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6 août, 2011

Hommage à Jacques Branet, le 12 août 2011 à Francheville.

Classé sous Francheville,Hommage a Jacques Branet,Inauguration,LE 12 AOUT 2011 — vivelaresistance. @ 20:21

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Jacques BRANET
(photo prise en octobre 1944)

 Jacques Branet est né le 1er janvier 1915 à Paris.

Elève officier de réserve sorti de Saumur ; Aspirant en 1938.

Participe à la Campagne de France (mai – juin 1940) à la tête d’un peloton du 8ème Régiment de Dragons (à cheval).

Fait prisonnier le 23 mai 1940, interné en Allemagne. S’évade en mars 1941, puis de nouveau interné trois mois en U.R.S.S. comme espion (il change de statut à partir de l’offensive allemande, à l’Est, en juin 1941 qui joue en faveur des prisonniers français).

Il rejoint l’Angleterre, avec 185 autres camarades (dont les capitaines Billotte et de Boissieu), et s’engage dans les Forces Françaises Libres en septembre 1941.

Il constitue à Camberley (près de Londres) la 3ème Compagnie de Chars de Combat des F.F.L. Cette Compagnie est rassemblée aux deux autres déjà créées au sein des F.F.L. pour former le 501ème Régiment de Chars de Combat de la 2ème D.B. (Maroc – été 1943).

Le capitaine Branet devient Commandant du 3ème Escadron du 501ème Régiment de Chars de Combat de la 2ème D.B. Après un passage par l’Angleterre, il débarque en France (près de Saint-Martin-de-Varreville) le 2 août 1944. C’est le début de la Campagne de Normandie.

Le 12 août 1944 au soir, le détachement Branet libère Francheville au terme d’un « raid » exceptionnel qui lui permet de détruire de nombreux véhicules et de faire près de 300 prisonniers. Jacques Branet n’a alors que 29 ans.

Combattant d’une ardeur exceptionnelle et meneur d’hommes exemplaire, il est plusieurs fois blessé lors de la Campagne de France (notamment à Paris et dans les Vosges) avant de terminer la guerre en Allemagne.

Jacques Branet a été fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle (décret du 13 juillet 1945).

En 1945, le commandant Branet reste dans l’armée. Reçu à l’école de Guerre, il sert notamment en Algérie au Gouvernement Général et à la tête des 5ème et 6ème Spahis algériens, et en métropole, au cabinet militaire puis à l’état-major particulier du général de Gaulle.

Cruellement éprouvé physiquement, il doit, à cinquante ans, renoncer à sa carrière militaire. Il décède à Paris le 4 février 1969.

Titulaire de neuf citations, dont quatre à l’ordre de l’Armée, Compagnon de la Libération, le général Branet était Commandeur de la Légion d’Honneur.

 

herrybranet.jpg
Lors de la Campagne de Normandie (près de Carrouges).
De gauche à droite : le sous-lieutenant Jacques Herry, le capitaine Jacques Branet et un officier anglais.

 

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17 mars, 2011

L’arrestation de Pierre Sudreau par les services de l’Abwehr.

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M. Pierre Sudreau, Président d’honneur de l’association « Vive la Résistance ».

