Vive la Résistance.

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11 décembre, 2007

BONJOUR BIENVENUE SUR LE SITE ANNEXE DE VIVE LA RESISTANCE

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Bienvenue sur le site annexe de « VIVE LA RESISTANCE ».

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« Pour nous, l’histoire de la Résistance va jusqu’au fond de l’avenir »

Présidents d’honneur de « Vive la Résistance »



M. Pierre Sudreau
*

Résistant-Déporté
Chef du réseau Brutus pour la zone Nord
Déporté à Buchenwald
Ancien ministre du général de Gaulle
Grand’ Croix de la Légion d’Honneur

M. Serge Borochovitch
Français libre de 1940
Ancien officier du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad et du Régiment de
Marche du Tchad. Ancien de la 2ème D.B.
Commandeur de la Légion d’Honneur

Mr Christophe Bayard Président,

Mr Patrick Echivard Vice Président,

Mme Henriette Caroubi Secrétaire,

Mr Franck Malabry Trésorier

et toute l’équipe de l’association « Vive la Résistance »,

vous souhaitent une bonne visite du site.

Des publicités intempestives et indépendantes de notre volonté peuvent apparaître momentanément. Nous en sommes désolés.

3 octobre, 2007

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Classé sous — vivelaresistance. @ 23:02

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Le Conseil National de la Résistance à la Libération

 

De gauche à droite, au fond : Jacques Debû-Bridel (Fédération républicaine), Pierre Villon (FN), Robert Chambeiron (secrétaire), Pascal Copeau (Libération Sud), Jacques Lecompte-Boinet (CDLR), André Mutter (CDLL), Jean-Pierre Levy (Franc-Tireur), Pierre Meunier (secrétaire) ; sur le devant : Gaston Tessier (CFTC), Joseph Laniel (Alliance démocratique), Georges Bidault (président, démocrate-chrétien), LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE dans Non classé moz-screenshotHenri Ribière (Libération-Nord), Daniel Mayer (CAS), Paul Bastid (Parti radical), Auguste Gillot (PC), Louis Saillant (CGT).

à sa création le 27 mai 1943 – 48 rue du Four- Paris et les modifications successives

PRÉSIDENT :
Jean MOULIN (successeurs Georges BIDAULT, démocrates-chrétiens, puis à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis SAILLANT, CGT).

MEMBRES:

LIBERATION-SUD
Pascal COPEAU, suppléé par Pierre HERVE (désigné par son mouvement, Emmanuel d’ASTIER DE LA VIGERIE, appelé à Alger à l’Assemblée consultative puis au Gouvernement provisoire, redevint le titulaire à la Libération).

OCM (Organisation civile et militaire)
Jacques-Henri SIMON, déporté, remplacé par Maxime BLOCQ-MASCART.

COMBAT

Claude BOURDET, déporté, remplacé par Marcel DEGLIAME.

CEUX DE LA RÉSISTANCE (CDLR)
Jacques LECOMPTE-BOINET

FRANC-TIREUR

Claudius PETIT, puis Jean-Pierre LÉVY, puis Antoine AVININ.

CEUX DE LA LIBÉRATION (CDLL)
LENORMAND (Coquoin), fusillé, remplacé par André MUTTER.

LIBERATION-NORD
Charles LAURENT, appelé à Alger (Assemblée consultative), il est remplacé par Henri RIBIERE.

FRONT NATIONAL
de lutte pour la Libération et l’indépendance

Pierre VILLON.

PARTI RADICAL et RADICAL SOCIALISTE
Marc RUCARD, appelé à Alger (Assemblée consultative), il est remplacé par Paul BASTID.

DEMOCRATES CHRETIENS
Georges BIDAULT, puis André COLIN.

FÉDÉRATION REPUBLICAINE et REPUBLICAINS NATIONAUX

Jacques DEBU-BRIDEL.

PARTI COMMUNISTE

André MERCIER, appelé à Alger (Assemblée consultative), il est remplacé par Auguste GILLOT.

ALLIANCE DÉMOCRATIQUE

Joseph LANIEL.

PARTI SOCIALISTE

André LE TROQUER, appelé à Alger (Assemblée consultative), il est remplacé par Daniel MAYER.

CONFÉDÉRATION GENERALE DU TRAVAIL

Louis SAILLANT, puis Benoît FRACHON.

CONFÉDÉRATION FRANCAISE DES TRAVAILLEURS CHRETIENS

Gaston TESSIER.

SECRÉTAIRE GENERAL:
Pierre MEUNIER.

SECRÉTAIRE GENERAL ADJOINT :

Robert CHAMBEIRON.

