038 Compagnons, 5 communes, 18 unités combattantes ».


L’histoire de la plus prestigieuse décoration française de la 2ème Guerre mondiale, en présence de plusieurs Compagnons et anciens de la France Libre et de la Résistance.


Entrée libre
Halle aux Toiles

Vendredi 23 avril :

17H00

 


Conférence de M. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Français libre, historien.

 


« De l’appel du 18 juin 1940 à la Libération »

 


Jean-Louis Crémieux Brilhac fut secrétaire du Comité exécutif de propagande et chef du service de diffusion clandestine de la France Libre (Londres – printemps 1942/août 1944).

La conférence sera suivie d’une séance de dédicaces de plusieurs ouvrages par l’auteur.

 

Entrée libre
Halle aux Toiles


Samedi 24 avril :

14H00


Conférence de M. Jean-François Muracciole, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Montpellier III. Spécialiste de la Résistance et de la France Libre. Chercheur au CNRS.


« Les Français libres, l’autre résistance »

 

Avec la présence de M. Georges Caïtucoli, Vice-Président et Secrétaire Général de la Fondation de la France Libre.


La conférence sera suivie d’une séance de dédicaces de plusieurs ouvrages par l’auteur.


Entrée libre

Halle aux Toiles

16H00

 

 

Conférence – débat
Par Mme Janine Boulanger-Hoctin, présidente de l’Amicale des volontaires féminines dans la France Libre.

 

« Les volontaires féminines dans la France Libre »

 


Avec la présence de plusieurs Françaises libres et anciennes résistantes.


17H00

 

Rencontre avec Jane Audoli-Courtault, auteur.
Présentation de l’ouvrage « Bernard Courtault – Lettres du Mont Valérien » et de la pièce de théâtre « Tribunal XXI ».

Tout l’après-midi : rencontres et échanges avec les vétérans de la France Libre et de la Résistance intérieure. Présence de plusieurs auteurs d’ouvrages sur le sujet, séances de dédicaces.

Entrée libre
Halle aux Toiles


Dimanche 25 avril :

16H00


Spectacle théâtral


« Tribunal XXI »

Cette pièce, écrite par Jane Audoli-Courtault et mise en scène par Jérémie Fabre, relate l’histoire et les derniers jours d’un jeune résistant de 20 ans, Bernard Courtault, fusillé au mont Valérien le 3 novembre 1943.


Entrée : 12 euros
Théâtre d’Alençon

 



Renseignements et réservation :

Librairie « Le Passage » 8, rue du Bercail – Alençon
Numéro du secrétariat de « Vive la Résistance » modifié le 04/05/2013 : 01 47 82 31 14


Du 22 au 25 avril

Expositions

« L’espérance doit-elle disparaître ? »
Réalisée par le musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne.

« De Gaulle et la France Libre »
Réalisée par la Fondation de la France Libre

(Visites de 14 heures à 19 heures)

Entrée libre
Halle aux Toiles

 

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20 mars, 2010

Radio Londres, la voix de la liberté « suite ».

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Une partie de l’équipe des « Français parlent aux Français », l’un des programmes les plus populaires de la BBC, emblématique d’une volonté de résister. Ici, de gauche à droite : Paul Boivin, Jacques Duchesne, Geneviève Brissot et Jean-Paul Granville.

 


Pour la première fois dans l’histoire des guerres, la radio s’impose comme une arme capitale. Après l’appel lancé par le général de Gaulle le 18 juin 1940, Radio Londres a continué à jouer un très grand rôle assurant un lien continu entre les Français de la métropole sous la botte nazie et les Alliés qui poursuivaient la guerre.
Radio Londres deviendra le porte-parole de la France Libre.
L’émission française de radio Moscou sera aussi écoutée mais son audience ne sera pas du tout comparable.
A compter du 1er juillet, l’émission « Ici la France » est diffusée durant trente minutes après un quart d’heure d’informations en français. Dans la séquence intitulée « l’émission de la France Libre » de Gaulle parle cinq minutes par soir. La voix du lieutenant Maurice Schuman qui l’a conçue, devient vite célèbre. Avant chaque émission de la France Libre, on entend la formule « Honneur et Patrie ».
Le 26 août, une nouvelle émission est créée : « Les Français parlent aux Français ». Le ton des émissions est dynamique et les programmes affichent une vraie cohérence. Cette émission galvanise les énergies et encouragera les Français à résister. Chaque soir, on peut entendre un véritable acte de foi dans la victoire.
Jusqu’à la Libération, cette émission de radio va mettre en fureur la propagande de l’ennemi. Un slogan imaginé par Oberlé fera merveille dans cette bataille pour la vérité : « Radio Paris ment, Radio Paris est allemand ».
Radio Londres émet également des messages codés, destinés à la Résistance intérieure, annonçant notamment des parachutages.
Toutes les émissions françaises de Radio Londres s’efforcent de mobiliser la population française. Pour le 1er janvier 1941, le général de Gaulle appelle les Français à déserter les rues des villes et des villages pendant une heure. Puis Radio Londres lance la « campagne des V » : les Français sont invités à tracer le signe de la victoire sur les murs, les portes, les trottoirs et les affiches de propagande de l’ennemi. Beaucoup passent à l’acte, en particulier les jeunes, et rajoutent souvent une croix de Lorraine. Les 1er mai, 14 juillet et 11 novembre, il est demandé d’organiser des rassemblements sur les places publiques, devant les mairies ou les monuments aux morts. Le 14 juillet 1941, des milliers de personnes se retrouvent place de l’Etoile et sur les grands boulevards à Paris, renouvelant en l’amplifiant la première manifestation patriotique du 11 novembre 1940.
L’occupant qui a pris conscience de l’impact de Radio Londres en interdira sans succès l’écoute,  (écouter Radio Londres était dangereux, on pouvait être dénoncé comme résistant) et organisera un brouillage systématique et puissant.
L’audience des émissions de Radio Londres ne cessera de s’élargir et en 1944, une large majorité des foyers métropolitains écoute cette radio « interdite » qui répandait l’espérance et appelait alors, à l’action.

 
 

Radio Londres, la voix de la liberté

TDR à Vive la Résistance 2010

 

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