Les coups les plus rudes furent portés à la Résistance, non pas par la Gestapo, mais par l’Abwehr. Ses dirigeants, beaucoup plus fins politiques et psychologues que ceux du service de répression policière, avaient prévu que la Résistance naîtrait de l’Occupation et qu’il fallait la « noyauter ». Avant même les hostilités, l’Abwehr avait des agents en France que le jargon populaire avait surnommés « ceux de la Cinquième Colonne ». Elle perfectionna son action en infiltrant les premières cellules de Résistance avec ses propres agents. […] André Boyer, particulièrement connu à Londres où il s’était rendu en février 1943, puis de nouveau avec Gaston Defferre, en septembre, estimait que nous devions y faire un tour avec Augustin Laurent. Notre « enlèvement » était prévu à la mi-novembre, au Nord de la région parisienne. Malheureusement, à quelques heures près, l’Abwehr et la Gestapo réussirent à nous neutraliser.
Nous fûmes arrêtés ensemble, côte à côte, Jean-Maurice et moi, le 10 novembre 1943 à 15 heures, dans un café près de l’Étoile. Nous avions pris conscience, au cours d’un déjeuner rapide dans un petit restaurant, des regards insolites et insistants de deux hommes. Nous essayâmes alors de prendre le métro et de nous sauver par la procédure habituelle : en montant dans le wagon, puis en descendant brusquement lors du démarrage. Mais une alerte aérienne provoquant la fermeture des portes du métro nous bloqua dans la rue, et nous nous étions mis bien en vue à la terrasse d’un café, pensant que les filatures continueraient et que nous pourrions nous échapper. Considérés comme dangereux, susceptibles d’avoir des « gardes du corps », nous eûmes droit à un véritable commando : quatorze policiers dont dix Français de la sinistre bande à Bony-Lafont, auxiliaires de la Gestapo.
Après une arrestation spectaculaire, nous fûmes emmenés séparément, les yeux bandés, dans deux voitures, vers une villa « spéciale » de l’Abwehr où je subis un traitement « particulier » pendant une semaine environ. Carré, l’homme de l’Abwehr, était seul avec moi à connaître le jour et l’heure de notre rendez-vous et mes soupçons, dès les premiers interrogatoires, devinrent certitude. Ils me permirent d’organiser ma défense. Il ignorait tout cependant des responsabilités de Jean-Maurice, arrêté par hasard, qui put cacher sa véritable identité et bénéficier de quelques jours de répit.
La mise en condition fut brutale : il fallait « briser » psychologiquement le prisonnier, mais sans trop de marques visibles, au moins sur le visage. Le but était d’essayer de me « retourner ». Du fait de mes responsabilités, j’étais une bonne prise, et j’aurais pu faire d’énormes dégâts en acceptant de « collaborer »…
Les Allemands, bien informés par l’agent double, recherchaient activement André Boyer, chef du réseau, et Gaston Defferre, qui revenaient de Londres. J’avais rendez-vous avec André Boyer en fin d’après-midi. Contrairement aux règles de sécurité, il resta quelques temps avec mon épouse et lui dit : « Dans notre métier, on n’a jamais de retard à un rendez-vous, ou on prévient. Pierre savait que je prenais un train ce soir pour une mission importante ; il lui est donc arrivé quelque chose… Ayez du courage. » Il lui donna en outre des instructions sur l’attitude à avoir en cas d’interrogatoire.
Mes geôliers me firent comprendre qu’étant donné les charges retenues contre moi, et sauf indication précise de ma part, ils étaient dispensés de tout formalisme pour procéder à mon exécution immédiate. Ils cherchaient également des informations sur Jacques Bingen, envoyé spécial du général de Gaulle, mais la police allemande ne gagnait pas toujours. Ainsi le jour même de mon arrestation, j’avais rencontré Jacques Bingen au Parc Monceau. Quelques heures plus tard, je compris vite au style des interrogatoires, que la filature avait échoué… Les tortionnaires en étaient furieux.
La préparation psychologique était très subtile. On me fit descendre dans un sous-sol, yeux bandés et mains liées dans le dos, pour être exécuté. Il est toujours difficile d’être objectif à l’évocation de pareils souvenirs. J’affirme pourtant ne pas avoir eu peur. J’étais encore sous le coup d’une rage intense d’avoir été arrêté, d’avoir été le jouet d’une ruse. Sans penser à ma famille, j’étais « bloqué ». Peu m’importait la mort : je la méritais puisque je m’étais laissé prendre. Je me souviens encore avec une grande netteté de ma descente trébuchante dans un escalier tournant, vers ce que je supposais être une cave. Mes sentiments dominants étaient alors une sorte d’intense curiosité : j’allais savoir ce qu’il y avait « au-delà »…