Le CNR se réunit pour la première fois le 27 mai 1943, clandestinement, dans un appartement parisien, sous la présidence de Jean Moulin, représentant en France occupée du Général de Gaulle (installé à Londres puis à Alger comme chef de la France libre).
Jean Moulin sera arrêté par les nazis le 21 juin de la même année. Lui ont succédé Georges Bidault, démocrate chrétien, puis, à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis Saillant, CGT.

 

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Buste de Jean Moulin, Mémorial de la Résistance, Toulouse.

 

 

LE PROGRAMME DU
CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.
Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.
Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R. ,
délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I – PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en oeuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la Résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur Résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la Résistance française doit ou se battre ou disparaître; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général de Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R., sous l’autorité du C.F.L.N., dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’Armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R. décide :
D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.
Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L.). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L. qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.
Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par-dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.
Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L., appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

01 ) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la Résistance ;

02 ) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de Darnand ainsi que les mouchards et les traîtres ;

03 ) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

04 ) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

05 ) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

06 ) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

07 ) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

08 ) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre:

a ) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b ) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I., organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I. dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R. prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1 ) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I. de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2 ) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3 ) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4 ) Coordonner l’action militaire avec l’action de Résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.
Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.
Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.
Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande oeuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II – MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération :

1 ) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3 ) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’Armistice par les gouvernements de l’Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable.

4 ) Afin d’assurer :
l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
le respect de la personne humaine ;
l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5 ) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :
l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;
l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :
le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
la garantie du pouvoir d’achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l’ennemi.
En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !
En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

 

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8 septembre, 2007

La lettre d’adieu de Guy Môquet.

Classé sous ACTUALITE,PUBLICATION — vivelaresistance. @ 1:46

Guy Môquet naît à Paris le 26 avril 1924. Il poursuit des études secondaires au lycée Carnot lorsque surviennent la déclaration de guerre et l’internement de son père, Prosper Môquet, député communiste du 17ème arrondissement de Paris.

Militant de la jeunesse communiste, il monte avec ses camarades, dès l’été 1940, des groupes d’impression, de distribution de tracts clandestins et de collage de papillons.

Arrêté le 13 octobre 1940 à la gare de l’Est par la police française, il est interné à la Santé puis à Fresnes. Il en est libéré le 24 janvier 1941, mais il est cependant gardé au dépôt du Palais de justice puis transféré, comme interné administratif, à la Santé, à Clairvaux et enfin, en mai 1941, au camp de Choisel (Châteaubriant).

Le lundi 20 octobre 1941, au matin, après avoir un peu plus tôt saboté une voie ferrée, trois membres parisiens des « Bataillons de la jeunesse », Gilbert Brustlein, Marcel Bourdarias et Guisco Spartaco, abattent dans la rue le lieutenant-colonel Hotz, Feldkommandant de Nantes. En représailles, Hitler ordonne d’exécuter 50 otages immédiatement, puis 50 autres si les auteurs de l’attentat ne se livrent pas. Le gouvernement de Vichy, par l’intermédiaire de son ministre de l’intérieur, Pierre Pucheu, intervient auprès des autorités Allemandes, et fournit une liste de prisonniers « bons à être exécutés » « pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français ». Les Allemands fusillent quarante-huit otages deux jours plus tard : seize à Nantes, cinq au mont Valérien, vingt-sept au camp de Choisel (Chateaubriant).

Guy Môquet fait partie des otages avec son ami Jean-Pierre Timbaud (Tintin) né en 1904, ouvrier syndiqué et militant communiste, et avec Charles Michels, trente-huit ans, député communiste de Paris. Ils sont fusillés le 22 octobre 1941 à la carrière de La Sablière située à la sortie de Châteaubriant.

Le nom de Guy Môquet devient un symbole pour de nombreux groupes résistants. Louis Aragon lui consacre, sous son pseudonyme de « François la colère », un chapitre du « Témoin des martyrs », brochure publiée clandestinement. Le poète lui dédie également « La rose et le réséda », paru dans la clandestinité.

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Le billet qui complète la lettre de Guy Môquet est adressé à Odette Leclan, militante de l’Union des jeunes filles de France (U.J.F.F.), internée elle aussi au camp de Choisel. Contre toute attente et dans cet univers hostile, Guy Môquet connaît un amour d’adolescent avec celle qui deviendra Odette Nilès et qui est aujourd’hui présidente de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé, à la suite de son époux, Maurice Nilès. Roger Semat, Rino Scolari et Jean Mercier, cités dans la lettre, sont les trois amis de Guy Môquet avec Jean-Pierre Timbaud. Lors de l’insurrection et de la Libération de Paris, Rino Scolari, évadé, est l’un des adjoints du colonel Rol-Tanguy, commandant en chef des F.F.I. en Île-de-France.