La première épreuve dura longtemps. Agenouillé, toujours yeux bandés et mains liées dans le dos, je fus laissé à mes réflexions pendant un temps qui me parut très long avant l’exécution supposée. La mise en scène macabre était particulièrement au point et avait dû être « rentable ». J’entendais mes gardiens (hélas français, encadrés par les Allemands) : on me faisait comprendre  qu’ils jouaient aux cartes ou aux dés pour savoir lequel serait chargé de l’exécution. Puis vint le moment de la préparation des armes : munitions, chargeurs, claquement de culasse, tout y était.
Le bourreau se faisait attendre et n’en finissait pas de descendre l’escalier : « Alors tu te décides à parler ? Sinon… » ; « Puisque tu veux mourir… », et l’homme tira trois coups de feu près de moi, qui me cinglèrent. J’entends encore leur extraordinaire et très impressionnante résonance dans cette cave qui devait avoir des murs très épais.
La vérité s’impose. Il ne s’agissait pas de courage. J’eus la chance d’être totalement inhibé par un blocage psychologique. Réaction d’orgueil ou de rage, je ne sais… J’étais encore dans l’action, dans la Résistance : je jouais, même hébété, mon rôle jusqu’au bout.
L’Abwehr savait admirablement présenter sa proposition. Après les brutes, un officier, genre professeur distingué avec lunettes d’or, vint m’expliquer que les Allemands comprenaient fort bien le patriotisme, et que son service, distinct de la Gestapo et très au courant de mes activités, était prêt à intercéder en ma faveur jusqu’à obtenir ma libération moyennant quelques précautions… « Nous sommes sportifs, et si vous parveniez à vous échapper, ce serait tant pis pour nous. Ce que nous voulons, c’est essentiellement vous mettre à l’écart. Si vous n’acceptez pas, nous serons obligés de vous livrer à la Gestapo, et inéluctablement vous serez très torturé, puis fusillé dans quelques jours. »
Leur intention, bien évidemment, était de neutraliser et de compromettre leurs victimes. Le chantage était très au point et fut certainement très efficace. Le cheminement était tentant : entre une mort certaine et l’espoir de berner les Allemands, pourquoi hésiter ? Ce fut, me semble-t-il, le raisonnement de René Hardy, arrêté puis relâché, qui commit le crime de cacher son arrestation et de ne pas mettre en garde ses amis. J’aurais pu accepter aussi, si je n’avais eu la chance – immense – d’être enchaîné quelques heures chaque nuit avec Jean-Maurice Hermann, merveilleux ami, lucide et courageux, qui me mit en garde contre ce qui lui apparaissait être un piège évident…
Erreur d’organisation ? Nous nous retrouvions pour la nuit, en chaînés l’un à l’autre sur un bat-flanc, gardés par deux Français armés, mais nous pouvions parler en chuchotant, au petit matin, lorsque la vigilance se relâchait. L’attitude de Jean-Maurice était très ferme : « Tu ne vas pas leur faire confiance… C’est une folie d’avoir l’air de pactiser, d’accepter quoi que ce soit ! » Et cette phrase que je n’ai jamais oubliée : « Il vaut mieux la mort. Il faut savoir quitter la vie avec dignité. » Lui-même, marqué par l’intensité de ces moments, y fit allusion, quarante-cinq ans plus tard, et prononça la même phrase, cette fois-ci pour lui-même, dans les bras de son fils Bernard, la veille de sa mort, le 15 juin 1988…
Après l’Abwehr et sa maison secrète, nous fûmes « officiellement » arrêtés et incarcérés séparément à la prison de Fresnes. Cela signifiait aussi la revanche de la Gestapo, avec de sombres heures avenue Foch, où étaient concentrés, du n°82 au n°86, les services répressifs avec leurs salles de tortures.
Notre chemin fut ensuite plus classique : la prison de Fresnes et la déportation. Malheureusement, on nous sépara à Compiègne. Jean-Maurice souffrit terriblement à Neuengamme, surtout dans les dernières semaines de la guerre, sur les routes, où ont été abattus tant de déportés à bout de souffle. Je lui dois l’honneur de ma vie.

M. Pierre Sudreau

 

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14 mars, 2011

Témoignage de Jean-Jacques Auduc.

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Carte de résistant de Jean-Jacques Auduc, né le 9 juillet 1931 à Cérans-Foulletourte près du Mans, dans le département de la Sarthe.

Jean-Jacques Auduc est confronté à la guerre dès l’âge de 9 ans. Son père, prisonnier s’est évadé en 1941. Toute sa famille se lance dans la lutte active dès 1943 au sein du réseau « Hercule-Buckmaster » organisé autour d’un officier britannique et d’un radio parachutés. Le 1er juin 1943, Jean-Jacques entre officiellement dans le réseau Hercule en qualité d’agent P1. Il a 11 ans et 11 mois !
Jean-Jacques Auduc reçoit le 13 juin 1945 la Croix de Guerre 1939-1945 avec Étoile de vermeil pour son action du 21 septembre 1943 alors qu’il n’avait que 12 ans. Il est le plus jeune Croix de Guerre de France.

 Je suis rentré dans la résistance à 10 ans.
C’est évidemment parce que mes parents étaient dans la résistance.
On appartenait au réseau Hercule-Sacristain-Buckmaster , c’est un réseau Anglais .
Mon père était agent de liaison en mai 1940 il se trouvait à la frontière belge, il a vu les nazis (il y avait les nazis parce que pour moi il y a les nazis et les Allemands et ça j’insiste).
Il a vu arriver les nazis dans un orphelinat où il y avait une centaine d’enfants ;
Il y avait les ’’bonnes sœurs“ qui s’occupaient des enfants ,les jardiniers , la cuisinière et tout ce qui va avec un orphelinat.
Ils avaient décidé d’établir leur quartier général dans cet orphelinat qui était une très belle maison ancienne, un château.
(c’était la division Das Reich)
Au lieu de les chasser ou de les faire transporter ailleurs, ils ont mis des mitrailleuses de chaque côté du grand portail, ils les ont assassinés de sang froid ,une centaine d’enfants et les bonnes sœurs et tous les gens qui étaient dans cette maison.

Mon père était motocycliste, il était caché, il a vu ce massacre, il a pensé que les Allemands étaient des hommes pas comme les autres, les nazis étaient des hommes pas comme les autres.
C’étaient pas des soldats comme les autres parce que les soldats ne font pas ça et que c’étaient des fous dangereux qui pouvaient en faire autant à ses enfants et il a décidé d’entrer dans un réseau de Résistance le plus tôt possible.

Il a vu les Allemands un peu plus loin et une cinquantaine de tirailleurs sénégalais à genoux dans un pré ; ils les ont massacrés de façon sauvage alors qu’ils étaient prisonniers de guerre non armés.
Tout ça a fait que mon père a décidé de rentrer dans la résistance.

Il a été fait prisonnier et il était motocycliste ; il avait une moto toute neuve.
Il y a un allemand qui lui a fait comprendre que sa moto était « Kaput » et qu’il voulait la sienne.
Il n’avait pas besoin de lui demander puisqu’il était prisonnier de guerre,
il lui suffisait de la prendre ; ça c’est les Allemands.
Mon père a été obligé de lui donner sa moto.
Il est revenu quelque temps après avec un paquet sous le bras et dans ce paquet il y avait des vêtements civils ; ça voulait dire qu’il voulait qu’il s’évade (différence entre les nazis et les Allemands ) ;

Il est rentré dans la Sarthe et il a cherché à entrer dans un réseau.
Il a eu la chance de trouver quelqu’un qui connaissait Hercule, chef du réseau Buckmaster.

Il a formé un groupe qui s’appelait le groupe Fred avec uniquement sa famille qui comprenait ma grand-mère, ma mère, mon père, tous mes oncles et moi qui avait 11 ans.
Vous allez me dire qu’est-ce que l’on peut faire contre l’armée allemande ?
À l’époque si il y avait un rassemblement de plus de 3 adultes, il y avait automatiquement contrôle ; soit de la police française soit de la police allemande, tandis qu’un écolier ça passait partout.

Ma mission principale, la boîte aux lettres du réseau Buckmaster, était au Mans à l’hôtel de la Calandre.
Les courriers du Nord et du Pas de Calais apportaient leurs renseignements et prenaient les ordres.
Dans cet hôtel il y avait un radiateur de chauffage central qui était aménagé pour ça.
Ils mettaient ça dedans, et c’est tout ce qu’ils savaient.
Ça s’est produit malheureusement il y en a qui ont été arrêtés, torturés, mais ils n’ont pas pu dire quoique ce soit ils ne savaient rien, ils ne savaient pas où était le chef de réseau, ni le poste- émetteur ; mon travail était de reprendre ça dans le radiateur et de le porter chez ma grand-mère qui habitait à 25 km du Mans avec mon petit vélo.
Je passais les barrages, je n’ai jamais été inquiété.
Je mettais les messages dans la pompe de mon vélo et un jour j’ai perdu la pompe, ce n’est pas très grave parce que tout était codé.
Après je mettais ça dans le guidon de mon vélo et je faisais attention à mon vélo.
A 10 ans et demi je faisais 25 km aller, 25 km retour, ce qui faisait 50 km.
Des fois on me disait tu repars parce qu’il y avait du boulot ; alors du vélo j’en ai fait.
Ça c’était ma première mission.