En réaction à ces exécutions, le général de Gaulle adresse un message aux Français le 25 octobre 1941 sur les ondes de la B.B.C., les appelant à un « garde-à-vous national ». De Gaulle déclare : « En fusillant nos martyrs, l’ennemi a cru qu’il allait faire peur à la France. La France va lui montrer qu’elle n’a pas peur de lui [...] J’invite tous les Français et toutes les Françaises à cesser toute activité et à demeurer immobiles, chacun où il se trouvera, le vendredi 31 octobre, de 4 heures à 4 heures 5 ».

 

Comment nous sont parvenues les lettres de fusillés ? Avant l’exécution de la condamnation, des condamnés à mort ont pu rédiger une ou plusieurs lettres à leur famille. Certaines sont acheminées par les autorités allemandes qui en ont parfois censuré des passages ; d’autres sont remises aux aumôniers (voire aux gardiens) ; d’autres sont jetées par les condamnés au cours du dernier transport. On peut estimer à environ quatre mille le nombre de civils fusillés après jugement d’un tribunal militaire allemand ou comme otages par décision du gouverneur militaire. Les otages sont principalement communistes et/ou juifs, les résistants condamnés à mort le sont surtout pour des faits relevant de la lutte armée ou de l’activité de renseignement.

Sources : Dictionnaire historique de la Résistance.

Pour en savoir plus, nous vous renvoyons à la lecture de l’ouvrage :

« La vie à en mourir. Lettres de fusillés (1941-1944) ».

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30 août, 2007

Hommage à Pierre Messmer, Chancelier de l’Ordre de la Libération.

Classé sous HOMMAGE — vivelaresistance. @ 19:56

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Pierre Messmer portant le célèbre « habit vert » d’académicien ainsi que la Croix de la Libération.

 

Né le 20 mars 1916 à Vincennes (Val-de-Marne) d’une famille alsacienne qui avait opté pour la France en 1871, Pierre Messmer a fait ses études secondaires à l’école Massillon et au lycée Charlemagne. Breveté de l’École nationale de la France d’outre-mer (1934-1937), diplômé de l’École des langues orientales (1934-1936), licencié en droit (1936), docteur en droit (1939).

Appelé au service militaire en octobre 1937, il est maintenu sous les drapeaux en raison de la guerre et ne sera démobilisé que le 31 décembre 1945.
Après la campagne de France en 1939-1940, il rejoint les Forces françaises libres à Londres, en juillet 1940. Affecté à la 13e Demi-Brigade de la Légion étrangère, il participe, comme lieutenant puis, à partir de 1941, comme capitaine commandant de compagnie, aux opérations de Dakar et Libreville, aux campagnes d’Érythrée, de Syrie en 1941, de Libye en 1942-1943, et de Tunisie en 1943.
Pierre Messmer a combattu à Keren, Massaoua, Kissoué, Damas, Bir-Hakeim, El Alamein.

C’est à l’issue de la campagne d’Erythrée qu’il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle le 27 mai 1941.

Il débarque en Normandie en juin 1944 et entre à Paris en août 1944.
Parachuté en Indochine en août 1945, il est fait prisonnier par le Vietminh, s’évade et rejoint en octobre la mission française à Hanoï.

Rendu à la vie civile, Pierre Messmer exerce ses fonctions d’administrateur de la France d’outre-mer : secrétaire général du Comité interministériel pour l’Indochine (1946), directeur du cabinet du Haut-Commissaire en Indochine (1947-1948), administrateur du cercle de l’Adrar mauritanien (1950-1952), gouverneur de la Mauritanie (1952-1954), de la Côte d’Ivoire (1954-1956), directeur de cabinet du ministre de la France d’outre-mer (1956), Haut-Commissaire de la République au Cameroun (1956-1958), en Afrique équatoriale (1958) ; il sera le dernier gouverneur général de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.) en 1958 et 1959.

Pierre Messmer avait également été ministre des Armées du général de Gaulle (1960-1969) et premier ministre de Georges Pompidou de juillet 1972 à mai 1974. Il avait été également député UDR puis RPR de Moselle (1968-1988), conseiller régional (1968-1992) et président du Conseil régional de Lorraine, conseiller général de Moselle (mars 1970-mars 1982) et maire de Sarrebourg pendant 18 ans (1971-1989). Il avait présidé le groupe RPR à l’Assemblée nationale de 1986 à 1988.
 
L’ancien Premier ministre était par ailleurs membre de l’Académie des sciences d’Outre-mer depuis 1976 et membre, depuis 1988, de l’Académie des sciences morales et politiques avant d’en devenir le secrétaire perpétuel (1995-1998). Il est également chancelier de l’Institut de France (1998-2005) puis chancelier honoraire.
Devenu depuis longtemps l’un des gardiens du temple gaulliste, il avait présidé l’Institut Charles de Gaulle (1992-1995) puis la Fondation Charles de Gaulle (1995-1998).