Ma deuxième mission : on m’a envoyé là où des adultes ne pouvaient pas aller.
Les Anglais avaient fait des photos aériennes du terrain d’aviation du Mans et s’étaient aperçus qu’il y avait 3 escadrilles de Messerschmitt sur le terrain.
Ça les inquiétait beaucoup et ils ont demandé que l’on essaie de se renseigner, voir ce que c’était ça. C’était pas normal.
Donc c’est moi qu’on a envoyé avec mon cerf-volant, j’ai approché.
C’était gardé par des vieux soldats allemands qui avaient fait la guerre 14-18 et qui n’étaient pas méchants du tout et qui ont joué avec moi avec mon cerf-volant.
Je me suis penché et je me suis aperçu que les avions en question c’étaient des leurres, des avions en bois ; ils n’étaient pas peints en dessous.
Alors j’ai rendu compte et les Anglais, avec l’humour qu’ils avaient à l’époque, ont bombardé le terrain d’aviation du Mans une semaine après avec des bombes en bois !
Ça voulait dire que c’était important pour eux ; ils voulaient faire comprendre aux Allemands qu’ils étaient surveillés, que la Résistance française existait.

Notre groupe était un groupe de famille et lorsque nous recevions des parachutages il n’y avait pas de trop de toute la famille pour enlever les containers.
Moi je faisais le guetteur, je remplaçais un adulte : ça m’est arrivé une nuit, j’ai entendu un bruit sourd, j’ai donné l’alerte et en fait c’était un troupeau de vaches qui fonçait sur les lampes qu’ils avaient allumées.
Mon chef de groupe m’a félicité car j’avais été vigilant et surtout je ne m’étais pas endormi car à 11 ans on dort bien à 3 h du matin !

Mon père était chargé par le groupe Sacristain-Buckmaster de récupérer les aviateurs américains tombés en Sarthe.

Car les Américains avaient fabriqués beaucoup d’avions mais n’avaient pas de personnel à mettre dedans, donc ceux qui tombaient il fallait les récupérer vite fait pour qu’ils repartent le plus tôt possible.
À une époque le réseau était bloqué sur l’Espagne et l’on a été obligé de les garder chez nous pendant 3 mois.
On en avait trois dans une pièce mais au bout d’une semaine on ne pouvait plus les tenir enfermés ; il fallait les sortir.

Ma mère qui avait eu son brevet supérieur en 1930, était secrétaire d’une organisation agricole, et avait accès aux tampons.
Ils avaient tous des faux papiers pour les sortir : ils étaient tous sourds et muets c’était plus facile si ils étaient interrogés.
Un jour, on s’est fait arrêter à la sortie du Mans, j’étais avec un grand gaillard, j’ai eu la peur de ma vie car il y avait trois possibilités :
Si on rentrait dedans ils nous tiraient dessus.
Si il se sauvait c’était pareil.
La troisième, c’était la meilleure solution : il ne fallait pas qu’il bouge, j’ai serré la main très fort.
Il n’a pas bougé, il était blanc comme un linge. J’ai pris ses papiers dans sa poche, je les ai présentés au feldgendarme ; il a vu qu’il était sourd et muet, il a dit “grand malheur « raoust » (foutez le camp ).
Il n’est pas resté très longtemps là et mon grand américain quand il est rentré à la maison il m’a dit   « moi à 3000 m, je veux bien les voir mais pas par terre, je ne sors plus !»

Tout ça s’est terminé quand mes parents ont été arrêtés au bout de 9 mois de fonctionnement du réseau.
Heureusement pour moi j’étais parti en mission chez ma grand-mère et quand je suis arrivé, il y avait une voisine qui m’attendait au bout de la rue.
Elle m’a dit « surtout, tu ne rentres pas, les Allemands ont arrêté tes parents ».
Il est évident que si j’avais vu mes parents torturés, j’aurais parlé et moi sous la torture j’aurai avoué tout ce que je savais.
C’était prévu mais enfin il fallait que je parte sur Paris.
J’ai été d’abord à Chartres chez un colonel d’aviation qui faisait partie du groupe.
J’ai pris le train ; mais à 11 ans, pas de papier, traqué par la Gestapo, pas d’argent, les parents je ne savais pas si je les reverrai un jour, ça fait beaucoup pour un seul homme.
J’ai suivi les consignes, je suis parti. Je suis resté un peu chez le colonel qui n’a pas voulu me garder et m’a envoyé sur Paris.

Quelqu’un devait me prendre en charge mais ce quelqu’un n’est jamais venu car il a été arrêté.
Je me suis retrouvé sur le quai de la gare Montparnasse où je n’avais jamais été, je sortais de ma cambrousse, là j’étais vraiment perdu.
A l’époque, il y avait des porteurs qui prenaient les bagages quand vous sortiez de la gare .
il y en a eu un qui est venu me voir il me dit :
« mon petit bonhomme qu’est-ce qui se passe ? »
« tes parents ne sont pas venus te chercher ? » je dis « non ».
«tu vas me dire où tu dois aller ».
Je ne savais pas où aller, c’était mon problème.
Je lui ai avoué, foutu pour foutu : « je suis recherché, mes parents ont été arrêtés, je suis recherché »
Il me dit :
« bon je vais t’emmener chez moi ». il m’a emmené chez lui,
il s’était marié la veille.
Un monsieur qui ne me connait pas, un monsieur qui savait qu’il pouvait toucher une prime si il me livrait… L’hiver 1943, il faisait très froid.
J’ai dormi avec lui et la mariée a dormi sur la peau de mouton.
Voyez il y a quand même des gens extraordinaires que l’on rencontre dans une vie.
Mais le lendemain il m’a dit ça ne peut plus durer, je voudrais bien coucher avec ma femme.
Il m’a envoyé à une autre adresse et là les Anglais m’ont retrouvé.
Un jour on a entendu à la radio Jean Jacques est bien arrivé chez ses amis marchands de couleur.
ça voulait dire que j’étais encore en vie.
Dans la maison où j’étais, j’ai retrouvé 2 adresses.
J’ai fait tous les métiers à 11 ans sur Paris : j’étais marchand de couleur à Montmartre, j’ai promené des petits chiens chez une dame, il y a des gens qui ne me donnaient rien même pas de pain moi je n’avais pas de ticket c’était mon problème et à Paris les gens crevaient de faim.
Il y avait des gens sympa qui me donnaient des choses, d’autres pas.
Un jour je suis tombé sur la fourrière. Des gens de la fourrière qui m’ont dit : « tu promènes des chiens, des chats, on pourrait te donner une bonne prime » (il ramassait des chiens des chats pour l’unique lion qui restait à Vincennes).
Moi les gens qui n’étaient pas sympa je donnais les chiens et les chats ; fallait que je bouffe, que je vive, c’est pas beau mais j’ai trop été honnête je ramenais la laisse et le collier !
Ce fut cela un moment puis j’ai fait d’autres métiers et j’ai terminé à Montmartre chez les demoiselles de petites vertus qui m’ont sauvé la vie ; je leur dois la vie.
J’étais très triste à la libération quand des résistants de la dernière heure se sont permis de prendre un brassard et leur fusil de chasse et les ont humiliées comme ils l’ont fait.
Au bout de 3 mois, je n’intéressais plus la Gestapo, mes parents étaient déportés, mon père à Buchenwald, ma mère à Ravensbrück ; ils avaient été torturés au Mans.
Ma mère a été vendue au laboratoire Bayer pour 170 marks pour faire des expériences sur les femmes, elle est revenue dans un état sanitaire épouvantable.
Le début de la pénicilline l’a prolongée de quelques mois et elle est morte à 41 ans.
J’ai deux oncles qui ont été euthanasiés à Mauthausen et moi j’ai réussi à passer au travers.
Je suis encore là à 80 ans et c’est pour cela que je témoigne : pour que vous sachiez
qu’il y a les nazis et il y a les Allemands.
Vous avez de la chance de pouvoir apprendre moi je ne l’ai pas eu.
Je n’ai pas fait d’études, j’ai tout perdu dans cette aventure-là.
Il a fallu travailler ; mon père quand il est rentré faisait 36 kg et il fallait que je me mette au boulot.

 

 

Et ce que je voudrais vous dire c’est un message d’espoir :
Ayez confiance dans vos parents, enseignants, éducateurs.

Vous avez la chance de pouvoir apprendre, nous on ne l’a pas eu et surtout :
Ayez confiance en vous même.
Soyez fier de votre pays et de votre drapeau la France.
MERCI

 

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9 mars, 2011

Les principaux aspects de la répression de la Résistance en France.

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Avis d’exécution d’Honoré d’Estiennes d’Orves, de Maurice Barlier et de Jan Doornik. Paris le 29 août 1941.

 

D’une façon ou d’une autre, le résistant, en refusant de se plier au nouvel ordre établi, viole la loi. Il tombe ainsi sous le coup d’une répression qui ne va cesser de se durcir. Bien entendu celle de l’occupant, qui fait respecter « les droits de la puissance occupante » (art.3 de la Convention d’armistice), terme élastique et vague qui lui permet en fait de réprimer largement ; il n’y a plus guère d’acte de résistance qui puisse lui échapper, comme le montrent ses ordonnances, et les condamnations prononcées par ses tribunaux militaires.