Pierre Messmer a été élu, le 25 mars 1999, à l’Académie française au fauteuil de Maurice Schumann.
En octobre 2001, il avait succédé au général d’armée Jean Simon à la présidence de la Fondation de la France libre.
Il avait été nommé Chancelier de l’ordre de la Libération, le véritable sanctuaire du gaullisme, en juin 2006, suite au décès du général Alain de Boissieu, gendre du général de Gaulle.

Pierre Messmer était notamment Grand’Croix de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération, Croix de guerre 1939/1945 avec six citations, Médaille de la Résistance et officier de l’American Legion.

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13 juin, 2007

Hommage au général Alain Le Ray, premier chef du maquis du Vercors, décédé le 4 juin 2007.

Classé sous HOMMAGE — vivelaresistance. @ 19:04

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Né le 3 octobre 1910 à Paris, ce passionné de montagne et d’alpinisme commence à grimper dès l’âge de 13 ans et s’initie très vite aux techniques de l’escalade moderne. 

Officier d’active, le lieutenant Le Ray se bat le 10 mai 1940 sur l’Ourcq avec le 159e Régiment d’Infanterie Alpine. Cité au combat, blessé, il est fait prisonnier et réussit à s’évader le 11 avril 1941 de la forteresse de Coldtiz en Saxe où les Allemands enfermaient les officiers alliés récidivistes de l’évasion.

De retour en France, il intègre l’armée d’armistice avant de rejoindre la Résistance sous les noms de « Rouvier » et de « Bastide ». Début 1943, Alain Le Ray rencontre l’architecte Pierre Dalloz, qui avait imaginé avec l’écrivain Jean Prévost et le journaliste Yves Farge, de transformer le plateau du Vercors, grand comme un département français, en bastion de la Résistance.

Chargé du projet par le général Charles Delestraint, chef de l’Armée secrète, Pierre Dalloz fait appel à Alain Le Ray qui rédige le plan « Montagnards » visant à faire du Vercors une plate-forme de recueil des jeunes gens réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO) et de préparation à la venue de forces aéroportées alliées.

Premier chef militaire de ce maquis mythique, Alain Le Ray démissionne de son poste en décembre 1943 à la suite d’un désaccord avec le chef d’état-major de la zone Sud-Est. Le maquis a été anéanti en juillet 1944 et Alain Le Ray a toujours reproché aux « gens d’Alger » (gouvernement provisoire) de ne pas avoir pesé sur les Alliés pour secourir le maquis. Commandant des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) de l’Isère en mai 1944, Alain Le Ray libère le département en liaison avec les forces alliées. Durant l’hiver 44-45 et jusqu’en avril 1945, à la tête de la 7ème demi-brigade de chasseurs alpins, il livre de violents combats en Maurienne jusque sur les hauteurs du Mont-Cenis, face aux Allemands en déroute. Un épisode qui figure dans le film « Tempête sur les Alpes » tourné par son ami alpiniste Marcel Ichac.

En 1951, Alain Le Ray devient lieutenant-colonel et participe à la campagne d’Indochine 1953-1954. En Algérie, il est chef d’état-major de la division parachutiste de 1956 à 1958, avant d’être attaché militaire et des forces armées près l’ambassadeur de France à Bonn, en Allemagne fédérale. Nommé général de brigade en 1961 et, en 1962, commandant de la 27e division alpine en Grande Kabylie, il est promu général de corps d’armée en 1968, avant de prendre sa retraite deux ans plus tard. 

  

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Voici la citation à l’Ordre de la Libération de la commune de Vassieux-en-Vercors, l’un des principaux centres de Résistance du maquis, où de nombreux habitants et combattants F.F.I. ont été massacrés, victimes de la barbarie nazie qui s’était abattue sur ce village détruit à 97% en juillet 1944.

« Village du Vercors qui, grâce au patriotisme de ses habitants, s’est totalement sacrifié pour la cause de la résistance française en 1944. Principal centre de parachutage pour l’aviation alliée sur le plateau, a toujours aidé de tous ses moyens les militaires du Maquis dans les opérations de ramassage d’armes. Très violemment bombardé le 14 juillet, attaqué par 24 planeurs allemands les 21 et 22 juillet, a eu 72 de ses habitants massacrés et la totalité de ses maisons brûlées par un ennemi sans pitié. Martyr de sa foi en la résurrection de la Patrie. » 

(Vassieux-en-Vercors, Compagnon de la Libération par décret du 4 août 1945) 

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