Cependant, l’une des particularités de la répression en France, est que les résistants se trouvent aussi placés sous le couperet de leur propre gouvernement. Dès le début, l’État Français met en place, à l’échelle du pays, une politique d’exclusion et de répression qui frappe tous ceux qu’il faut éliminer ou mater au nom de la « Révolution nationale » : les étrangers, les Juifs, mais aussi les républicains, ceux qui ont participé activement au Front populaire – en premier lieu les communistes – les syndicalistes, les « dissidents » gaullistes. L’outil législatif utilisé ici par Vichy est le décret-loi édicté par le gouvernement Daladier le 18 novembre 1939 : il autorise le préfet à interner, sans jugement, les « individus dangereux pour la Défense nationale ou pour la sécurité publique » ; la loi du 3 septembre 1940, véritable loi des suspects, le reprend en l’aggravant et, le 15 octobre 1941, la décision d’internement revient directement au ministère de l’Intérieur. Les camps d’internement – ou de concentration – sont une des institutions essentielles de Vichy.

Cette politique répressive n’est pas dictée par l’occupant, mais par la logique même du gouvernement dictatorial et réactionnaire qu’est Vichy. Cependant, elle correspond parfaitement aux besoins de l’Allemagne nazie : neutraliser les hommes et les forces aptes à briser la résignation, à mettre en cause l’ordre nécessaire à l’exploitation tranquille et fructueuse de la population. Significatif est d’ailleurs le parallélisme des mesures allemandes et vichystes qui ne cessera de s’affirmer.

Ce rôle de Vichy multiplie les dangers courus par le résistant. L’occupant, en effet, ne dispose pas de la logistique nécessaire pour faire appliquer ses décisions : l’administration allemande et la Gestapo n’ont pas le personnel suffisant pour couvrir l’ensemble du pays, et elles connaissent mal le terrain où il faut opérer. La police française, au contraire, travaille en pays de connaissance, dans une population qui lui est familière avec un certain nombre de dossiers de renseignements constitués de longue date. Elle est rompue aux méthodes de surveillance, de fouille, de perquisitions et de filature. Son efficacité va croître sans cesse : augmentation générale des effectifs de la police ordinaire et de la gendarmerie, désormais rattachée au ministère de l’Intérieur. Surtout renforcement et multiplication des corps nouveaux, particulièrement dressés à la chasse aux résistants : R.G. (Renseignements Généraux), G.M.R. (Groupes Mobiles de Réserve), polices supplétives, notamment la redoutable Milice. En particulier les R.G. et leurs Brigades spéciales atteignent un savoir-faire remarquable : enserrant les membres d’un groupe clandestin dans un réseau invisible de filatures, ils peuvent les « loger » (les repérer) successivement et, le moment venu, lancer l’opération qui démantèle, d’un coup, tout le groupe. Bien entendu, la collaboration de plus en plus étroite entre les polices françaises et allemandes multiplie les efficacités, surtout à partir des accords généraux, conclu en avril 1942, entre René Bousquet (secrétaire général à la Police) et le S.S. Karl Oberg (qui dirige l’ensemble des polices allemandes de France). De plus en plus, on verra côte à côte opérer R.G. et Gestapo, G.M.R., Milice, Wehrmacht et S.S.

Ce climat lourdement répressif, comme le poids de la mise en condition de l’opinion, constituent des facteurs essentiels dans les actes de dénonciation. Certes, on règle parfois de cette façon un contentieux personnel en profitant de l’air du temps. Mais le plus souvent on dénonce un voisin « suspect » par peur de représailles qui pourraient vous atteindre (la non dénonciation est un délit) ; ou avec la bonne conscience du citoyen zélé qui aide à mettre hors d’état de nuire les ennemis désignés du Maréchal et du pays.

Le résistant doit vivre sous la menace, de plus en plus aiguë, de l’arrestation. Il n’est pas facile de s’habituer à affronter le danger permanent des filatures et des repérages, particulièrement au moment des rendez-vous ; ni d’apprendre à surmonter la crainte d’entendre frapper à sa porte au petit matin. La moindre imprudence peut être le départ d’une opération policière d’envergure. Aussi les résistants mirent-ils au point des consignes strictes de prudence et de vigilance fut la parade essentielle au danger. Mais elle n’était pas toujours facile à observer.

Le résistant arrêté entre dans un autre monde où il va affronter d’autres dangers. D’abord celui des interrogatoires, car coups et tortures sont la règle pour obtenir les renseignements nécessaires à l’élargissement de la répression : les Brigades spéciales et la Gestapo s’y distinguent particulièrement. L’appareil judiciaire ne lui laisse pas grande chance. Les garanties habituelles de l’accusé n’existent pas dans les justices d’exception, qu’elles soient allemandes (tribunal militaire) ou françaises (sections spéciales, tribunal d’Etat) ; au bout de la route, le peloton d’exécution allemand, la guillotine française ou de lourdes peines d’emprisonnement. Les tribunaux français ordinaires ne brillent pas non plus pour l’indulgence. De plus, même lorsque le condamné a accompli sa peine, il est – conformément à la loi sur l’internement administratif – envoyé comme suspect dans un camp de concentration français. Ainsi, les camps constituent un des lieux essentiels de détention, sans cesse alimentés, dans lesquels les nazis prennent ceux qu’ils vont fusiller ou déporter.

La dureté de la répression contre les résistants ne tient pas seulement à l’efficacité de l’arsenal policier et judiciaire mis en place, mais aux méthodes particulières qu’il emploie. Ainsi, le système des otages, mis en vigueur en France à l’automne 1941, vise à frapper de terreur, par des exécutions de masse auxquelles est donnée une grande publicité, les résistants et la population. Mais c’est aussi un moyen supplémentaire de liquider les résistants jugés particulièrement dangereux : les otages sont soigneusement choisis – avec l’aide de l’administration française – à l’intérieur des camps d’internement ; la déportation dans les camps de concentration nazis a aussi, entre autres choses, cette fonction. Les premiers convois partis de France en 1942 sont des convois de « représailles » constitués essentiellement de résistants.

A la fin de la période, la terreur s’étale au grand jour. La haine des résistants se traduit dans la violence du discours et des images qui visent à les isoler de la population. Elle débouche aussi sur des exécutions sommaires et des tortures qui touchent aussi la population civile. La Milice de Darnand – alors chargée officiellement du maintien de l’ordre – s’y distinguera tout particulièrement.

 

Les principaux aspects de la répression de la Résistance en France. dans CNRD 2011 logoassociationvivelaresistancenew2

TDR à Vive la Résistance 2011

 

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26 juillet, 2010

Programme des cérémonies dans les départements de la Sarthe et de l’Orne, des cérémonies du 66ème anniversaire de la Libération.

Classé sous 2010,CEREMONIE,COMMEMORATION,HISTOIRE,HOMMAGE — vivelaresistance. @ 9:14

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La cérémonie du 12 août 2009, devant la stèle à la mémoire de Roger Rémy. De gauche à droite : Christophe Bayard, Yves Giraud, André Ambrosi, Casimir Broquère, Pierre Guilbert.

Programme des cérémonies

 

Département de la Sarthe :

Mardi 10 août 2010

Commune de Mézières-sur-Ponthouin

11 heures 30 : cérémonie sur le site du Sablon.

12 heures : cérémonie au cimetière.

Mercredi 11 août 2010

Commune de Saint-Germain-sur-Sarthe

10 heures : cérémonie au carrefour de la Hutte (stèle de la 2ème D.B.).

10 heures 30 : cérémonie au monument aux morts du bourg.

Commune d’Ancinnes

18 heures : cérémonie à la stèle de la 2ème D.B.


Département de l’Orne :

Jeudi 12 août 2010

Ville d’Alençon

10 heures 50 : cérémonie au monument maréchal Leclerc (près du Pont Neuf).

Organisation « Vive la Résistance » et Fondation de la France Libre :

17 heures : cérémonie à la stèle en hommage à Roger Rémy.

18 heures : cérémonie à la Croix de Médavy (près du char Valois).

18 heures 45 : cérémonie à la stèle du Carrefour du Point du Jour (commune du Cercueil).

19 heures 15 : Cérémonie à Francheville Hommage à Jacques Herryet et à l’escadron Branet.

 

Vendredi 13 août 2010

Commune d’Écouché

11 heures 30 : cérémonie au cimetière

12 heures : cérémonie devant le char Massaoua

 

Samedi 21 août 2010

Mémorial de Coudéhard-Montormel

Commémoration de la fin de la Bataille de Normandie.
En présence des anciens de la Première Division Blindée Polonaise, de délégations d’Ambassades étrangères.

16 heures : messe solennelle pour la Paix en souvenir des victimes.

17 heures : dépôt de gerbes.

 

Programme des cérémonies dans les départements de la Sarthe et de l’Orne, des cérémonies du 66ème anniversaire de la Libération.  dans 2010 logoassociationvivelaresistancenew2

TDR à Vive la Résistance 2010

 

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